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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Azali: Je regrette les licenciements mais un passage obligé

15 Septembre 2016 , Rédigé par Aimons les Comores

Azali: Je regrette les licenciements mais un passage obligé

«Nous ne pouvons pas avoir une fonction publique qui serait performante avec trois mille ou quatre mille employés et nous retrouver avec dix mille ». Le président soutient que l'augmentation de l'effectif de la Fop doit être évolutive. Tout en révélant que d'autres mesures «difficiles» seront prises, il s'est dit conscient que le principal défi «demeure leur reconversion». Pour ce qui est de Mayotte, le président estime que «nous devons trouver une solution qui puisse faire comprendre à l'ancienne puissance coloniale, qu'avec le retour de Mayotte dans son giron naturel, elle y trouvera plus d'intérêts et tout cela ne sera possible sans dialogue, le Comité Maore va aussi dans ce sens». Ainsi, «nous allons voir si la résolution qui a été adoptée par l'assemblée doit être revue ou non, toujours est-il qu'à la prochaine session, une autre résolution sera adoptée, pour appuyer notre stratégie».

Accusé de népotisme et de favoritisme par l'opposition, Azali Assoumani a préféré verser dans l'ironie: «Je pensais qu'ils étaient plongés dans un profond sommeil, je suis content de constater qu'ils se sont de nouveau réveillés, même s'ils ont parlé pour ne rien dire». «Toujours est-il», a-t-il poursuivi, «que je respecte l'opposition, en espérant que les critiques qu'elle formulera seront mesurées et constructives». Et de se demander s'il «n'est pas un peu tôt pour qu'elle nous accuse de népotisme et de favoritisme. Ne vaudrait-il pas mieux qu'elle (l'opposition) laisse passer un an ou deux, histoire que les Comoriens oublient leurs agissements».

S'agissant justement de ces nominations effectuées dans certains départements et sociétés d'Etat, le président dira «qu'elles ont été guidées par la compétence, j'en profite pour tordre le cou à quelques idées reçues qui disent qu'untel ne doit pas être nommé parce qu'il y aurait eu auparavant plusieurs personnes issues du même village qui l'ont été. Une personne qualifiée ne doit pas être victime du fait que son père occupe un ministère».

Selon lui, les critiques devraient être orientées sur les compétences avérées ou non de la personne nommée, ses origines régionales important peu.

Energie : «L'appel d'offres n'est pas une obligation»

Autre volet qui a fait grincer des dents : l'épineuse question de l'énergie. Une partie de l'opinion avait été effarée de l'énormité du marché (5 milliards Kmf) concédée à la société Salama, sans appel d'offres. «Je l'assume», martèlera t-il. Il a évoqué les groupes électrogènes qu'il avait achetés sous son précédent mandat et qui seraient aujourd'hui fonctionnels si les révisions avaient été effectuées en temps et en heures. «Les Comoriens veulent de l'électricité, les questions relatives à la passation des marchés ne sont pas importantes pour eux», fera-t-il savoir. Pour lui, «l'appel d'offres n'est pas une obligation».

Par rapport à la fermeture des institutions proches de l'Iran, le chef de l'Etat assure qu'il n'y a rien de politique. Il parlera de «coïncidence malheureuse» et rappellera que la rupture diplomatique est du fait du précédent régime.

«Les mesures prises n'ont aucun rapport avec la politique», a-t-il insisté. «Le Croissant-Rouge comorien, s'il était doté de moyens substantiels, pourrait mener à bien sa mission, ce qui serait aussi une manière de valoriser notre pays et d'encourager nos médecins à y exercer. Il pourrait même faire mieux que son pendant iranien», a-t-il affirmé.

Iran : Le Croissant-Rouge comorien pourrait faire mieux

Dans la même lancée, mais cette fois concernant les Universités Tibyane et Madina, Azali Assoumani expliquera clairement les raisons qui ont poussé les autorités comoriennes à les fermer. «Nous enseignons le droit à l'Udc, pourquoi venir dispenser des filières qui se trouvent déjà sur place? Nous attendons des étrangers des formations que nous ne sommes pas à même de prodiguer», a-t-il lancé.

Concernant l'Université Madina, et notamment sa filière de médecine, il a fait savoir qu'elle «ne répondait pas aux normes établies au vu des ressources humaines». La grande inquiétude concerne les étudiants qui y étaient inscrits. Ici aussi, le président s'est voulu rassurant : «nous avons élaboré un recensement et le gouvernement ne les délaissera pas».

Exit la commission anti-corruption !

Sur la Commission nationale de lutte contre la corruption dont le mandat a pris fin le mois dernier, le président a déclaré «qu'il ne sera (it) pas renouvelé». «Tout ce qu'ils ont fait, c'est émettre des constats, ce n'est pas exactement ce qu'on attendait d'eux», raillera-t-il. «Il faut savoir qu'il y a une section de la Cour suprême qui s'occupe de la même chose». Il prendra, cependant, le soin de tempérer son propos en ajoutant : «il eut peut-être fallu que la commission anti-corruption dispose du pouvoir de mesures coercitives».

Licenciements : Si c'était à refaire,...

Au sujet du licenciement de près de deux mille agents de l'Etat, il a émis «des regrets», avant d'embrayer : «Cela étant, s'il faut en licencier encore cinq cent ou mille je n'y vois aucun problème». Le principal défi «demeure leur reconversion». Ici aussi, il reviendra sur les problèmes de compétences de certains employés «payés à ne rien faire». «Comores Télécom a les moyens, s'il est assisté financièrement et techniquement, de créer des emplois sûrs et pérennes», a-t-il dit.

A Comores Télécom comme à Mamwe, il y a des dizaines d'employés qui ne font rien, ce n'est tout simplement pas possible et viable pour ces sociétés. «Nous devrions toujours faire preuve de rigueur. Toujours», a-t-il martelé. «Je regrette ces licenciements, mais c'était un passage obligé, nous ne pouvons pas avoir une fonction publique qui serait performante avec trois mille ou quatre mille employés et nous retrouver avec dix mille». L'augmentation de l'effectif de la Fop doit être évolutive. Il révèlera que d'autres mesures «amères» seront prises.

Quid du réseau routier ?

«Le réseau routier est déplorable même s'il est plus vétuste à Ndzuani comparativement aux autres îles», ce propos est tiré de la première interview accordée par Azali Assoumani à Al-watwan alors qu'il a été déclaré provisoirement élu par la Ceni. «Les routes à Ndzuani sont dans un état déplorable, ainsi qu'un peu partout dans le pays, que ce soit dans le Hambu ou dans le nord et même dans le Hamahame qui voit les routes refaites s'abimer», a-t-il dit. «En vérité, dans un cadre global, il n'y aura pas de développement sans infrastructures. Pour notre cas, il faut des infrastructures routières, aériennes et maritimes», a-t-il lancé.

Sans trop s'avancer, il a précisé : «dans nos projets prioritaires, la réfection du circuit routier figure en bonne place juste après la problématique de l'énergie et nous devrions, dans la mesure du possible, démarrer incessamment».

Mayotte : il faut revoir notre stratégie

L'Assemblée générale de l'Onu se tiendra dans peu de temps, la question de Mayotte, fait naturellement partie des préoccupations des Comoriens et de son premier magistrat. Que la question soit soulevée au cours de la conférence était donc naturel. «Nous nous accordons tous à revendiquer la comorienneté de Mayotte ; maintenant il est temps de revoir notre stratégie», a-t-il fait savoir. «Il faudrait donc que la population soit associée à la réflexion et à la stratégie».

Avec la fin des deux blocs (ouest et est), il est primordial d'adapter «notre stratégie en tenant compte de la géopolitique actuelle, la tribune de l'Onu ne suffit plus. La question est d'autant plus épineuse, que Mayotte s'est encore plus éloignée avec sa rupéisation», a-t-il constaté. «Le dialogue reste nécessaire, il est vrai que malgré le fait que la France occupe illégalement Mayotte, elle reste quand même une partenaire privilégiée», a-t-il encore fait remarquer.

Et maintenant ? «Nous devons trouver une solution qui puisse faire comprendre à l'ancienne puissance coloniale, qu'avec le retour de Mayotte dans son giron naturel, elle y trouvera plus d'intérêts et tout cela ne sera possible sans dialogue, le Comité Maore va aussi dans ce sens». Ainsi, «nous allons voir si la résolution qui a été adoptée par l'Assemblée doit être revue ou non, toujours est-il qu'à la prochaine session, une autre résolution sera adoptée, pour appuyer notre stratégie».

source : alwatwan

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