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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Les 100 jours des îles autonomes : Des signaux plutôt inquiétants

7 Septembre 2016 , Rédigé par Aimons les Comores

Les 100 jours des îles autonomes : Des signaux plutôt inquiétants

Ngazidja. Des signaux plutôt inquiétants

Les premiers signaux sont plutôt inquiétants. Quand, aussitôt investi, Hassani Hamadi réclame plus de pouvoirs sans avoir encore montré de quoi il est capable, cela fait craindre la résurgence de ces fameux conflits de compétences qui ont par le passé empoisonné les relations entre l’Union et l’île de Ngazidja.

Si on devait rejouer l’élection du gouverneur de Ngazidja, les résultats seraient-ils les mêmes ? Pas sûr. Trois mois après l’entrée en fonction de Hassani Hamadi, l’opinion attend toujours qu’il sorte enfin de sa posture de candidat pour enfiler le costume de premier magistrat de l’île et mettre en œuvre ses engagements de campagne. Jusqu’ici, c’est encore le flou artistique.

Sa politique reste à peine lisible. Cet ancien ministre des Finances, considéré par ses partisans comme un réformiste convaincu, n’a toujours pas fixé un cap, ni annoncé la couleur de ce que sera son mandat. On nage donc en plein doute. De nombreux Wangazidja ont, à tort ou à raison, la forte impression que le navire vogue au gré des vents. Comme s’il n’y avait pas de capitaine à bord.

Pus de pouvoirs et plus de prérogatives

Même ses proches collaborateurs se posent des questions sur cette paralysie fonctionnelle et cette absence de vision. S’il est vrai qu’en cent jours, il est difficile de changer le cours des choses et de répondre aux multiples attentes des électeurs, on espérait tout de même que le nouveau locataire de Mrodju allait tracer des lignes directrices et poser quelques actes symboliques.

Il n’en est rien. Les premiers signaux sont plutôt inquiétants. Quand, aussitôt investi, notre cher gouverneur réclame plus de pouvoirs et plus de prérogatives sans avoir encore montré de quoi il est capable, cela fait craindre la résurgence de ces fameux conflits de compétences qui ont par le passé empoisonné les relations entre l’Union et l’île de Ngazidja. Quand, ensuite, pour son premier départ à l’étranger, il fait fi des textes en vigueur et choisit sa suppléance sur la base de ses affinités personnelles, on s’interroge sérieusement sur sa perception de la loi.

Quand, enfin, pour un candidat qui a été porté au pouvoir par la jeunesse (essentiellement des étudiants de l’Université des Comores), il jette sur le carreau des centaines de jeunes sans leur offrir aucune perspective d’avenir, on s’interroge alors sur ses priorités. Sa malheureuse phrase selon laquelle «ne monteront à bord que ceux qui ont poussé le véhicule» (héni ya tsusindiha légari kana hupachiya) illustre à merveille sa conception à la fois étriquée, discriminatoire et paternaliste du pouvoir. Hassani Hamadi doit sortir de sa bulle et se placer au-dessus de ces considérations partisanes s’il ne veut pas, à son tour, subir la malédiction de Mrodju (aucun de ses prédécesseurs n’a réussi jusqu’ici à se faire réélire à cause de leurs piètres bilans).

Mohamed Inoussa

http://www.comores-infos.net

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