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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

La république du village

26 Novembre 2016 , Rédigé par Aimons les Comores

La république du village

Malheureusement, on se trouve souvent dans notre pays face à une situation où on ne réagit pas, dans l’action publique, conformément à la hauteur des enjeux. Beaucoup de responsables politiques n’arrivent pas à sortir du carcan villageois, du quartier d’en haut et du quartier d’en bas. Chacun roulant pour ses proches, pour les gens de son île, de son village si ce n’est de son quartier. Tout projet, toute réalisation qui ne va pas contribuer à la gloire au niveau microcosmique du village n’est pas du tout prioritaire. La notion de service public, d’intérêt général ne prévaut pas dans le processus décisionnel. C’est une réalité amère dont on doit tenir compte afin de la changer. La priorité au niveau du comportement de l’équipe dirigeante serait de combattre cette culture. Un vrai patriote ne doit pas se laisser intimider par la pression du village par ce que les nominations des enfants de la localité tardent à tomber.
Promouvoir le mérite, la justice et l’équité dans l’accès aux emplois et aux opportunités fera naitre un capital de confiance qui tempérera les remous des places publiques locales. Cette course au favoritisme, cette pression des gens du village se nourrit du manque de justice et de l’équité, car il est admis que celui qui n’a personne pour plaider pour lui demeure marginalisé et n’aura donc pas accès à ses droits. Aussi, comme la distribution des postes souvent s’opère comme un partage de gâteau, la part allouée à quelqu’un ne lui appartient pas tout seul. Elle appartient aussi aux siens, même au détriment de l’intérêt général. Il n’y a de solution que la justice et l’équité et la rigueur de devoir respecter ces principes. Il n’est pas rare d’entendre que le Bambao a eu tel poste, et le Hambou tel poste etc, vous imaginez la suite.
Sans une hauteur d’esprit au-dessus du village et du quartier, aucun développement ne sera possible. Le rôle de l’équipe dirigeante serait de tracer la voie, de montrer l’exemple et de se battre pour la dé-villagisation des esprits. Il faut voire grand, il faut penser le pays par rapport aux autres pays de la région. Cette tendance pour les dirigeants à se satisfaire de la routine et de la vanité parce que l’on a ramené trois, ou quatre postes au village, n’est rien d’autre qu’une fuite des responsabilités et une illusion d’avoir rempli sa mission, calmant ainsi sa conscience, et trompant cyniquement une population victime de la naïveté et de la manipulation. Le meilleur Directeur Général d’une société d’Etat, ce n’est pas celui qui réduit le chômage des jeunes de son village en les embauchant en surnombre. Le meilleur Directeur est celui qui fera les meilleurs choix organisationnels et managériaux qui feront améliorer la santé financière de l’établissement tout en améliorant le service dont il a la charge de produire. Si dans chaque société d’Etat, dans chaque établissement public, on adopte cette culture, c’est tout le pays qui gagne. L’insatisfaction né du non recrutement des jeunes du village va se calmer dans le court et moyen terme, par les effets d’une amélioration des services publics, mais aussi des ressources additionnelles que le gouvernement gagnera pour les affecter dans d’autres projets générateurs de revenus et créateur d’emplois, si vraiment on a la volonté de bien faire. Travaillons pour la nation et non pour le Village. Donnons à nos jeunes de l’espoir par l’égalité des chances, la justice et l’équité.
Mohamed Ibrahim Abdallah
Spécialiste en politique de développement

source sans la photo :

La voix des Comores

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