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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Communes à Ndzuani : le bras de fer entre maires déchus et exécutif risque de peser avant tout sur les candidats aux examens nationaux

9 Janvier 2017 , Rédigé par Aimons les Comores

Communes à Ndzuani : le bras de fer entre maires déchus et exécutif risque de peser avant tout sur les candidats aux examens nationaux

alwatwan actu image

Les candidats, qui osent braver la menace des autorités de l’île, ont sans doute été mis en confiance par le soutien dont bénéficient ces maires auprès du ministère de l’Intérieur, qui continuent d’ailleurs à ravitailler ses protégés en imprimés, au moment où le trésor public de l’île a cessé de le faire.

Par Sardou Moussa

Le commissariat anjouanais en charge de l’Enseignement de base vient d’informer les chefs des établissements ainsi que les candidats aux examens de fin d’année,  par le biais d’une note, que tout acte qui sera signé par un des six maires anjouanais déchus sera rejeté par le service en charge des examens. Les six maires visés sont Allaoui Abdérémane (Wani), Daouidar Abacar (Bambao-mtsanga), Chaouhane Mzidou (Mramani), Ankif Issouf (Chirocamba), Insa Fahar (Moya) et Abdallah Abdou (Sima). Pour rappel, ces derniers ont été évincés de leur poste par leurs conseils communaux, et remplacés depuis par leurs adjoints. Mais dans une intervention à l’antenne anjouanaise de l’Ortc (Office de la radiotélévision des Comores) le lundi dernier, le ministre de l’Intérieur, Mohamed Daoudou, a jugé cette décision illégale. Néanmoins, «la mesure reste en vigueur» et  «sera appliquée à la lettre par l’Oec [Office des examens et concours]», d’après son directeur, Soulaïmane Houmadi, se confiant à Al-watwan.  Malgré tout, certains élèves continueraient d’approcher les maires «indésirables» pour retirer leurs actes de naissance.
 
«Refuse de me le certifier»

«Effectivement, certains élèves, encouragés par leurs parents, continuent de venir récupérer leurs actes chez nous. Car ils savent que c’est nous qui avons les archives, et comprennent, comme ils nous l’avouent, que les examens sont de toute façon nationaux mais pas insulaires, et que les autorités de l’île ne cherchent qu’à les embrouiller», affirme Abdallah Abdou, maire de Sima, victime lui aussi du vote hostile de ses pairs, en septembre dernier. 
L’autre camp, lui, excellerait dans le zèle : les remplaçants des maires non désirés refuseraient même de certifier  les actes de naissance délivrés par leurs prédécesseurs bien avant leur éviction. «Vous voyez cet extrait d’un de mes élèves, il lui a été délivré en 2015 par Abdallah Abdou, et pourtant on [le nouveau maire intérimaire, ndlr] refuse de me le certifier», témoigne un directeur d’une école primaire de la Commune de Sima.

Ces candidats, qui osent braver la menace des autorités de l’île, ont sans doute été mis en confiance par le soutien dont bénéficient ces maires auprès du ministère de l’Intérieur, qui continuent d’ailleurs à ravitailler ses protégés en imprimés, au moment où le trésor public de l’île a cessé de le faire. «Par rapport aux imprimés, nous les retirons directement à Moroni. Nous n’avons aucun problème de ce côté-là», confirme Abdou Abdallah. Ils ont également été rassurés par la déclaration récente du vice-président anjouanais, Moustadroine Abdou, qui «ne permettrait pas que l’on chasse un maire élu».

Et le parquet de Mutsamudu n’est pas non plus en reste, en continuant de légaliser les actes signés par ces derniers, sauf celui de Bambao-mtsanga. «Pour nous, le seul maire déchu est celui de Bambao-mtsanga. Pour les autres, il nous faudra recevoir, pour ce cas, une note du ministère de l’Intérieur», nous a répondu de son côté Ayinoudine Sidi, procureur de la République au palais de justice de Mutsamudu. Un principe valable même à Wani, où le ministère a été débouté par la Cour constitutionnelle lorsqu’il avait décidé de reconduire le maire déchu. Répondant à une question d’un journaliste sur cette affaire, il y a quelques jours, le gouverneur anjouanais, Abdou Salami Abdou, a soutenu que son exécutif n’était pas hostile à certains maires mais plutôt à leur gestion. «Ces maires ont été élus, et ce n’est pas à nous de les évincer. Toutefois ils doivent être acceptés par leurs régions. De même, nous ne pouvons pas laisser la gabegie se perpétuer dans les communes», a-t-il dit.

alwatwan

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