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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Grignotage de la démocratie

9 Janvier 2017 , Rédigé par Aimons les Comores

G

A peine, l'affaire Agwa retombée, alors que la fermeture de la Baraka FM révèle une volonté politique du gouvernement de contrôler les médias et de limiter la liberté d'expression, voilà que le ministre de l'Intérieur s'attaque à la liberté d'opinion. Après la fermeture d'un lieu de prière sous prétexte de prosélytisme chiite, voilà que l'on apprend que le ministre vient de limiter les partis politiques. Une question simple, qu'est-ce que cela signifie exactement? qu'on a pas le droit de créer un nouveau mouvement politique?
Kiki à Mirontsy (Anjouan) Photo© Anzad Hazilane
Que les 6 partis reconnus représenteraient les seuls courants de pensée du pays? Il est quand même irritant que les dirigeants comoriens au pouvoir pensent qu'ils peuvent s'arroger le droit trancher dans la précipitation et sans débat, des questions aussi éminemment politiques que celles qui concernent la liberté d'expression, la représentation politique, l'organisation sociale d'un pays. Encore une fois, la question est mal posée. On peut comprendre que l'Etat veuille prendre des dispositions pour une transparence des organisations politiques (dans leur orientation politique, l'éthique, la clarification de l'organisation et les modes de financement de leurs activités). 
 
Celles-ci peuvent par exemple, prévoir des mécanismes (subventions, ouverture aux médias....) favorisant les partis représentés au parlement pour encourager la compétition démocratique. Mais on ne peut pas unilatéralement ou par autorité, décider de limiter le nombre des partis. je vois d'ici les détracteurs de cet avis sortir le fameux argument que les USA n'ont que deux partis politiques. D'abord c'est faux, même si les petits mouvements n'ont pas droit de cité. Ensuite,une loi de limitation serait contraire à l'esprit de la la Constitution américaine. 
 
L'échiquier politique français est également dominé par deux grandes formations, la LR (à droite) et le PS (à gauche), Mais cette bipolarisation favorisée par le système électoral, n'exclut pas l'existence légale d'autres partis, moins influents certes, mais qui représentent. Même le FN dont les idées sont très combattues, n'a pas été interdite et est même en passe de devenir un parti de gouvernement. Emmanuel Macron qui n'a même pas de parti en tant que tel, menace le PS avec son mouvement "En marche". pour revenir aux Comores, le CRC et Juwa se sont effectivement imposés comme partis de gouvernement sinon comme force électorale, puisqu'ils sont en tête en nombre d'élus au parlement. 
 
Mais sur quels critères s'est appuyés le ministre dans son choix du Radhi et Orange? Pourquoi pas le PEC de Fahami Saïd Ibrahim. Pourquoi le mouvement Orange serait plus légitime que le PEC qui est représenté à l'Assemblée? Rien ne le justifie donc, sinon l'arbitraire qui semble caractériser le nouveau ministre de l'Intérieur connu pour son goût pour les opérations coups de poing. Après la presse, l'épée de Damoclès vole maintenant sur les minarets et sur les partis politiques. Décidément la liberté d'expression et d'opinion ne semble pas une valeur très partagée par l'actuel exécutif.

Par Eddine Mlivoidro

© www.habarizacomores.com (Habari Za Comores)

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