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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Loi sur les partis politiques : les formations historiques chargent la nouvelle législation

26 Janvier 2017 , Rédigé par Aimons les Comores

Loi sur les partis politiques : les formations historiques chargent la nouvelle législation

 

 

 

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Après la rencontre avec le président Azali Assoumani et avant celle prévue pour le 18 février, certains partis politiques, qui se disent historiques, ont tenu à prendre position contre la nouvelle loi qui régit l’organisation et le fonctionnement des partis politiques en  Union des Comores et ce depuis le 10 janvier dernier. Ces partis déplorent que les nouvelles formations politiques veuillent effacer une partie de l’histoire de notre pays en déclarant dissoutes des formations telles qu’Udzima, Chuma, entre autres.
 

Par Mohamed Youssouf

Dans un point de presse, tenu hier au foyer Awulad-el-Comores à Moroni, plusieurs partis dits historiques s’en sont pris à la nouvelle loi portant organisation et fonctionnement des partis politiques en Union des Comores. Le parti Udzima, Chuma et Ridja, mais aussi les Soilihistes, ont tenu à donner leur point de vue quant aux défaillances et autres incertitudes qu’engendre cette loi. «Nous sommes là pour tenter d’adopter une position commune afin de trouver une solution. Hélas, nous constatons que plusieurs formations manquent à l’appel et pourtant, elles sont toutes conviées à cette rencontre.

Nous aurions pu profiter de l’occasion pour connaître les motivations qui ont fait que le premier parti des Comores, Udzima n’a pas été convié à la rencontre avec le chef de l’État», s’est ainsi exprimé l’ancien ministre de l’Intérieur, Omar Tamou. Concernant la loi en question, les différents intervenant ont souligné son caractère anticonstitutionnel et le fait qu’elle condamne des partis, jadis piliers du paysage politique, à la disparition. «Jusqu’à présent, nous n’avons pas connaissance d’un décret d’application qui devrait clarifier l’article 7 de cette loi. Il parle de quatre députés et de deux conseillers sans préciser s’ils peuvent venir des quatre îles ou non. Les indépendants ne sont pas pris en compte. Ils ont la liberté de candidater aux élections, mais il aurait fallu apporter des précisions dans la mesure où, dans chaque élection, les indépendants engrangent plus de 20% des suffrages. Par conséquent, ils prennent les suffrages qui devraient échoir aux partis», a expliqué le secrétaire du parti Udzima, Amroine Darkaoui.

Organisation, fonctionnement et non suppression 

Si les partis historiques concèdent qu’en effet, quarante quatre partis semblent un chiffre énorme pour le pays, ils n’en démordent pas sur le fait qu’une autre solution devait être privilégiée à l’image des fusions. Ils déplorent que des partis qui ont une existence de trois ou cinq ans puissent venir condamner à mort des formations qui ont lutté pour l’indépendance, qui ont joué les premiers rôles dans diverses élections, sous prétexte que lors de la dernière campagne électorale, ces partis n’ont pas réuni un certain pourcentage. «Certes pendant trois ans nous n’avons rien fait, mais ce n’est pas une raison pour imposer une loi qui va à l’encontre des dispositions de notre constitution», a encore déploré le secrétaire général du Udzima. 

Pour son homologue du parti Chuma, Dr Ahamada Tadjiri, «les nouveaux partis devraient savoir qu’il y avait d’autres entités historiques qui détenaient le pouvoir. Si ces leaders le voulaient, ils auraient pu fermer la porte aux nouvelles formations. Il faut savoir que cette loi est promulguée en 2013, mais personne ne l’a vu. Lors des dernières élections des députés, certains partis ont soutenu des candidats d’autres formations. Si tout le monde avait conscience qu’il jouait l’avenir de son parti, les agissements auraient certainement été différents. Nous tenons à préciser qu’il ne s’agit pas d’un combat entre pouvoir et opposition». Pour le secrétaire général du parti Ridja, Me Ahamada Mohamed Baco, «toute cette agitation est l’œuvre du ministre de l’Intérieur. L’esprit de la loi parle d’une organisation et fonctionnement des partis politiques et non de la suppression de certains d’entre eux.

Dès lors, personne n’était en mesure de deviner que le ministre de l’Intérieur allait accaparer un droit qui ne lui revenait pas et décider des partis à exclure. La loi n’a vocation qu’à régir des actions qui lui sont postérieures. Le seul cas où une loi peut être rétroactive, c’est lorsque ses dispositions sont en faveur des personnes visées», a indiqué Me Baco. Il continue de s’interroger sur la base légale qui a permis au maintien du parti Orange. «Le ministre de l’Intérieur est en train de bafouer la démocratie et nous espérons que le président Azali, qui semble être un fervent supporteur de la démocratie, nous assistera pour trouver une solution idoine. Cette loi est inapplicable et inexécutable. Il aurait fallu associer tous les acteurs politiques parce qu’il ne revenait pas au ministre de l’Intérieur de choisir en fonction de ses affinités, les partis retenus par la loi».

alwatwan

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