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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Ndzuani : le ministère de l’Intérieur réquisitionne la mosquée de la communauté Ahmadiyya

10 Janvier 2017 , Rédigé par Aimons les Comores

Ndzuani : le ministère de l’Intérieur réquisitionne la mosquée de la communauté Ahmadiyya

alwatwan actu image

Le bâtiment réquisitionné a subi, avant l’installation du commissariat de police quelques «aménagements» rapides. Des policiers et gendarmes y ont procédé à l’abattage du dôme de la mosquée, à la destruction du mihrab (ouvrage saillant qui accueille l’imam), puis un drapeau national a été hissé et le mur extérieur frappé des inscriptions «Commissariat de police de Mirontsy».
 

Par Sardou Moussa

La mosquée de la communauté Ahmadiyya de l’île de Ndzuani, sise à Mirontsy, a été réquisitionnée et transformée en commissariat de police, dimanche 8 janvier. Depuis, la police s’y est installée, créant  le soir même un point de contrôle routier, arrêtant et séquestrant sur place des véhicules (le plus souvent la police routière anjouanaise arrête et confisque les véhicules au lieu de verbaliser les conducteurs fautifs).

Avant son ouverture, des policiers et gendarmes y ont effectué quelques «aménagements» rapides : le dôme de la mosquée a été abattu à la masse, le mihrab (ouvrage saillant qui accueille l’imam) détruit, un drapeau national hissé et le mur extérieur frappé des inscriptions «Commissariat de police de Mirontsy». Inutile de raconter la polémique que cette affaire nourrit depuis dans l’île et sur les réseaux sociaux, avec beaucoup de personnes qui se disent indignées et d’autres qui voient en cela une manière pour le gouvernement de «purifier la religion». Les concernés, eux, voient en ce geste une injustice grave.

«C’est un débarquement de la police et de la gendarmerie, sur ordre du ministre de l’Intérieur. L’on ne nous a avertis de rien. Et pourtant nous ne nous sommes pas plantés là par hasard : c’est un terrain acheté et cette mosquée a été construite avec l’autorisation de la mairie de Mirontsy et de la préfecture du centre. Bref, il s’agit d’une propriété privée, que le ministère de l’Intérieur vient tout simplement de violer. Nous allons porter plainte», nous a confié Nabil Jaffar, membre actif d’Ahmadiyya Muslim, association regroupant les fidèles de cette branche de l’islam à Ndzuani.

Depuis l’ex-président déchu Mohamed Bacar, qui avait rasé la barbe aux wahhabites et emprisonné sans jugement une partie d’entre eux, la persécution des minorités confessionnelles à Ndzuani n’a jamais été aussi soutenue. En vertu de la loi sur les pratiques religieuses en Union des Comores (qui ne fait pourtant que restreindre au maximum le prosélytisme religieux), des chiites ont, et récemment et une nouvelle fois, été arrêtés et emprisonnés, et des mosquées wahhabites interdites de vendredi (la mesure serait en passe de se généraliser, selon certaines sources proches du ministère de l’Intérieur).

Pour ce qui est des Ahmadiyya, la punition a été graduelle : d’abord interdiction des prières de vendredi, puis interdiction de prière tout court avant cette réquisition.   
L’on ne peut, toutefois, pas dire que les policiers et gendarmes ayant pris d’assaut la mosquée aient été tout à fait fiers de leur entreprise : ils ont, en effet, été particulièrement irrités par une photo qui circule sur internet, montrant quelques-uns d’entre eux en train de détruire le dôme. «Une telle photo n’était pas à publier ! Les gens pourraient facilement croire que nous détruisions une mosquée !», a, par exemple, entonné un policier devant le photographe d’Al-watwan ce lundi matin (l’auteur de l’image en question est toutefois un employé de la radiotélévision de Ndzuani), qui a, de ce fait, du hardiment négocier ses prises.

alwatwan

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