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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Crises institutionnelles à Ndzuani : un collectif de conseillers et maires devant la presse

3 Février 2017 , Rédigé par Aimons les Comores

Crises institutionnelles à Ndzuani : un collectif de conseillers et maires devant la presse

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Un recours demandant la destitution d’Ibrahim Mohamed par la Cour constitutionnelle serait déposé au motif que ce dernier a été vicieusement élu. Il a été élu par dix conseillers sur les dix-neuf, dont la voix d’Erdine Soula, le conseiller déchu par la Cour constitutionnelle.

Par Sardou Moussa

Alors que l’ouverture de la première session  ordinaire de l’année du Conseil de l’ile de Ndzuani n’a pas pu avoir lieu,  comme prévu, le lundi dernier à cause du boycott opéré par la moitié des élus, ces derniers ont convié la presse le lendemain mardi pour leur faire part du statu quo actuel, tel que perçu par eux. Plusieurs maires s’étaient joints à eux dans cette conférence, formant le «collectif dit des neuf conseillers et dix-sept maires plaidant en faveur du respect des textes légaux». Les conférenciers ont voulu donner leur version au sujet des crises institutionnelles qui affectent en ce moment, à la fois, la tutelle des communes à Ndzuani (rappelons qu’elle est disputée entre le ministère de l’Intérieur et l’exécutif de l’ile)  et le Conseil de l’ile. Pour le conseiller Rakib Ahmed Abdallah, porte-parole de ce collectif, l’article 8 de la Constitution («le droit de l’Union prime sur celui des iles autonomes»), ainsi que les articles 58, 31, 78 et 82 de la loi sur la décentralisation en Union des Comores suffisent  à lever ce conflit. Quant au boycott de la cérémonie d’ouverture de la session parlementaire insulaire, les raisons invoquées ont été nombreuses et parfois surprenantes.

«Le fait est que le président, Ibrahim Mohamed, viole régulièrement la loi. L’on nous a convoqués à cette session sans nous envoyer l’ordre du jour. Il y a aussi le fait que le discours d’ouverture qu’il s’apprêtait à prononcer était incendiaire ; il ne servirait qu’à envenimer les relations entre l’Ile et l’Union, et nous ne pouvions pas avaliser cela par notre présence. Ensuite le président est partial : il ne traite qu’avec les élus de son parti, alors que le règlement intérieur lui défend d’appartenir à un groupe parlementaire… », a égrené le conseiller de Mirontsy. L’on apprendra à ce même sujet du conseiller de Moya, Saïd Omar, qu’un recours demandant la destitution d’Ibrahim Mohamed par la Cour constitutionnelle, a d’ailleurs été déposé. Le requérant estime que ce dernier a été vicieusement élu. «Ibrahim Mohamed a été élu par dix conseillers sur les dix-neuf, et parmi les voix obtenues compte celle d’Erdine Soula, le conseiller déchu par la Cour constitutionnelle», a-t-il expliqué.

Toujours est-il que cette double crise semble loin de s’apaiser. Tandis que d’un côté  il y a l’exécutif qui maintient son refus de reconnaitre les actes d’état civil établis par certains maires «déchus», le gouvernement fédéral, par le biais notamment des préfets, continue de sensibiliser les administrés à ne pas s’adresser aux maires intérimaires. D’autre part, les conseillers mécontents semblent vouloir boycotter toute la session. «De toute façon, comme le dit le règlement, au troisième jour, notre absence n’empêchera pas l’ouverture et le début des travaux», a tout simplement rétorqué  Rakib à un journaliste qui a voulu savoir si son groupe sera prochainement présent dans l’hémicycle. 

alwatwan

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