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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

COMORES: Au Juwa, le linge sale se lave en public!

15 Avril 2017 , Rédigé par Aimons les Comores

COMORES: Au Juwa, le linge sale se lave en public!

 

COMORES: Au Juwa, le linge sale se lave en public!
 
 
 
Le parti de l'ancien président Sambi qui se démène depuis quelques jours pour faire valoir la légitimité de ses élus nouvellement désignés au sein de l'Assemblée de l'Union doit, en même temps, faire face à des divergences entre ses membres. Un nouveau front qui risque de l'affaiblir encore davantage. La très brutale sortie médiatique de Sounhadj Attoumane secrétaire général adjoint du Juwa, ce vendredi, se présente le symptôme du profond malaise interne chez les Sambistes.
 
 
Le parti Juwa est mal-en-point. Le diagnostic est du Docteur Sounhadj Attoumane, cardiologue de son état et accessoirement secrétaire général adjoint du Juwa, le parti de l'ancien président Sambi. « Depuis les dernières élections présidentielles, le Juwa ne se porte pas bien », a-t-il déclaré dans une interview accordée au quotidien Al-fajr paru ce vendredi 14 avril. Dans ce long entretien aux allures d'un règlement de comptes, le Docteur Sounhadj, tel un sniper, tire à boulets rouges sur tout ce qui bouge au sein du Juwa. Il s'attaque plus particulièrement à Ibrahim Mohamed Soule, le secrétaire général du parti et à Mahamoud Mohamed Elarif, le coordinateur au niveau de Ndzouani et encore au ministre Fahmi Said Ibrahim. Trois ténors du Juwa qui, visiblement, ne trouvent pas grâce à ses yeux.
 
 
« Le secrétaire général actuel est discrédité par son incapacité, à l'époque, de gérer la période électorale et ses prises de décisions qui l'ont isolé. Ce qui amène les militants à le qualifier, à tort ou à raison, de traitre », a-t-il balancé d'entrée de jeu. Alors que le Juwa peine à organiser son congrès national prévu depuis des mois, le secrétaire adjoint du parti reproche ouvertement au Coordinateur du Juwa à Anjouan d'être à l'origine de ce « dysfonctionnement ». « Le Coordinateur élu d'Anjouan se comporte en prince. Il veut dicter ses lois tout en brandissant le fait qu'Anjouan ne participera pas au congrès national tant que ce qu'il veut ne soit pas accepté », accuse Sounhadj Attoumane. Dans cette même lancée, il ajoute : « au début, il voulait que le congrès se fasse à Anjouan, ce qui n'est pas acceptable pour un parti national comme le nôtre ». Un propos, un argument bizarre et difficile à saisir le sens exact. On se demande, en effet, pourquoi le Congrès d'un « parti national » comorien ne peut pas se tenir à Anjouan, une des îles de l'Union des Comores. Qu'est ce qui est « inacceptable » ou dégradant dans une telle démarche ?
 
 
Toujours  dans l'attaque frontale contre le coordinateur du parti Juwa à Anjouan, le secrétaire adjoint du parti poursuit : « il veut que le nombre de délégués congressistes venant d'Anjouan soit supérieur à tous les délégués  présents, sinon, ils ne viendront pas. Il a aussi avancé que pour être candidat aux postes du bureau exécutif, il ne faut aucune condition, ce qui ressemble à des manœuvres visant, semble-t-il, à faire passer la candidature de Fahmi Said ibrahim qui n'est membre du Juwa que depuis moins d'un an. Ce que tout le monde juge inacceptable ». Et justement, à propos du ministre Fahmi Saïd Ibrahim qui s'est élevé récemment pour demander des « clarifications par rapport à l'alliance Juwa-Crc », le Docteur Sounhadj, Conseiller du président Azali, chargé de la santé et de la protection sociale, l'accuse de vouloir « ramener Juwa vers ses intérêts personnels ». « Si le ministre Fahmi veut quitter le gouvernement, c'est son affaire. Beaucoup dans le parti Juwa peuvent le remplacer dignement », a-t-il assené. Docteur Sounhadj serait certainement parmi les éventuels prétendants...
 
 
Dans ses attaques, le secrétaire général adjoint du Juwa n'épargne pas son parti. Alors qu'il s'exprimait au sujet de  l'alliance Juwa-Crc qui essuie régulièrement des coups de boutoir de part et d'autre, Sounhadj Attoumane estime que cette union « doit perdurer pour permettre un développement durable de notre pays ».  Et lui d'ajouter : « Je trouve malsains, les manipulations des uns et des autres pour vouloir la casser ». Ici, encore, le secrétaire général du Juwa en prend pour son grade. « Si le secrétaire général Ibrahim Soule n'a pas voté Azali, c'est son affaire. Mais, il ne doit pas, en revanche, faire des manipulations pour une rupture entre Crc et Juwa », dénonce encore Sounhadj. Le conseiller du président Azali, chargé de la santé et de la protection sociale remue encore le couteau dans la plaie par ces mots : « Je pense que Juwa qui a souvent brandit la trahison comme moyen de victimisation doit s'assumer et assumer ses choix ». Une pique qui, semble-t-il, est destinée au président d'honneur du Juwa, Ahmed Abdallah Sambi, avec sa célèbre « Je suis mal servi et parfois trahi »...
 
 
Au sujet de  la crise à l'Assemblée de l'Union, le Docteur Sounhadj estime que « le droit doit-être respecter ». « Nous luttons tous pour un Etat de droit et de la démocratie. Par conséquence, en cas de conflit, les juridictions compétentes doivent s'exprimer », a-t-il commenté avant de reprendre encore une fois les attaques à l'égard de ses amis du Juwa. « Je pense que les responsables du Juwa à Anjouan, doivent prendre leurs responsabilités également pour agir dans le bon sens. Mahamoud Elarif ne peut pas s'ériger en prince, et manipuler tous, au gouvernorat, à l'Assemblée de l'île et au niveau de la coordination régionale du parti au risque de mettre à chaque fois le parti en difficulté », a-t-il encore assené.
 
Cette sortie médiatique du secrétaire général adjoint du Juwa semble étaler, au grand jour, le profond malaise que traverse le Juwa. En effet, il n'est un secret pour personne qu'il y a des désaccords entre les membres du Juwa qui, au deuxième tour du scrutin, avaient soutenu Mamadou et ceux qui ont soutenu Azali. Des divergences que le parti Juwa assurait, pourtant, avoir aplanies. Mais, visiblement, il reste encore des séquelles qui ne veulent pas s'effacer.  Il suffit, en effet, de parcourir les murs facebook des leaders du Juwa pour constater la véhémence des propos qui s'échangent parfois entre eux.
 
 
Par exemple au mois d'octobre dernier au lendemain du Congrès régional d'Anjouan, on pourrait lire cette déclaration sur le mur d'Ibrahima Mhoumadi Sidi, secrétaire général du comité politique national du Juwa, commentant ce vote interne. « C'est parti, le parti Juwa est rentré en congrès. Le week-end dernier, la coordination du parti à Anjouan a ouvert  »le bal ». Selon les délégués, ce fut un grand événement politique et organisationnel sans précédent dans l'île d'Ahmed ABDALLAH Sambi qui est absent du pays mais dont l'ombre et l'autorité politique et moral ont imprégné les débats et les décisions. Seul bémol relevé par certains participants, la candidature unique du coordinateur sortant qui est reconduit à 99,99% des voix des délégués triés sur le volet pour empêcher toute voix discordante. Pour les autres candidats aux autres postes de la direction régionale du parti,  »ce fut une simple formalité puisque là aussi, il fallait naître et être accepté sur la liste fictive du charismatique et voix de son maître, Mahamoud Elarif. Personne n'a osé se présenter en concurrence des candidats  »naturels » de cette liste qui ne disait pas son nom », a déclaré un des responsables du parti, présent au rituel. ». Quelle élégance entre amis ! Pour rappel, Sidi était de ceux qui avaient opté pour Mamadou au deuxième tour des élections présidentielles tandis que Mahamoud Elarif était du côté d'Azali. Ces deux camps semblent à couteaux tirés depuis...
 
 
Par contre, ce qui est nouveau en lisant l'interview du docteur Sounhadj c'est que, lui, un des éminents membres de la tendance qui a soutenu Azali s'en prend ouvertement à deux autres représentants de cette obédience  à savoir Mahmoud Elarif et Fahmi Said Ibrahim, tout en écrasant de sa vindicte, le secrétaire général du parti Juwa, le député Ibrahim Mohamed Soulé qui s'était allié à la candidature de Mohamed Ali Soilihi (Mamadou). Ce qui laisse à penser que le Juwa est devenu un véritable panier de crabes...
 
source :  comoressentiel

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