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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

QUAND LE PRESIDENT SAMBI CROISE L'ENFER A ADDIS ABEBA

31 Janvier 2010 , Rédigé par aimons les comores

Quand le président Sambi croise l’enfer à Addis Abeba

Seul dans son hôtel dans la capitale éthiopienne, Sambi est devenu orphelin. Ceux qui ont accompagné le chef de l’Etat dans son dernier sommet de l’Union africaine sentent un homme abattu, et lâché par ses amis d’hier. Accusant Ahamad Jaffar son ministre des affaires étrangères d’incapable, après avoir échoué la tentative de convaincre Jean Ping président de la Commission de l’Union africaine de ne pas mentionner les Comores parmi les pays à problèmes dans le continent, Sambi a boudé le dîner de son homologue tanzanien qui a souhaité lui parler tête à tête dans le cadre de la présidence tournante.

Pour rappel, lors du premier anniversaire du débarquement à Moheli, le président tanzanien a mis en garde le président Sambi contre toute tentative de vouloir prolonger son mandat. Un avertissement mal digéré par le président Sambi qui, blessé dans son intérieur, continue à refuser de tendre la main à celui qui a défié l’Union africaine et qui a envoyé ses militaires pour déloger Mohamed Bacar afin que Sambi puisse mettre ses pieds chez lui à Anjouan.

A Addis Abeba, l’atmosphère est morose. Le président Sambi voit son rêve de devenir un Kadhaffi bis s’envoler. Le staff de la commission de l’Union africaine n’entend pas créer aux Comores une autre crise et le seul mot d’ordre, ‘’ tout sauf la prolongation du mandat du président Sambi’’.

Selon un proche du président Sambi, fonctionnaire du ministère des relations extérieures, le cabinet d’Ahmad Jaffar a passé une nuit entière à envoyer des lettres à un certain nombre de chefs d’Etats africains pour qu’ils acceptent d’aider Sambi dans son aventure de prolonger son mandat mais les réponses ont été catégoriques et c’est la consternation chez les sambistes.

A l’heure qu’il est selon un membre de la délégation des Comores présentes à Addis Abeba, le président Sambi aurait proposé qu’une délégation de députés se rende au siège de l’Union africaine pour justifier leur souhait de prolonger le mandat du président sous forme d’harmonisation. Mais, aucune réponse n’est encore donnée par le président de la Commission de l’Union africaine qui avoue que cette rencontre n’a pas sa raison d’être dans la mesure où cela va ouvrir une nouvelle crise grave que celle de 1997.

Le président Sambi compte sur son ami Kadhaffi pour l’aider à arracher une réunion de concertation avec ses homologues chefs d’Etat africains. Mais, les chances sont minimes du fait que Kadhaffi lui-même trverse le désert avec son souhait de vouloir briguer la présidence de l’Union africaine en deux ans alors que les textes prévoient que c’est une présidence tournante d’un an. Comme je l’ai lu ce matin sur le blog inoussa, Kadhaffi se trompe car le Malaoui qui s’apprête à briguer la présidence de l’Union africaine ne s’appelle pas Moheli où des enfants de cette île sont prêts à sacrifier l’honneur de tout un peuple pour leurs maigres intérêts.

A Addis Abeba, le président Sambi passe le peu de temps qu’il dispose à courir derrière les chefs d’Etat africains, et ceux qui l’ont accompagné regrettent son geste et lui rappellent à l’ordre. Son discours qui a été rédigé depuis Moroni est jeté dans une poubelle et le président décide d’improviser par rapport à la chaleur qui lui monte dans le cerveau.

Un contrat est déjà passé entre Sambi et son ami Kadhaffi. Le premier s’engage à soutenir le second dans ses délires de vouloir changer les statuts de l’Union africaine en briguant un second mandat et le deuxième, promet à sambi dans son discours fleuve d’évoquer les Comores et plus précisément le souhait de son mentor de prolonger ce mandat. Mais l’Afrique du Sud, qui s’est beaucoup investie pour la paix aux Comores et pour la mise en marche des institutions, croisera-elle les bras laisser une autre crise surgir aux Comores, parce qu’un seul homme désire se maintenir au pouvoir ? Et le président Tanzanien qui a tout mis pour déloger Mohamed Bacar qui a refusé de quitter le pouvoir à la fin de son mandat, laissera lui aussi Sambi répéter l’erreur de Bacar au détriment de la paix du peuple comorien ?

Ces questions sont parmi tant d’autres qui hantent Sambi et sa délégation à la veille de l’ouverture du sommet de l’Union africaine dans la capitale éthiopienne.

Salim Mikidadi ( ridja.centerblog.net )
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Q'est ce passera t-il en cas de crise politique aux Comores?

31 Janvier 2010 , Rédigé par aimons les comores

Q'est ce passera t-il en cas de crise politique aux Comores?
Entretien avec M'SA ALI Djamal , sociologue.



Sociologue, Msa Ali Djamal dont ses études portent sur le dévoilement des mécanismes de domination et de la violence symbolique inspirées par la sociologie critique bourdieusienne, nous livre dans cet entretien une analyse sur la situation politique mouvementée qui prévaut aux Comores actuellement. En passant par des explications du vote de décembre dernier, il énonce à travers la notion de « rétrécissement de l'arène politique » forgé par le politiste Juan Linz « un scenario désastreux possible et de probable perduration de l'ordre politique comorien en cas de crise politique. Propos recueillis par Hamidou Saïd Ali, politiste

Said Ali Hamidou: Des élections législatives ont eu lieu aux Comores, la mouvance présidentielle a pu gagner les votes dans l'ensemble du territoire mais déchu à Mohéli, quel message doit-on retenir ?


Msa Ali Djamal: D'abord, il faut situer le contexte dans lequel ces élections ont eu lieu. Nous sommes dans un contexte où il y a le chômage des jeunes, la déqualification des diplômés, la crise économique, la crise de la représentativité liée au déclin des partis politiques, et le tout sur un fond de crispation insulaire contenu, il ya peu par les institutions de 2001. La victoire de la mouvance présidentielle, Baobab, dont le nom a un sens, chargé d'une symbolique très forte, n'est pas forcement une victoire de Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Ni une adhésion, ni un intérêt pour sa politique, c'est d'ailleurs le contraire qui se confirme. On a vu dans ces élections, trois partis électoraux : le parti de la débrouille, le parti de l'électeur idéologique, et le parti de l'absentéisme.

Ceux qui ont voté, en grande partie les candidats de la mouvance, l'ont fait pour des choix individuels liés aux conditions économiques drastiques, c'est le parti de la débrouille incarné par l'électeur erratique. Dans ce parti, cet électeur introduit dans son comportement électoral un calcul d'utilité. On a vu que Kiki de la république recruté pour faire le sal boulot, n'ayant pas de base sociale solide, a pu envoyer des représentants au parlement avec des pratiques électorales traditionnelles douteuses (libations, distributions d'argent, rastels etc.). Ces pratiques renvoient à une rélégitimation des relations clientélaires qui renforce l'efficacité de la domination sociale sur les comportements du vote.

A côté de cet électeur de la débrouille, Il y a l'électeur idéologique, les séparatistes grands-comoriens et anjouanais. Ces électeurs viennent sur le marché électoral comme des investisseurs avisés, ils apportent leur bulletin pour les candidats de la mouvance, non par adhésion, ni par croyance, ni par sympathies pour les programmes, politiques publiques de Sambi, mais par rejet des institutions de 2001 qui avaient institué comme principes fondamentaux l'égalité républicaine, celle qui consiste à considérer qu'on appartient à un socle commun de valeurs, de droits et de devoirs, que nul grand comorien ne serait supérieur à un citoyen anjouanais , ni un paysan mohélien inférieur à un aristocrate de Mutsamudu. En somme, en donnant leur bulletin à des candidats du Baobab, les électeurs idéologiques pensaient qu'ils auront une vision des programmes visant à restaurer une république aristocratique élective semblable à celle d'Ahmed Abdallah. Leurs choix donc, ne sont pas portés sur les politiques de Sambi, mais sur une anticipation à leur idéologie, la restauration d'une aristocratie élective qui s'oppose au renouvellement des élites. Et le label Baobab correspond bien aux significations qu'ils donnent à cette république pour laquelle ils ont de la nostalgie. La marque Baobab symbolise la pérennité de l'autorité aristocratique, Baobab c'est ce qui perdure, qui résiste aux temporalités historique et politique, qui résistent au temps, au renouvellement, à l'alternance.

Si le choix de l'électeur erratique se fonde sur sa situation personnelle (egotropic vote), celui de l'électeur idéologique se fonde sur la situation idéologique (idéotropic vote). A côté de ces deux électeurs préexistent un autre type d'électeur qui a choisi l'abstention comme moyen d'expression politique. Ce sont les déçus de Sambi, les mécontents, ceux qui avaient rejoint la prophétie Sambiste à la première heure, qui croyaient en lui comme l'homme capable de relever le défi, d'unir les Comoriens, et qui s'en aperçurent très vite qu'ils se sont trompés. Ce sont donc les diplômés, les militants, les cadres et les plus éduqués, qui malgré l'interprétation de Sambi, ils ne se lassent pas des rituels électoraux mais ils voulaient exprimer leur désaccord avec le régime actuel qu'ils pensaient ne pas présager le respect aux règles démocratiques.

C'est dire que Sambi réussit mieux chez les moins diplômés, les plus religieux, plus réceptifs au discours simple et carré qui fait de l'opposition la cause de tous les problèmes que traverse le pays. Ce qui rapproche les électeurs idéologiques aux électeurs erratiques (de la débrouille), c'est une attitude ethnocentriste, valorisant l'entre soi, la culture des hiérarchies insulaires. Les séparatistes grands comoriens sont nombreux à estimer le fait que les institutions de 2001 feront qu'un pouvoir dominant puisse aller à Mohéli est une aberration, et ils ont donné leur confiance à des personnes qui vont prolonger le mandat de Sambi, et dont la finalité est de corriger cette « aberration » et de restaurer une aristocratie élective. Je pense que la seule lecture possible que l'on peut faire sur les résultats, c'est que la victoire de la mouvance présidentielle est la victoire des séparatistes de tout bord qui s'est exprimé le 20 décembre 2009. Et la victoire de ceux qui ont voté les députés de l'opposition, est la victoire de la république. Ce sont des électeurs qui ont introduit dans leur choix une situation politique générale (politropic vote) dont le sens réclame une consolidation de la république qui unit plus qu'elle ne divise, et qui respecte les règles démocratiques plus qu'elle ne les foule au pied.

Le régime Sambi semble tenir, épargner de toute menace, malgré les nombreux échecs et les failles, qu'est-ce qui peut expliquer cette relative stabilité?


Cette question sous-tend une autre interrogation. De quel soutien dépend la survie d'un régime politique ? La réponse a été donnée par l'hypothèse de l'emprise totale du pouvoir totalitaire sur la société. L'hypothèse qui fait du soutien, un consentement idéologique assumé, soit une adhésion contrainte des individus soumis sur une politique de surveillance et de contrôle permanent. Le régime de Sambi ne tient pas, bien entendu, par la répression, ni par l'oppression et la surveillance mais il repose ou reposait sur une multitude de petits échanges stabilisateurs entre les agents politiques et acteurs sociaux qui pilotent les différents secteurs de la société. Les journalistes, les hommes politiques, les enseignants, les religieux, les notables se livrent en permanence à des échanges de bons procédés, à des micro-négociations qui maintiennent l'ordre politique et la paix sociale. Du coup les agents politiques, de l'opposition, les différents secteurs respectent le contrat tacite selon lequel l'ordre politique repose sur le respect aux règles du jeu « Vous gouvernez aujourd'hui, nous gouvernerons demain ». Il n'est rien donc qui soit plus absolument exigé par le jeu politique que cette adhésion fondamentale au jeu lui-même. Sous peine de s'exclure au jeu et des profits qui s'y acquièrent, tous ceux qui s'engagent dans la politique acceptent ce contrat tacite, de reconnaitre les règles du jeu, de respecter le jeu imposé par une sorte de collusion originaire, c'est tout cela qui tient l'ordre politique, c'est le respect de l'alternance.

Une fois que cette règle est menacée, l'ordre lui-même semble aussi menacé. De cette rupture, naissent des tentatives de contestation pour restaurer l'ordre politique par le respect aux règles du jeu.

Au lendemain de ces élections on a vu le président Azali rompre son silence, comment expliquez-vous ce geste ?


Il est vrai que depuis l'investiture du président Sambi, le colonel Azali se tait. Comme le général De Gaulle, ce qu'il offre ce sont ce silence, cette retraite, sa solitude et un livre « Quand j'étais président ». Cette dimension de l'offre politique a de ceci extraordinaire qu'elle est vierge d'engagement politique, d'interférence politique qui le rend inoffensif et à la fois disponible. Et peut être considéré comme le produit d'une stratégie charismatique. Ce silence là, n'était pas un silence d'indifférence, dit-il lui-même dans sa conférence de presse. Ce silence est plutôt un bien commun politique, un silence stratégique dont la force tient au respect des règles démocratiques ; donc à être inoffensif vis-à-vis du régime eu égard au contrat tacite de non ingérence lié aux échanges de bons procédés dont nous avons parlé un instant. Depuis la révision constitutionnelle, et au lendemain des élections législatives, le colonel Azali parle et met en avant la singularité de sa personne, de ses prises des positions, des manières de faire de la politique, et il a sans doute plus que d'autres les ressources pour le faire. Le souci du colonel n'est pas de chercher une légitimité qui ne lui est pas vraiment contestée ni de menacer le régime mais de rappeler à l'ordre, à la fois politique et juridique pour épargner le pays de toute crise incontrôlable. Toute l'entreprise azaliste consiste justement à assumer le rôle d'arbitre car il fait état des doutes sur le pouvoir en place, il se place en un homme visionnaire et charismatique qui ne voulait pas parler après un effondrement politique, ni jouer la figure du pompier ni même le rôle de l'alarme d'incendie mais celui de la patrouille de police. En parlant, il se donne une autorité à parler une parole d'autorité parce que de par ses fonctions qu'il a assumées, il se sent investi d'une autorité politique à parler politique avant que l'ordre politique ne soit érodé, c'est au nom de quoi il a rompu son silence afin d'alerter que l'ordre et les règles politiques sont menacés. Ainsi, il voulait rappeler aux parlementaires de veiller au respect de principes démocratiques, condition nécessaire pour la stabilité de l'ordre politique. Il n'a été pas bien compris.

On a vu le régime s'attaquer à Azali. Le colonel constitue t-il vraiment une menace pour le régime ?


Dans une conjoncture de mobilisation des groupes hétérogènes d'opposant, le colonel Azali peut faire figure d'opposant sérieux et donc de recours possible, son autorité politique dont il a bénéficié de sa fonction présidentielle, la réputation de rigueur, d'intransigeance, de discipline, la liaison avec certaines fractions de la haute fonction publique et militaire, son expérience en tant qu'ancien chef des armées, ses réseaux internationaux, ce sont des propriétés retenues, et des ressources imposantes. Il constitue, donc un opposant redoutable du régime dans la simple mesure où il concentre sur sa personne un ensemble de propriétés remarquables au regard de l'activation de nouveaux clivages politiques. Les récits donnés à sa trajectoire en font en tout cas un chef exemplaire, promoteur d'une politique de rigueur et de rémunération presque mensuelle aux fonctionnaires. Affichant son mépris des honneurs temporels, celui de se pérenniser au pouvoir, ses convictions semblent toutes personnelles, attestant par là la sincérité de son combat, il n'a pas hésité de prendre des positions isolées et risquées (ne pas soutenir un candidat de son parti lors des présidentielles de 2006). Azali Assoumani a ainsi largement manifesté cette éthique professionnelle qui est celle de respecter la règle du jeu....

Lors des moments de crise, il a imposé sa posture et sa méthode, en fait la topique de la Mshwara une stratégie de régulation des conflits tandis que Sambi en fait l'affrontement armé sa propre stratégie. Toutes ces dimensions là ne paraissaient pas directement menaçantes dans une condition de retraite politique. Mais en rompant le silence qu'il s'est imposé, cette stratégie semble tout autant risquée, parce qu'il s'agit de délivrer un message, pas n'importe lequel, un message d'autorité énoncé avec autorité dans des formes et rituels d'autorité : « l'ordre politique est menacé, la paix sociale l'est aussi, j'espère que vous serez un deuxième président vivant après moi ». Ce message de rappel à l'ordre n'était pas euphémisé mais sensiblement et ostensiblement détaillé et amplifié. Par là, montrant qu'il est un candidat disponible. Mais un candidat qui n'est pas comme les autres constitue une menace pour un régime qui projette de se pérenniser au pouvoir.

En somme, étant d'une figure rare et de ressources imposantes, élu à 52 %, il bénéficie d'un corps électoral non négligeable, et de soutiens diffus mobilisables, certains d'entre eux bien entendu, l'ont peut être abandonné mais d'autres peuvent s'allier à sa cause, surtout les mécontents et les déçus de Sambi, ses relations avec le corps militaire sont tout autant d'indices qui embêtent un peu le régime qui tend à se radicaliser. Le problème c'est qu'en se radicalisant, le régime risque d'entrer dans un engrenage non maitrisable et de surcroit, dangereux.

Il me semble qu'une crise politique n'est pas à écarter, d'autres parlent même de crise sans l'avoir déjà définie, qu'est ce qu'une crise politique ?


Une crise politique est un état du système social dont les caractéristiques fondamentales est la fluidité conjoncturelle des rapports sociaux affectés dans leur fonctionnement par des processus de mobilisations. Dans une crise, le fonctionnement routinier des secteurs d'activités s'effrite et les logiques spécifiques de ces secteurs s'effacent et remplacées par d'autres qui s'imposent aux acteurs et captent leurs calculs. Delà, une incertitude structurelle arrache les agents sociaux à leurs habitudes et bousculent leurs repères. Une crise politique est aussi un temps de désorganisation et de redéfinition de ressources, c'est aussi le temps où les rapports et les conduites institutionnalisées cessent d'être perçus comme contraignants par les acteurs concernés. En d'autres termes, une crise est une séquence historique où les transactions collusives routinières entre les secteurs et les acteurs fondées sur des pratiques de non ingérence, de reconnaissance mutuelle cessent d'être opérantes et ébranlées par des coups et des tactiques de mise en question mutuelle. En somme, une crise est un moment où le contrat tacite du respect des règles du jeu est rompu et bouleverse profondément le système de pertinences et de références habituelles.

Est-ce que le non respect de mandat par Ahmed Abdallah Sambi débouchera à une crise ?


Oui, en théorie car ne pas respecter le mandat, un des principes des règles du jeu, c'est bousculer le système de pertinences et de références habituelles, c'est modifier les logiques des conduites institutionnalisées. Et Sambi s'apprête à prolonger bien son mandat, la présence supposée de plus de 120 militaires iraniens à Beit-Salam, la révision constitutionnelle, puis la façon dont il s'est arrangé à faire élire l'actuel président de l'Assemblée, un homme vide de ressources dominantes, limité intellectuellement dont sa capacité de direction est ouvertement contestée et contestable, en témoignent. On sait que l'élection est faite en raison des ratés des pratiques collusives et des formes d'indépendance expérimentés durant la première législature des institutions de 2001, sous l'effet conjugué de l'opposition de Dhoifir Bounou contre la loi de la citoyenneté économique. L'élection inattendue du président actuel de l'Assemblée, individu relativement peu discipliné va perturber la vie parlementaire et engager des processus de délégitimation de cette institution. C'est dire que les conditions dans lesquelles s'est accomplie la prise en main ou la concentration du pouvoir par Sambi, le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif, le pouvoir judiciaire ( l'affaire Bic Nicom est un exemple éloquent) et le pouvoir médiatique (Le 27 janvier, Alwatwan est allé faire allégeance au nouveau patron de Hamraba) ne sont pas étrangères au type de stratégie que suivent nombre des régimes non démocratiques pour tenter de conserver leur pouvoir sur le jeu politique... sauf que contrairement à ce qui se passe à Moroni, tant nombre de régimes élisent des personnalités qui tirent leur légitimité sur des ressources incontestables. Mais ici s'ouvre le temps des critiques contre le président de l'Assemblée et le doute de la valeur de ses qualités et ses propres atouts. Donc la crise débouchera non pas seulement sur le non respect du mandat présidentiel. La charge va être portée également sur le terrain législatif qui doit être confié à des personnalités hautement qualifiées et familiarisées avec le maniement des procédures et des règles parlementaires dotées d'une sorte de civilité parlementaire, ce qui n'en est pas chez l'actuel président.

Quelles sont les conséquences et les effets d'une crise politique sur l'ordre politique lui-même et sur les acteurs ?


Dans une crise politique, s'imposent aux acteurs des changements stratégiques liés aux déperditions de légitimité et de déstabilisation de réseaux de consolidation. En pareils cas s'opère ce que Linz appelle «le rétrécissement de l'arène politique » à partir duquel une unité sociale donnée peut émerger et acquérir des positions et des ressources inattendues. Ce rétrécissement de l'arène politique a plusieurs conséquences : il impose des négociations secrètes entre les leaders en place et leurs adversaires, ce qui a pour effet de placer hors jeu une large partie des responsables politiques et des parlementaires pro-gouvernementaux. Des intermédiaires extérieurs au jeu routinier sont amenés à y jouer un rôle important. Ils peuvent être issus du pouvoir neutre - militaire, cas Azali, ou des hauts fonctionnaires, cas Djohar.

L'ensemble de ces facteurs contribue à transférer le pouvoir et l'influence parlementaire à une autre arène « invisible » réduit à quelques individus. Une partie de la classe politique peut se retrouver dans une situation de marginalisation ou connaitre une érosion de leur légitimité et d'une perte de leur poids politique. Le rapport entre les placements et les aspirations peut également être touché et pousse certains à redéfinir les alliances, les concessions, les stratégies d'abandon, d'où la notion de redistribution de carte. La place des négociations est très importante parce que les principes qui la fondent, les marchandages, le débauchage, expliquent la possibilité de l'efficacité de coups de la transgression du secret. Le tout n'exclut pas l'émergence possible de nouveaux leaders charismatiques inattendus.

Propos recueillis par Hamidou Saïd Ali, politiste.
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Après Ahmadinedjad, Kikwete, Fillon et Nasser Al Muhammad Al Sabah en 2009, qui pour 2010?

31 Janvier 2010 , Rédigé par aimons les comores

Après Ahmadinedjad, Kikwete, Fillon et Nasser Al Muhammad Al Sabah en 2009, qui pour 2010?
Après les arrivées historiques du président iranien Ahmadinedjad, de son homologue tanzanien Kikwete et des chefs de gouvernement français et koweitien en 2009, le président Sambi serait-il sur le point de nous faire venir de nouvelles hautes personnalités aux Comores?
A en croire plusieurs responsables comoriens, un certain nombre de chefs d'Etat africains devraient se rendre aux Comores d'ici avril 2010. Au moment même où l'opposition comorienne joue ses dernières cartes en cherchant à alerter la communauté internationale sur une prolongation (évidente) du mandat de Sambi, celle-ci pourrait au contraire venir le renforcer en envoyant plusieurs hautes personnalités africaines sur le sol comorien.
Parti cet après midi pour Addis Abeba afin de participer au sommet de l'Union Africaine qui s'y tiendra du 31 janvier au 2 février, le président Sambi ne devrait pas manquer d'occasions pour faire valoir les fondements démocratiques de la prolongation de son mandat.
Rappelons, par ailleurs, que le président comorien avait déjà reçu le soutien officiel de son homologue américain ainsi que celui du premier ministre chinois lors de la conférence sur les changements climatiques en décembre 2009 au Danemark. Avec de tels soutiens (qui apparemment ne devraient cesser de croître), notre opposition devra faire preuve de beaucoup plus de crédibilité (et/ou de réalisme) dans sa démarche sous peine de se voir marginalisée durant la période transitoire (allant du 25 mai 2010 à la date qui sera fixée prochainement par le congrès)...

Rédaction Wongo
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Quand le vice-président se déchaîne, l'ancien président se sent menacé.

30 Janvier 2010 , Rédigé par aimons les comores

Quand le vice-président se déchaîne, l’ancien président se sent menacé.


L'habituelle étant une seconde nature, le vice-président de l'Ile de Ngazidja Idi Nadhoim, bien connu d'une insuffisance de qualité, de valeur oratoire ne pouvait pas s'empêcher de tenir une conférence de presse, salée des altercations suite à l'apparition incommodante de l'ancien chef de l'Etat le colonel Azali Assoumani.

Au cour de la conférence de presse qu'il a tenue à l'hôtel Itsandra très récemment, les médias présents ont été pris à témoin d'un speech dont l'intérêt ne se confessait pas sur les attentes des honorables citoyens affaiblis depuis quatre ans par la tenue des beaux discours toutefois remplis de mensonges.

Comme par hasard, aucun mot du bilan de réalisation n'a été prononcé par le vice-président.
• Le projet habitat retiré de tous les paragraphes des feuilles des discours,
• Les schémas des programmes économiques devenus 'imparhanables'
• L'argent des nationalités économiques vendues aux bédouins jamais enregistré dans la trésorerie publique,
• Les projets de la corniche de Moroni ne décollant pas dans les maquettes.

Tel est le constat d'une conférence de presse qui se voulait riche en matière de communication. Bravo Monsieur le vice-président. A vrai dire si le critère d'un beau discours ce sont les acclamations, je n'en doute pas que le votre ait manqué des tonnerres des incongruités.

N'est- il pas maladroit qu'un régime en instance de divorce avec le peuple, comme le veut la charte qui le régit notamment la constitution, qu'un vice président tienne une tribune libre de choix pour s'adresser unilatéralement à un citoyen qui clame le respect de la constitution ?

Pour avoir fait un rappel à l'ordre au régime Sambi / Idi Nadhoim, de considérer avec ardeur, les efforts consentis pour implorer la paix nationale au profit d'une constitution tournante selon les accords de fomboni, Monsieur Azali assoumani ancien président devient la cible et élément perturbateur dont le vice-président Idi Nadhoim se targue d'employer les gros moyens pour l'anéantir.

Azali n'a pas de place dans la politique comorienne. Disait le vice-président Idi Nadhoim !Une remarque beaucoup plus simpliste et à la fois despotique que le vice-président essaie de nous rappeler qui a droit et qui n'a pas droit de faire de la politique.Va-t-il encore nous présenter le chouchou de la mouvance présidentielle qu'il aura choisi avec zèle comme le cas d'Abdoulwahabi en 2007 en faveur de quoi les prochaines élections seront escamotées ?

Le ridicule était au rendez-vous car en dehors de cette conférence, toutes les classes politiques et la société civile travaillent main dans la main pour exprimer la voix du peuple en l'occurrence celle qui déclare textuellement un non droit à toute prolongation du mandat après le 26 mai 2010. Malgré tout, cela n'a jamais attiré l'attention du vice-président à part s'intéresser à ébranler des menaces pamphlétaires qui conspirent impitoyablement des élans fascistes. Autrement dit, les échos et le dynamisme de l'opposition ne lui ont pas valu l'objet d'aucune inquiétude quelconque.

A l'instar de ces manœuvres d'intimidation, on découvre une école dont les élèves, (le président de l'Union Monsieur Sambi, le vice-président de l'Ile de Ngazidja Idi nadhoim, le vice président de l'assemblée Djaé Ahamada, le ministre Fouad Mhadji, le président de l'assemblée Bourhane, Dossar...) sont livrés à tous les vents de l'indiscipline constitutionnelle qui ne manquera pas de naufrager les accords de Fomboni élaborés minutieusement pour le maintien de l'intégrité nationale, malgré le rôle ponctuel et hypocrite qu'a joué le président Sambi pour prêcher le séparatisme anjouanais. On s'en souvient des bandes d'enregistrement selon lesquelles Sambi tenait des propos à caractère séparatiste. Sur ce, il n'y a pas l'ombre du doute sur la culpabilité de Sambi à vouloir s'éterniser au pouvoir au-delà de 4 ans prévus par la constitution, seule source d'inspiration de nos gestes et faits politiques.

Autant dire que le peuple comorien a renouvelé la confiance au président Sambi, je trouve que M. Djaé Ahamada n'a pas le monopole du cœur car ce dernier, n'est pas dupe à vouloir creuser sa tombe une seconde fois. Toujours est-il que les lauréats de l'école Sambi ne sont-ils pas dans l'axe du mal pour plonger nos institutions dans la débandade au profit d'un pouvoir qui professe une gestion socio-économique catastrophique ?

Dans la conjoncture actuelle, le peuple comoriens est mis à genoux en toute illégalité malgré la présence de l'Union africaine instigatrice des accords de Fomboni. Un passage de force au détriment du fondement de la démocratie nationale, n'est pas exclu par l'équipe de Sambi. Au jour d'aujourd'hui, la Communauté Internationale notamment l'Union africaine se constitue en téléspectateur face à un scénario qu'elle a tenu la plume et la parole. Qui vivra verra.

M'nemoi Ahamed Doudou
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COMORES: LE 26 MAI 2010 SAMBI DOIT PARTIR

30 Janvier 2010 , Rédigé par aimons les comores

COMORES: LE 26 MAI 2010 SAMBI DOIT PARTIR
Le président de la Commission de l'Union africaine (CUA) a ouvert, le 28 janvier à Addis-Abeba, les travaux des ministres des Affaires étrangères, dans le cadre du sommet biannuel de l'organisation.

La 16è session du Conseil exécutif de l'Union africaine (UA) s'est ouverte ce jeudi 28 janvier, au siège de l'organisation, à Addis-Abeba. Les ministres des Affaires étrangères d'un bon nombre de pays africains se réunissent dans la capitale éthiopienne, trois jours avant l'arrivée des chefs d'Etat pour leur conférence, du 31 janvier au 2 février.

Lors de son allocution d'ouverture, le président de la Commission de l'Union africaine (CUA), le Gabonais Jean Ping, a donné le ton d'une conférence qui s'annonce sous des auspices plutôt sombres.

"L'Afrique n'a pas été épargnée"

Après avoir demandé à l'assemblée une minute de silence en mémoire des victimes du crash de l'avion d'Ethiopian Airlines au large de Beyrouth, ainsi que des civils somaliens et des soldats de la Mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom) tués le 25 janvier, Jean Ping a entamé son discours en évoquant une "annus horribilis" pour le monde entier, dans un contexte de récession généralisée. "L'Afrique n'a pas été épargnée", a-t-il affirmé.

Il a ensuite passé en revue les situations de crise sur le continent et fait le bilan des six derniers mois.

Au titre des améliorations, il a cité la préparation des élections générales au Burundi, l'accalmie en Centrafrique (même si l'opération de démobilisation, désarmement et réinsertion n'a pas encore débuté), le rétablissement de la légalité en Guinée Bissau, la stabilité aux Comores (en soulignant la nécessité d'organiser des élections) et les progrès réalisés en République démocratique du Congo dans le cadre des Accords de Goma de mars 2009.

Au titre des inquiétudes, celui qui rappelle fréquemment qu'il a eu à gérer plusieurs coups d'Etat en six mois a souligné les situations critiques au Niger, ainsi qu'en Guinée et à Madagascar – deux pays suspendus de l'organisation. Les deux chefs d'Etat ne siégeront donc pas aux côtés de leurs homologues, mais des délégations sont néanmoins attendues à Addis-Abeba.

Jean Ping a terminé la revue des crises politiques du continent en détaillant la précarité de la présence de l'UA en Somalie et en appelant la communauté internationale à se mobiliser.

Kaddafi au coeur des discussions

"Cette rapide présentation, a conclu Jean Ping, donne l'ampleur de ce qui se profile pour le continent si rien n'est fait et souligne dramatiquement l'urgence de la situation."

L'inquiétude sur les situations de crise s'est également fait sentir dans le discours de Moussa Koussa, président de séance. Le "ministre des Affaires étrangères" libyen a, en outre, précisé qu'à l'ordre du jour des discussions des ministres figurerait l'épineuse question budgétaire de l'Union. Puis celle de la transformation de la Commission de l'UA en "Autorité", dont le principe avait été acté lors du dernier sommet des chefs d'Etat à Syrte, en juillet 2009, mais dont les contours restent flous. C'était Mouammar Kaddafi, président en exercice de l'UA, qui avait mis le sujet au cœur des discussions.

Et c'est justement le nom du guide libyen qui est – une fois encore – sur toutes les lèvres. Sa tente n'a pas encore été installée dans les jardins de l'Hôtel Sheraton d'Addis que les couloirs de l'UA bruissent déjà de la question lancinante : "Partira ? Partira pas ?" Censé laisser la présidence en exercice au Malawite Bingu Wa Mutharika (qui a été désigné par la Communauté des Etats d'Afrique australe - SADC), il semble faire campagne depuis plusieurs semaines pour conserver le "trône". Verdict d'ici la fin du sommet, prévue le 2 février.

Source : jeune afrique.
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COMORES TELECOM:BASHAR KIWAN AVEC 51% DU CAPITAL YE MTROUME

30 Janvier 2010 , Rédigé par aimons les comores



Interview / Mladjao Msa, secrétaire général du syndicat des employés de Comores Télécom

« Donner 51% à un opérateur privé, c’est du jamais vu »

Ce mercredi, les employés de Comores Télécom sont descendus dans la rue. Ils protestent contre le processus de privatisation de cette société comorienne des télécommunications. Après une conférence de presse et plusieurs rencontres avec les autorités de tutelle, les agents de cette boite ont choisi de crier dans la rue. Le secrétaire général du syndicat nous parle de ces revendications.



Question : Quelles sont vos revendications ?



Mladjao Msa : Le personnel de Comores Télécom a manifesté aujourd’hui après un préavis de grève déposé au niveau de la direction générale. C’est d’abord pour demander qu’il y ait une privatisation organisée, cadrée et non improvisée. Suite à la décision du gouvernement de privatiser la société dans 6 mois, on a réagi pour dire que le temps imparti est très limité. Il y a quelque mois on a fait des propositions d’ouverture du capital et on avait dégagé des solutions dont un temps de redressement d’un an d’exercice avant de pouvoir ouvrir le capital ou privatiser. On a soumis ces idées au gouvernement et la direction avait aussi ses propositions. Jusqu’ici, on n’a pas vu de signe de redressement pour mieux vendre. Nous demandons donc un temps pour redresser l’entreprise pour avoir une société vendable au lieu de se précipiter de vendre une société qui n’est pas viable. C’est tout le monde qui va perdre : les usagers, l’Etat va vendre une chose qui n’a pas de plus value. Le personnel va payer les frais. Donc on s’inquiète de cette précipitation et de la procédure. Six mois pour vendre Comores Télécom, c’est trop hâtif.



Question : Quels sont les résultats de vos contacts avec les autorités ?



M.M. : Après la conférence de presse, le vice-président en charge des finances nous a reçus. On a demandé à participer dans la commission qui organise l’ouverture du capital et il nous a promis de le faire. Au moins, c’est un point gagné. Mais on n’a pas encore vu le décret jusqu’ici. Maintenant qu’on est dans la commission, nous estimons que le délai est minime. Le président de la commission insiste que la privation se fera dans six mois. On craint toujours un bradage de l’entreprise, une vente mal réussie comme c’est le cas dans plusieurs pays d’Afrique. Mais on veut surtout une concurrence loyale. Nous réclamons auprès de l’Etat des mesures d’accompagnement pour permettre à Comores Télécom de faire face aux exigences de la concurrence. On doit payer la même chose que Comoro Gulf Holding [le 2ème opérateur, appartenant à Bashar Kiwan, ndlr], sinon, il n’y a pas de concurrence. Jusqu'à présent on se rend compte que cet opérateur n’a payé ni licence, ni impôt, que même ses voitures sont en TT (Transit Temporaire), il ne paye pas la douane… Si cette situation de privilège est laissée à CGH aucun autre opérateur ne peut accepter de venir.


Question : Quelle est la formule proposée par le gouvernement et qui vous inquiète ?



M.M. La formule est inquiétante car on cède 51% à l’opérateur qui va venir. C’est du jamais vu. Dans les pays qui ont privatisé, on commence par un pourcentage moindre. Ces pays commencent par 35% et en fonction de l’évolution des activités de l’opérateur, l’Etat cède encore une partie. Mais 51% pour une société qui a besoin d’un redressement, on se dit que c’est une question de mal vendre et de ne pas générer des recettes pour le gouvernement. Plus grave encore, cette vente va donner à un opérateur privé la capacité de gérer l’information du pays. C’est beaucoup de pourcentage. Si cette société acquéreur échoue, c’est toute la population qui va en pâtir car il n’aurait pas de télécommunications.



Propos recueillis par A.A.Mguéni
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Ecole de l'amitié Chine Comores à Anjouan

30 Janvier 2010 , Rédigé par aimons les comores

Ecole de l'amitié Chine Comores à Anjouan
Il était un peu plus de 17heures ce jeudi 28 janvier 2010, quand le Chef de l'Etat, SEM Ahmed Abdallah Mohamed SAMBI, a coupé le ruban de l'inauguration de l'Ecole de l'Amitié construite à Boungoueni à Anjouan, grâce à la coopération chinoise.

Etaient présent à la cérémonie, outre l'Ambassadeur de la République de Chine en Union des Comores, le Ministre de l'Education nationale, le Gouverneur et les hautes autorités de l'Ile d'Anjouan, des délégations venus de toutes les régions de l'Ile ainsi que la population de la localité et de la région de Bandrani.

Dans son discours, le Chef de l'Etat a déclaré que « les fleurs, les chants et les applaudissements étaient aujourd'hui mérités car ils saluaient non pas les déclarations lors d'une simple réunion politique mais la concrétisation d'un projet de développement ».

Après avoir chaleureusement remercié tous les habitants de Boungoueni pour leur accueil, le Président de la République s'est réjoui de l'inauguration « de ces bâtiments destinés à la formation du jeune comorien ». Pour lui, l'éducation des enfants constitue la grande richesse du pays. Citant l'Imam Chafii, il a déclaré : « Que celui qui préfère la vie ici-bas, s'instruire ; que celui qui préfère la vie dans l'au-delà, s'instruise et que celui qui préfère les deux s'instruise. »

Il a également rappelé que le Musulman est celui qui, sans oublier sa part dans la vie en ce bas-monde, prie pour que le Seigneur lui donne le meilleur dans ce monde et lui réserve le meilleur dans l'au-delà.

Soulignant qu'il est un devoir pour le croyant de s'instruire, il a déclaré qu'il ne convient pas au Musulman de rester analphabète ou illettré, quel que soit son age. Il a déploré le fait que dans notre pays, il y ait des domaines où on ne trouve aucune compétence en prenant l'exemple de la construction en milieu marin.

S'adressant en particulier aux habitants de Boungoueni et de la région, il a fait remarquer que « l'école qui va s'ouvrir est une école à nulle autre pareille ni à Moroni, ni à Mutsamudu, ni à Fomboni si l'on prend en compte non seulement la qualité des matériaux et le style de la construction mais également le mobilier et les autres équipements ».

C'est pourquoi il a insisté sur la nécessité de faire en sorte que les enfants qui y seront accueillis reçoivent la meilleure éducation et fournissent les meilleurs résultats : « Il se peut qu'un futur Président des Comores sorte de cette école »

Abordant la question de la grève des enseignants, le Président de la République qui a admis que c'est leur droit, a dit comprendre leurs revendications car « ils ne sont pas comme ces enseignants anonymes qui nous appris le Coran, dans le seul but de plaire à Dieu ».

Toutefois, il a ajouté qu'il serait heureux le jour où les enseignants feraient grève avec pour motif non pas seulement leurs salaires mais également les moyens et les conditions de travail. « Combien de jours et d'heures de grève ont été pourtant payés ? S'est-il interrogé. « Ne pénalisez pas les enfants et songez à ces 10% à peine, de réussite au Bac, dont la responsabilité est certes partagé par gouvernants et les parents mais aussi et surtout par les enseignants.

Le Chef de l'Etat a appelé les enseignants à avoir un cœur généreux envers les enfants, rappelant aux grévistes que chaque fois que cela est possible, l'Etat paie toujours leurs salaires à ses agents.

Revenant à l'inauguration, le Président SAMBI a déclaré qu'en même temps qu'il se réjouissait d'une réalisation comme cette école, il était également triste de voir que les Comores ne parviennent toujours pas à assurer l'investissement dans leurs infrastructures de base : « Jusqu'à quand continuerons-nous à réclamer des aides ? » a-t-il insisté avant d'ajouter qu'il s'est senti heureux en apprenant que les bâtiments de la Douanes, récemment inaugurés à Mwali ont été financés sur fonds propres.

« Certes, notre pays est pauvre, a ajouté le Chef de l'Etat. Toutefois, la mauvaise gestion y a sa part aussi »

Le Président de la République a félicité à nouveau les habitants de Boungoueni qui, en même temps que l'ouverture du complexe scolaire, ont vu l'électrification de leur localité. En déclarant que « l'électricité pour un pays, équivaut au sang pour le cœur humain », il a souhaité que bientôt, il n'y ait aucun village sans courant électrique sur l'ensemble du territoire national.

Avant de conclure, le Chef de l'Etat a expliqué que les différents projets qui se concrétisent aujourd'hui dans le pays, sont les résultats de ces déplacements à l'étranger et de la confiance retrouvée des bailleurs de fonds vis-à-vis du pays. Il a appelant les comoriens, notamment les hommes politique à privilégier les intérêts du pays au lieu de leurs intérêts particuliers.

Enfin, le Président de l'Union des Comores a défini « l'enfant dont notre pays a besoin » : il s'agit d'un enfant musulman, instruit et patriote.

Pour conclure il a appelé les parents à envoyer tous les enfants, filles et garçons, à l'école : « les faire travailler si jeunes dans les champs au détriment de leur scolarisation constitue une transgression et un acte illicite ».

La cérémonie s'est terminé par la coupure du ruban et la visite des bâtiments flambant neufs de l'Ecole de l'Amitié Chine-Comores »

L'intervention du Chef de l'Etat a été précédé de nombreux discours : celui du Vice-président du Conseil de l'île de Ndzouani, celui de M. Said Abadallah Ali dit Mitalé suivi du discours de l'Ambassadeur de Chine, vêtu d'une tenue traditionnelle comorienne (un Djouba, une longue écharpe dorée et un coufieh anjouanais) offert en cadeau par les habitant de Boungoueni.

Source: Beit-Salam
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CONFERENCE NATIONALE POUR L'ALTERNANCE EN MAI 2010

30 Janvier 2010 , Rédigé par aimons les comores

CONFERENCE NATIONALE POUR L'ALTERNANCE EN MAI 2010
COMMUNIQUE DE LA CONFERENCE NATIONALE POUR L’ALTERNANCE EN MAI 2010

A l’initiative des partis politiques du pays regroupés au sein de « La Convergence Nationale pour mai 2010 » une Conférence Nationale pour une alternance démocratique en mai 2010 a eu lieu le samedi 23 janvier au Foyer des Femmes à Moroni et le dimanche 24 janvier à l’Hôtel « Le Moroni ».

La Conférence a vu la participation de plus de 3500 personnes : des personnalités politiques de divers horizons venues des différentes régions du pays (Mwali, Ndzuwani et Ngazidja), des élus, des Chefs religieux, des notables, des cadres politiques et techniques, des personnalités féminines et masculines de la société civile, des personnalités du monde des affaires, des étudiants et élèves et des anonymes venus participer à l’évènement.

Invités à prendre part à la Conférence, y compris à prendre la parole, le Chef de l’Etat et son gouvernement, les Exécutifs des Iles Autonomes de Mwali et Ndzuwani n’ont donné aucune suite. Seul le Chef de l’Exécutif de Ngazidja a bien voulu y prendre part.

Les travaux de la Conférence qui ont duré toute la journée du samedi et la matinée du dimanche ont permis de :

Ø Mesurer les enjeux politique, institutionnel, économique, social et religieux ;

Ø Les actions à développer pour faire respecter l’alternance démocratique en mai 2010.

Il s’en est dégagé un constat alarmant et un certain nombre de messages parmi lesquels :

1. Depuis l’avènement du régime du Président Sambi en mai 2006 le pays a enregistré un recul énorme en matière de gouvernance politique, économique, financière et sociale. Pour la première fois dans le pays les ingrédients de conflits à caractère religieux apparaissent progressivement et de façon inquiétante ;

2. Les bricolages sur la Constitution et sur les institutions pour convenance personnelle déstabilisent le pays et précarisent les initiatives en faveur du développement ;

3. Une résurgence du séparatisme à Mwali est probable si la Tournante n’a pas lieu en mai 2010 ;

4. La déstabilisation de la nation comorienne aura pour conséquence inévitable d’accélérer le processus de paupérisation de la population et l’accroissement des inégalités sociales ;

5. En empêchant la Tournante de se faire dans la périodicité prévue par la Constitution le Président Sambi crée des dysfonctionnements et provoque la fragilisation de la jeune démocratie comorienne ;

6. En agissant contrairement aux accords de Fomboni et à la Constitution du pays, et ce faisant, en créant les conditions d’une nouvelle instabilité politique, institutionnelle et sociale, le Président Sambi prend le risque de provoquer, d’une part, la défiance de la Communauté internationale qui accompagne le processus de notre réconciliation nationale et, d’autre part, la réticence des partenaires internationaux du développement dans notre pays ;

7. Aucune lecture sérieuse de la Constitution ne permet de prolonger le mandat du Chef de l’Etat actuel sous prétexte d’harmonisation du calendrier des élections ;

8. Les agissements de certains partenaires extérieurs nouvellement installés dans le pays font le lit de conflits à caractère religieux jusqu’ici inconnus des comoriens. A cet égard, le Président Sambi en assume une lourde responsabilité ;

9. La Conférence a pris connaissance des inquiétudes qui hantent en ce moment les élèves, les étudiants et les parents d’élèves en ce qui concerne le mouvement de grève qui paralyse le système éducatif. A cet égard la Conférence exprime toute sa solidarité et invite les autorités gouvernementales à trouver rapidement une solution à la crise.

Par ailleurs, la Conférence a été choquée par les récentes déclarations du Président Sarkozy lors de son passage à Mayotte où il a réaffirmé l’occupation illégale de cette île comorienne. La conférence demande un suivi déterminé du dossier à l’ONU.

La Conférence a terminé ses travaux en lançant un appel solennel à la mobilisation des forces vives du pays pour faire respecter l’échéance de mai 2010. Et pour leur part les partis de « La Convergence pour mai 2010 » et les organisations de la société civile qui y ont pris part réaffirment leur détermination à y parvenir.



Partis politiques



ANC – CHUMA – CRC – DJAWABU – DUDJA – FAR – FD – MCJP – MCUD – MDA– MOUROUA – MPT – MSADA – PARI – PCCP – RDC – RDP – RIDJA - RND Renv – RPC – SNEPEC – UDZIMA-FPC



Organisations de la société civile



Communauté mohélienne de Ngazidja – RNFD – SNIC – SNAC – SNPC National – SNPC Ngazidja – ULEMAS – UOERST – WANGAZIDJA - AMM-COLLECTIF POUR LA DEMOCRATIE AUX COMORES ( CDAC )
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LETTRE OUVERTE A MESDAMES ET MESSIEURS LES DEPUTES DE L'UNION DES COMORES

30 Janvier 2010 , Rédigé par aimons les comores

LETTRE OUVERTE A MESDAMES ET MESSIEURS LES DEPUTES DE L'UNION DES COMORES

Mesdames et Messieurs les députés de l’Union des Comores,
Mesdames et Messieurs les conseillers des îles
Mesdames, Messieurs,


A partir de Janvier 2010, date d’investiture de la nouvelle assemblée nationale, jusqu’à Avril 2014, terme prévu de votre législature, vous êtes dépositaires de la légitimité démocratique. Parce que, vous êtes à ce titre comptables devant les citoyens de votre action législative et de contrôle du gouvernement, vous êtes tenus d’entendre et de faire entendre les desideratas et les cris de détresse du peuple qui vous a investi de sa confiance. Il m’apparait donc tout à fait naturel que les ressortissants Comoriens, où qu’il se trouvent, se tournent vers vous. Permettez-moi donc, Mesdames et Messieurs, d’attirer tout particulièrement votre honorable attention sur les dégâts nestimables et les effets dévastateurs que pourrait occasionner la concrétisation de l’idée du président A.A. Sambi de prolonger indûment son mandat, au mépris des principes et règles constitutionnels fondateurs de la tournante.

Un tel projet porterait non seulement atteinte à notre légalité constitutionnelle mais constituerait aussi une grave menace pour la cohésion et la stabilité d’une nation qui porte encore les stigmates du séparatisme Anjouanais. Le président Sambi devrait comprendre que le moment est venu de faire taire les divisions entre les îles pour se consacrer au développement et relever les défis de la pauvreté et de la bonne gouvernance qu‘il a été incapable de relever. Il ne sied quand même pas à un chef d’Etat de provoquer au nom de ses intérêts et privilèges personnels une partie de la population à la révolte ou une île à l’irrédentisme. Voudrait-il franchement qu’après lui et son piteux mandat, il n’y ait pas une vie dans notre pays?

Mesdames et Messieurs,

Il serait injuste que malgré le rôle de premier plan qu’elle a joué dans la gestion et le règlement de la crise séparatiste, l’île de Mohéli devienne le dindon d’une farce qu’on dirait inspirée par la partie de poker menteur que joue actuellement la République d’Iran face à la communauté internationale. Non, Mesdames et Messieurs les députés, Mohéli a aussi un droit inaliénable de donner l’un des siens à la tête du pays, au même titre que les îles d’Anjouan et de la Grande Comore, dans le respect de la présidence tournante. Le projet de prolongation du mandat présidentiel en cours constitue un test grandeur nature permettant d’apprécier la liberté et l’indépendance de l’assemblée nationale et des conseils des îles à l’égard du Président Sambi. C’est pour les élus de la majorité l’occasion de démentir si tôt et si haut la sale réputation que les conditions douteuses de leur élection ont faite à leurs nouvelles assemblées et à leurs propres personnalités, en prouvant que ces institutions parlementaires ne sont pas des chambres d’enregistrement et qu’ils ne sont pas eux-mêmes des béni-oui-oui.

Opposer une fin de non-recevoir à une initiative aussi abracadabrante est chose aisée et ne demande pas de forcer l’analyse en faisant des spéculations théoriques, tant le bien-fondé d’un allongement du mandat en cours est impossible à établir au regard des textes. C’est en effet peu dire que les arguments ponctuels ou généraux que voudraient
faire valoir les collaborateurs et autres courtisans du président à l’appui de son ambition sont construits sur du vide et ne sont pas convaincants.


D’abord, l’article 13 alinéa1 modifié (art.8 du projet de révision ) qui fixe le mandat présidentiel à cinq ans ne peut pas avoir d’effet rétroactif. Il serait bien entendu absurde de prétendre l’appliquer à un mandat qui court depuis presque déjà quatre ans et dont on est à trois mois de la fin. En vertu du principe de non-rétroactivité de la loi,
qui est un principe général de droit commun aux nations civilisées, l’article 8 ne peut prendre effet qu’à compter de Mai 2010, point de départ de la prochaine tournante.


Ensuite, force est de reconnaître qu’il n’est ni dans la lettre ni dans l’esprit de l’article 21 du titre X relatif aux dispositions transitoires, ou de la constitution dans son ensemble, de proroger le mandat présidentiel en cours. Motivée seulement par la nécessité d’une harmonisation des élections des exécutifs de l’union et des îles, l’habilitation donnée au congrès n’a pour objet que la fixation de la date desdites élections. Autant l’article 21 permet au congrès de différer si nécessaire les élections présidentielles aux fins de leur organisation à la même date que celles des gouverneurs, autant l’arrivée à échéance du mandat du Président Sambi entraîne trois conséquences majeures qui interfèrent dans les modalités d’application de cet article 21:


Premièrement, le report de l’élection présidentielle ne signifie pas prolongation du mandat du président Sambi. Il ouvrira plutôt une période intérimaire à compter du 20 Mai 2010, date de son expiration. Il est de règle dans les cas de vacance, d’empêchement définitif ou de démission du Président(art.14 de la constitution) et des gouverneurs( art.7-2 de la constitution) que l’intérim ne peut durer que quarante cinq(45) jours. Ce délai raisonnable qui me conduit à fixer le terme de l’intérim au 4 Juillet 2010, permet de s’assurer de l’organisation matérielle des opérations
électorales.


Deuxièmement, la constitution restant muette sur le choix du président par intérim, le congrès est placé devant une alternative: Soit laisser le titulaire actuel du poste assurer l’intérim, soit désigner un remplaçant parmi l’une des hautes personnalités de l’Etat.

Troisièmement, l’intérimaire quel qu’il soit n’étant pas un président de plein exercice, ses compétences sont en principe et par tradition réduites à l’expédition des affaires courantes, y compris la direction diligente des préparatifs électoraux.

Mesdames et Messieurs,

Ironie de l’histoire, la loi référendaire de juin 2009 dont on sait que l’unique motivation était la constitution d’artifices dilatoires et superfétatoires pour se maintenir au pouvoir, ne laisse aucune marge de manoeuvre juridique au président pour proroger son mandat. Il devra à la rigueur prendre congé de « Beit-Salam » au plus tard le 4 juillet 2010, en cas d’intérim. Le travail titanesque et coûteux entrepris par le président et ses thuriféraires, depuis le référendum constitutionnel jusqu’aux dernières élections législatives et des conseils des îles, c‘est donc peine perdue, la montagne n’ayant accouché que d’une souris. De cette analyse, vous pouvez tirer, Mesdames et Messieurs une volonté de résistance pour faire face à la tentation d’un président qui a pris goût aux honneurs et n’aime guère y renoncer, malgré un échec cuisant incomparable sur toute la ligne. Vous y puiserez aussi des arguments juridiques permettant de casser ses prétentions despotiques dignes d’un « hadjotelislam» chiite.


Vous n’avez plus rien à craindre pour votre existence, le président n’ayant pas le pouvoir constitutionnel de dissoudre l’assemblée nationale en cette première année de législature. Dès lors qu’A.A.Sambi n’est pas onstitutionnellement autorisé à jouer les prolongations, votre intérêt est de l’amener à jeter l’éponge en organisant les élections à la date initialement prévue ou,au plus tard le 4 juillet 2010, en cas d’intérim.

Si, au contraire, la majorité persistait dans sa volonté de passer en force, il y aurait péril en la demeure. Elle prendrait solidairement avec le président A. Sambi la lourde responsabilité de plonger le pays dans un vide juridique et une crise politique propices à tous les dangers. En passant outre toutes les interdictions, elle dministrerait surtout la preuve de son immaturité politique et justifierait le refus de l’opinion d’accorder aux députés et conseillers de la génération Sambi le bénéfice du doute, eu égard aux moyens excessivement illégaux utilisés pour les faire élire à n’importe quel prix.

A mon sens, un tel contexte justifierait tout acte de désobéissance civile émanant du peuple ou des pouvoirs publics. Après tout, face à un coup d’état constitutionnel, nul ne serait tenu d’obéir à un ordre manifestement illégal venant d’une autorité illégitime. Au contraire, la communauté internationale devrait, à titre de garant
crédible de la réconciliation nationale, aider les forces légalistes à restaurer à tout prix l’ordre républicain en mettant Sambi et sa majorité putchiste hors d’état de nuire, tout comme elle l’avait déjà fait avec succès contre le gouvernement de fait de Mohamed Bacar dans l‘île d‘Anjouan.

Gardez bien à l’esprit, Mesdames et Messieurs les députés et conseillers des îles, que dans l’esprit de notre constitution et sa logique fédérale, les élus de Mohéli ont la faculté de se constituer en minorité de blocage susceptible de paralyser le fonctionnement de l’assemblée nationale, du congrès et, par ricochet , des pouvoirs
publics dans leur ensemble. Ils peuvent aussi, nonobstant les sanctions judiciaires dont-ils seraient passibles à titre de fauteurs de troubles ou de haute trahison demander l’invalidation de ce qu’il convient d’appeler la loi de la discorde.

Rappelez-vous cette expression de Tocqueville évoquant dans son ouvrage « De la démocratie en Amérique», le « règne tranquille de la majorité». Croyez-vous sincèrement qu’on puisse instaurer l’ordre et maintenir la paix civile dans un pays où la majorité ne daigne pas respecter les droits des minorités, et à plus forte raison, les droits de toute une île, si petite soit-elle? Cette loi du plus fort que A.A.Sambi donne la fâcheuse impression de confondre avec la loi de la majorité, est pourtant devenue le thème de prédilection de ses derniers discours. Quelle drôle de conception a le président Sambi de la démocratie! Certains se souviendront peut-être du mot prémonitoire du doyen du barreau, Me Ali Abdou El Aniou qui, à l’occasion d’une audience à la cour constitutionnelle, saisie d’une requête aux fins d’une annulation du projet de révision constitutionnelle, mettait déjà en garde contre « le chaos » dans lequel la nouvelle constitution allait jeter le pays. A bon entendeur Salut.


Vous remerciant de l’attention que vous voudrez bien porter à cette lettre, je vous prie de croire, Mesdames et Messieurs les députés, en l’assurance de ma haute considération.

Paris, le 28 Janvier 2010

Youssouf Boina

Diplômé de droit public: univ. de Paris 1-Sorbonne (1993)
Diplômé de sciences politiques: univ. de de Paris 11 (1992)
Conseiller juridique - Cour constitutionnelle (2007-09)
Secrétaire général - Ministère des transports (1998-99)
Secrétaire général - Ministère de l’ équipement (1997-98)
Directeur général de la francophonie (1996-janv.97)
Conseiller juridique - Présidence (1995-96)

Koimbani Oichili Comores
ridja.centerblog.net
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commentaire d'un visiteur anonyme

29 Janvier 2010 , Rédigé par aimons les comores

Anonyme le 28/01/2010
SCOOP!

L'ancien président Azali Assoumani est arrivé hier à Moroni par le vol Air Austral. Son périple, qui l'a conduit dans les pays amis de la région et en Europe s'est achevé à Paris. Selon ses proches, le colonel président aurait reçu des assurances de la part de la communauté internationale pour le règlement de la crise institutionnelle qui surviendrait si le congrès venait à fixer une date qui dépasserait le 26 mai 2010.

Il semblerait que l'on s'achemine vers une hypothèse d’un gouvernement de transition d'un an où ni Sambi, si ses deux vice président ne peuvent diriger, mais qui sera quand même dirigé par un membre de la mouvance présidentielle.

Si cette hypothèse semble plausible, le dialogue national préconisé par l’ex-président Azali pourrait voir le jour dès l’annonce par le congrès de la date des élections. La communauté Internationale n’entend pas qu’il y est une énième crise aux Comores, notamment l’Union Africaine qui a sacré 2010 comme l’année de la paix et de la sécurité en Afrique.

Il conviendrait à la majorité présidentielle de se mettre d’accord sur la personne qui sera chargé de diriger cette transition, sachant que l’actuel président de l’assemblée aurait tous les atouts pour occuper ce poste de part son positionnement au sein des institutions du pays.

Mais connaissant les intentions des anjouanais, ce poste serait dévolu à un Anjouanais et de Mutsamudu de surcroit, l’avenir nous dira.
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