Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Comores: la CRC critique la politique du Pdt Ikililou!

10 Janvier 2013 , Rédigé par Aimons les Comores

 

Un regard assez sévère de la gestion du pouvoir

 

Entouré de l’équipe dirigeante du parti de la Convention pour le renouveau des Comores (Crc), Houmed Msaidié, secrétaire général fraichement réélu, a dressé un bilan assez sévère d’un an et demi du pouvoir du président Ikililou Dhoinine.



Si le puissant Sg, reconnait que “le président s’en tient toujours à ses objectifs de lutte contre la pauvreté et la corruption”, Houmed Msaidié constate que “la réalité est tout autre”, prenant l’exemple de “ses deux vice-présidents qui se déchirent sur des contrats douteux“, et démontrant également que “l’ensemble de l’équipe au pouvoir se trouve trop éloignée des préoccupations du Rais”.

La Crc attire l’attention du fait que si “un de ses membres a été nommé à la commission anti-corruption et l’un de ses éminents dirigeants, en l’occurrence Hamadi Madi Boléro, occupe le poste de directeur de cabinet du président, cela n’enlève pas le rôle d’opposition constructive et positive que joue le parti”.

Houmed Msaidié “félicite” les efforts consentis par le gouvernement pour atteindre le point d’achèvement et pense, comme beaucoup d’autres, qu’un nouveau départ est possible aujourd’hui. Il attire l’attention sur “les faiblesses manifestées du gouvernement incapable, selon lui, d’attirer les fonds mobilisés lors de la conférence de Maurice et plus particulièrement les fonds promis par la conférence de Doha“.

Le Sg de la Crc dénonce le fait que “des investissements importants, comme les infrastructures routières, retardent ou ont été carrément rejetés par la suite en raison des coûts élevés présentés par le gouvernement“. Il estime que “le gouvernement ne peut continuer à jubiler sur l’admission des Comores à l’Ippte, pendant que près de la moitié des Comoriens peinent à subvenir à leurs besoins élémentaires, de nourriture, de soins de santé, d’éducation ou de logements décents”.

En dix ans, prévient-il, “les prix ne cessent d’augmenter, multipliés par deux depuis 2006, accentuant la pauvreté au lieu de la réduire”. Houmed Msaidié rappelle, à ce propos, “la lettre adressée aux Comoriens et aux autorités nationales par le Fmi et Banque mondiale qui attirent l’attention sur les vulnérabilités du pays”.

Selon lui, les décisions prises à la vie chère ont été “d’ordre théâtral”. Contrairement aux engagements pris, la Crc pense que “les dossiers scandaleux continuent de proliférer, classés sans suite par la justice, et la corruption et les détournements sont tolérés”, dénonçant au passage “une justice qui effraie les investisseurs et devient un cauchemar pour les citoyens”.

La Crc, met l’accent sur “la descente aux enfers du système éducatif mais aussi sur les faiblesses structurelles de l’université“, dénonce “les recrutements fantaisistes“, mais aussi “l’indifférence des autorités” qui, de son avis, “ne prennent pas à cœur le projet université”. Même s’il reconnait la qualité de certaines écoles privées, Houmed Msaidié pointe du doigt “la prolifération des écoles privés sans aucun contrôle, la gestion hasardeuse des bourses”.

Il interpelle les autorités sur les structures de santé de base, presque inexistantes, mais aussi sur les évacuations sanitaires de plus en plus fréquentes, qui démontrent l’agonie de la santé aux Comores. Le Sg de la Crc parle aussi “des coûts insupportables des médicaments, des prestations excessives dans les hôpitaux“. Même ton et même critique sévère sur “la gestion des établissements publics qui continuent à s’enliser”.

Sur le chômage, la Crc pense que “le taux ne cesse d’augmenter des 18 à 35 ans”, estimant qu’en deux ans, il n’y a pas d’emplois crées: “aucune mesure annoncée pour soutenir le secteur privé“, expliquant au passage, que les écoles professionnelles capables de fournir une main d’oeuvre de qualité, “tardent à être mises en place”.

S’il félicite le président d’avoir permis les fonds de la citoyenneté de transiter par la Banque centrale, Houmed Msaidié pense que “ces fonds doivent être budgétisés, et non pas être laissés à la seule discrétion du président et de son vice-président des Finances”. La conférence de la Crc, a été un signal fort envoyé aux autorités. La présence d’un des leurs aux plus hautes fonctions de l’Etat, ne signifie pas un blanc-seing donné au gouvernement.



Ahmed Ali Amir - Alwatwan

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article