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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

COMORES : La liberté de conscience est remise en cause

12 Janvier 2013 , Rédigé par Aimons les Comores

COMORES : La liberté de conscience est remise en cause

COMORES : La liberté de conscience est remise en cause Le Président de l'Union des Comores, Dr Ikililou Dhoinine, vient de promulguer ce 8 janvier 2013, une loi datant du 24 juin 2008 adoptée par la précédente législature, mais jamais promulguée par son prédécesseur, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi.  Cette loi porte sur la règlementation générale des pratiques religieuses en Union des Comores. Elle dispose qu'en matière des pratiques religieuses, la doctrine Ahli Sunnat wal Djamanna sous couvert du rite (Madhhab) Al Chafyin est la référence religieuse officielle en Union des Comores et dans les mosquées, les Imams sont tenus de s'y conformer. Cette loi interdit ainsi toute campagne et/ou propagande, pratique religieuses ou coutumière non conformes à cette doctrine. La pratique autre que la doctrine officielle porterait atteinte selon cette loi à la cohésion nationale et elle sera sanctionnée par un emprisonnement de cinq mois à un an et d'une amende de 100 000 Fc à 500 000 Fc. Cette loi autorise les pratiques religieuses telles que le Maoulid, le Dhikr, le Haouli, le Hitma, le jeune du 27 radjab, le Tahlil  etc...car elles contribueraient à consolider la foi et la cohésion sociale aux Comores.
 
Cette loi, concoctée et soutenue par des notables constitue un grave recul des libertés publiques et religieuses dans ce pays, des libertés pourtant garanties par les conventions internationales ratifiées par les Comores.  L'article 18 de  la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948 citée dans le préambule de la constitution comorienne stipule que «toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion seule ou en communauté, tant en public qu'en privé».
 
La richesse de ce pays a toujours été sa tolérance religieuse et le respect des autres religions. Les pratiques religieuses des autres composantes de la population comorienne ont toujours été tolérées. Les comoriens d'origine indienne, musulmans ont toujours pratiqué leur foi avec  leurs rites. Certains sont chiites et fêtent le jour la ide en décalage avec la majorité de la population. La minorité chrétienne de ce pays, dont faisait partie feu Me Jean Bernard Toinette a toujours vécu dans tranquillité avec la majorité musulmane de la population comorienne. D'ailleurs à la mort de Me Toinette, ces sont des centaines de comoriens musulmans qui ont participé à sa prière mortuaire à l'église de Moroni et ont accompagné le corps jusqu'à son enterrement au cimetière familial de Mitsamihouli.
 
Le retour aux Comores dans les années 80 et 90 des centaines d'étudiants comoriens wahhabites formés en Arabie Saoudites et qui avaient violemment contesté et critiqué les pratiques religieuses citées dans cette loi, n'ont jamais pu arrêter nos Maoulids, nos Dhikrs, nos Haoulis, nos Hitmas, notre jeune du 27  du mois de radjab ( Miradj/swahamweja) et nos Tahlils, en dépit de l'obtention de financement conséquent des ONGs saoudiennes qui ont soutenu leurs actions. C'est un faux problème de vouloir faire croire aux comoriens que la religion musulmane telle qu'elle est pratiquée aux Comores est menacée par d'autres religions ou le shiisme.
 
Promulguer une telle loi, c'est mettre le pays en porte à faux avec les autres pays musulmans qui ne partagent pas nos pratiques religieuses, la communauté internationale qui a les yeux de plus en plus rivés sur les libertés publiques et de conscience dans les pays musulmans et les conventions internationales ratifiées par le pays.


Source (sans la photo) : comoresdroit

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