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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Général Salimou: 23 février aux Dokcs - DOSSIER

24 Février 2013 , Rédigé par Aimons les Comores

 

Les Docks des Suds a accueilli plus de 1500 personnes ce 23 février en l'honneur du Général Salimou

 

Général Salimou: 23 février aux Dokcs - DOSSIER
Mot de bienvenu de Mlle la Conseillère Municipale SAID Elisabeth
 
 
Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,
C'est un honneur pour moi de  me présenter  devant vous aujourd'hui  au nom d'une élue de la république française d'origine comorienne, pour vous souhaiter la bienvenue dans ma ville natale de Marseille pour celles et ceux qui viennent d'autres villes et bienvenu à tous les  participants dans cette auguste cérémonie aux Docks des Sud.
Qu'il me soit permis  de manifester  ce jour, la fierté de mes origines  et remercier à l'occasion mes parents et toute la communauté Comorienne pour avoir contribuer à  devenir ce que je suis. Mes origines telles des racines, m'inspirent beaucoup et me donnent toute la force  qui est  la  mienne pour lutter aux côtés des plus  nécessiteux et des  plus démunis.
Pour l’événement qui nous réunit, je n'ai qu'un seul mot. En vérité, je n'ai pas eu l'opportunité de connaître le Général Salimou, mais à travers les membres du Comité de Soutien et le travail formidable de mobilisation qu'ils ont fait pour défendre sa cause ; je me suis reconnu dans mon combat quotidien contre les injustices et pour les droits humains. C'était alors un honneur pour moi de soutenir ce grand homme à travers les actions menées et pouvoir contribuer à ce que justice lui soit rendue.
Honorables invités, permettez moi  donc,  de louer les efforts et toute la détermination qu'ont affiché ces hommes et ces femmes du Comité de Soutien et de leur demander de persévérer dans leur combat contre les injustices et pour les droits  aux Comores comme ici en France car aussi longtemps qu'il y aura des abus , il en faut des personnes comme elles en face pour les dénoncer et les combattre.
Sur ce, vive les Comores et vive la France.
Je vous remercie.
 

 

Discours du Comité de Soutien au Général Salimou en France, prononcé par M. Mohamed Chanfiou

 

 

Honorables invités

Mesdames et Messieurs,

Il m’échoit l’honneur de vous présenter, au nom de tous mes collègues du  comité de soutien du Général Salimou Mohamed Amiri en France, notre gratitude et celle de tous ceux qui, de près ou de loin, ont apporté leur pierre dans l’édifice et de l’élan de solidarité agissante jusqu’à la libération par la cour d’assise des Comores de notre ami et frère Salimou Mohamed Amiri.

 

Notre comité remercie très infiniment la communauté comorienne de Marseille, pour l’accueil chaleureux et la généreuse hospitalité dont elle nous gratifie.Ceci est un cadre idéal qui nous ramène aux sources de nos valeurs de solidarité, de fraternité et de paix. A cet égard, cette cérémonie se tient à un moment difficile où les Comores se cherchent, pour tenter de s’affirmer dans un monde en ébullition pendant que notre armée patauge dans ses problèmes de restructuration, en vue de répondre aux nouvelles exigences de nos partenaires.

La ville de Marseille, qui porte à travers l’hymne national français, les principales valeurs de la Commune de Paris de 1789, à savoir : la devise de la République Liberté - Egalité – Fraternité, est à notre humble avis le lieu approprié pour accueillir un tel événement. Cette ville qui, à un moment de son histoire, a abrité le poète Rouget de Lisle, auteur de la Marche des Marseillais devenue par la force des choses, l’hymne national de la France, est un symbole pour tous ceux qui sont épris de paix et de liberté.

En écrivant «  gardons nous de la tyrannie, l’étendard sanglant élevé », le Marseillais a interpellé le monde entier à ne se laisser dominer par la peur et à combattre par tous les moyens la tyrannie en vue de vivre pleinement la liberté. Elle montre que tous les citoyens sont égaux devant le devoir et les droits nationaux ; elle insiste sur l’intérêt de la fraternité, pilier essentiel de la consolidation de l’unité nationale ainsi que le rôle de l’Armée dans la sauvegarde de la sécurité, de la paix civile et de l’ordre républicain. Elle souligne l’importance de l’honneur et de la dignité des peuples et montre qu’il convient à tout un chacun de se prémunir de la tyrannie.

De cette riche expérience, le monde entier a tiré la leçon qui fait qu’aujourd’hui la démocratie est la base du développement. Mais la démocratie ne peut aller seule, elle est articulée avec les dynamiques de la justice, de la solidarité, de la liberté d’expression, de la sécurité etc… faute de quoi, elle risque de se transformer en dictature.

 

C’est bien là, le danger qui guettait notre cher pays, les Comores, au lendemain du succès militaire du débarquement sur l’île d’Anjouan. Voulant profiter de l’élan de solidarité et de l’enthousiasme populaire enregistrés par l’AND, les autorités politiques ont tenté, sans grand succès d’imposer un diktat à la Nation comorienne.

L’arrivée sur le territoire national, au mépris du droit, d’un contingent de mercenaires payés par la Libye de Kadhafi, n’avait d’autres justifications que pour soutenir leur volonté. Pourtant, ce sont bien des hommes parvenus démocratiquement au pouvoir, qui ont nourri de telles ambitions afin d’éterniser leur mandat.

Heureusement, leurs intentions n’ont pas échappé à la vigilance de l’AND sous les ordres du Général Salimou Mohamed Amir et à son état major.

Personne ici, n’est sans savoir, que l’assassinat du Lieutenant colonel Combo Ayouba, intervenu quelques temps, après que l’AND ait opposée un refus catégorique à une prolongation du mandat présidentiel, n’est pas étranger à cette initiative. De ce choix de faire porter au Général Salimou Mohamed Amir la responsabilité de la mort du Lieutenant-colonel Combo Ayouba, se justifie ainsi : il fallait supprimer de l’AND tout élément impartial, susceptible de défendre les valeurs d’une République digne de ce nom, et ceci, soit par assassinat, soit par emprisonnement ou toute autre forme.

La tentative d’assassinat de l’ancien chef d’état major de l’AND, Salimou Mohamed Amir, fut dénoncée auprès du procureur de la République, pourtant ni le gouvernement, ni le parquet n’a jugé utile d’ouvrir une enquête. Preuve s’il en était, que l’information sur cette tentative d’assassinat, était bien fondée.

C’est pourquoi notre comité n’arrêtera son action tant que les vrais coupables de l’assassinat de Combo AYOUBA, ne seront pas arrêtés et jugés pour leurs crimes et le complot contre la République et ses dignes enfants. C’est pour nous, une question de principe et de dignité. Dignité oui, car depuis le 19è siècle où l’Etat comorien, reconnu comme tel, notre dignité de comorien a été mise à rude épreuve.

 

 

La visite officielle effectuée par le sultan des îles Comores, son excellence Saïd HAMZA, sur invitation du roi de France Louis PHILIPPE, quelques temps plus tard, a été un temps fort pour les 2 pays. Depuis, les Comores couraient derrière leur dignité. Les déboires d’une armée minée par la corruption et les ambitions personnelles, se cumulaient, au gré des actions des mercenaires. Cela alla jusqu’à pousser des éléments séparatistes, à paralyser le fonctionnement régulier de l’état durant une décennie, sur l’île d’Anjouan.

Il a donc fallu qu’un officier formé dans les grandes écoles militaires françaises, de St Cyr, de Compiègne, du Lackland AFB au Texas, et bien d’autres encore, notre frère et ami, le Général Salimou Mohamed Amir, prenne ses responsabilités, encadre ses troupes pour rétablir la paix civile et l’ordre républicain sur cette l’île d’Anjouan. Ce jour là, les Comores ont respiré ; ce jour là, un espoir est donc né, car l’Armée Nationale de Développement qui, jusqu’ à ce jour-là, avait démissionné de ses responsabilités, a repris sa place dans les cœurs des Comoriens.

La réorganisation complète de l’AND, demande certes, un travail de longue haleine, tant le désastre dans son organisation, dans la discipline et dans la hiérarchie est à son comble. En voulant doter l’AND d’une philosophie patriotique et républicaine, le Général Salimou Mohamed Amiri, s’est heurté au premier abord à la volonté des politiques qui désiraient maintenir le désordre afin de continuer à gérer au mépris de la hiérarchie, une partie des militaires aux fins personnelles.

 

Mes très chers compatriotes,

Le combat que nous avons mené ensemble pour sensibiliser l’opinion nationale et internationale de notre cause pour la manifestation de la vérité dans l’assassinat du Lt Colonel Combo AYOUBA, se poursuit et doit désormais être pérenne. De même, le respect des décisions de justice par l’ensemble des dirigeants, est essentiel pour la sauvegarde des acquis et pour le respect inébranlable de la justice dans notre pays. Le Comité de soutien au général Salimou Mohamed Amir appelle à tous les hommes et à toutes les femmes épris par les notions de liberté, de justice, de paix et de solidarité, pour la mise en place d’un Observatoire Comorien des Droits Humains pour veiller et garantir les droits indéniables et les libertés fondamentales des individus.

 

Mes très chers compatriotes,

Je ne saurais terminer mon propos sans adresser à tous nos amis ici présents et à ceux qui n’ont pas pu prendre part à cette cérémonie, nos remerciements les plus sincères pour leur dévouement à la cause des Comores et qui, dans ce cas précis, n’ont ménagé aucun effort pour apporter leur contribution. Si je devais dresser une liste, elle serait très longue car Dieu merci, les Comores comptent dans ce pays et en particulier dans cette région PACA, beaucoup d’amis.

 

Vive les Comores dans son Unité et sa cohorte nationale.

Vive la France dans la diversité

Vive la Coopération Franco-comorienne.

Vive Marseille et la Région PACA.

Je vous remercie.

 

Message du Comité National de Soutien, prononcé par   M. Said MZE DAFINE

 

 

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,

J'ai eu l'insigne honneur de représenter mes frères de lutte, sur cette tribune. Permettez moi alors, tout d'abord de les remercier, pour m'avoir offert l'occasion de m'adresser encore une fois à vous  communauté franco-comorienne et à mes amis élus  et personnalités ici présents.

Ces volontaires hommes et femmes des différentes contrées des Comores qui ont donné chacun une partie de lui même et contribué à ce que nous soyons tous là aujourd'hui dans cet événement, méritent bien des éloges.

 

 

Mesdames et Messieurs,si nous sommes tous là aujourd'hui, entre nous, des gens qui se reconnaissent, qui se respectent, des personnes qui défendent les mêmes valeurs, c'est en effet pour se réjouir de l'acquittement du Général Salimou Mohamed Amiri, incarcéré deux ans durant pour être neutralisé et ainsi permettre à une caravane maléfique de traverser les Comores dans le temps.

 

 

Puisque l'occasion se présente, au nom de tous mes collègues du comité de Soutien, voire même les avocats de cette affaire, nous remercions infiniment le Général Salimou pour deux choses.

La première, c'est qu'il a été un ''détenu exemplaire''. Il nous a beaucoup aidé et facilité la tache qui était la notre de le défendre. Toujours calme et serein, il a un moral d'acier. Il se passait que dans les moments les plus désespérés, où avocats, familles et membres du Comité, étions atterrés, avec un moral à zéro par les soubresauts des autorités. Il était là, rigide, pour nous donner espoir et nous remonter le moral. Il remplissait alors ce qui devrait être notre rôle envers lui. Certes c'est par ce qu'il était sûre de son innocence et qu'il savait qu'un jour ou l'autre, justice lui sera rendue.

La deuxième, c'est que par sa dévotion à la loyauté et à l'équité, ce qui lui a d'ailleurs valu ses désagréments; le chef d'état major qu'il était avec plus de 2000 hommes sous son commandement, il a accepté avec modestie et humilité de subir seul toute supplice et ainsi préserver la paix et la stabilité aux Comores. Dites vous mesdames et messieurs que la grande partie de l'armée n'attendait que son signal pour riposter et ainsi occasionner un bain de sang. Mais patriote qu'il est, et fort de son sens du devoir, il n'a pas daigné le faire. On lui a tout enlevé: sa liberté, sa dignité, son poste, son salaire pendant plus de deux ans. Et grâce à la mobilisation de ce peuple des Comores qu'il a préservé, grâce à vous mesdames et messieurs, il est aujourd'hui parmi nous.

C'est pourquoi j'ai l'habitude de dire: «il a été détenu pour nous et il  est  libéré par nous».

 

 

Mesdames et Messieurs,

Jamais aux Comores une affaire n'a été si cruciale et si cruelle: un colonel de l'armée assassiné et un chef d'état major incarcéré dans la même lancée. Nous en avons quand même connu de si grave: des morts en prison, des avocats molestés et incarcérés, des politiques et des médecins agressés, des femmes tannées, des journalistes muselés, des magistrat humiliés, des lois et des droits piétinés...

N'est ce pas là des signes tangibles pour attirer notre attention à tous sur ce qui peut arriver à chacun de nous. Il y a parmi nous qui croient que cela n'arrivent qu'aux autres et que ça ne peut jamais leurs arriver.

Dites vous qu'il n'y a pas de plus fort que le patron des armées nationales, qui plus l'unique Général du pays; mais quand l'autorité politique a décidé de le croupir dans un trou, il l'a fait en abusant de son autorité conféré par le peuple. Ce faisant, que peut faire un simple citoyen contre un rouleau maléfique pareil. Personne n'est à l'abri d'une injustice.

Seules notre unité et notre détermination à combattre ces injustices, nous préserveront de ces abus. N'attendons pas chacun son tour la corde au cou pour crier au secours; car en ce moment là, il n' y aura aucun recours.

 

 

Mesdames et messieurs.

Le comité National de soutien au Général Salimou que je représente, réitère pour cela la demande de réparation des préjudices subis et la réintégration de M. Salimou et les autres soldats, acquittés, au sein de l'armée comorienne.

Nous demandons avec insistance à ce que les nouvelles enquêtes soient ouvertes en vue d’identifier les commanditaires et les auteurs du meurtre du lieutenant-colonel Combo. Nous disons que : «Des innocents ont assez faits les frais   dans cette affaire, il faut que les coupables payent leur crime».

Le Comité de Soutien au Général Salimou, alerté par les multiples abus et atteintes aux libertés,se veut disponible et fait sienne l'initiative de mis en place d'un Observatoire des Prisons et des Droits Humains aux Comores, afin de garantir dans notre pays les droits indéniables et les libertés fondamentales.

 

 

Je formule enfin le souhait le plus vif pour que la communauté française d’origine comorienne puissent vivre unie et solidaire, pour faire triompher les valeurs de paix, de tolérance et de solidarité, puisées de la vraie religion musulmane qui est la notre, afin d'insuffler aux Comores la paix, la stabilité et le développement.

 

Vive la Solidarité internationale.

Vive les Comores

Je vous remercie.

 

Discours prononcé par le Général SALIMOU

 

 

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,

Permettez moi de revenir sur les versets du saint Coran psalmodiés ici et qui nous disent, je cite:«Dieu vous commande en vérité, de rendre aux gens leurs dépôts, et quand vous jugez entre des gens, de juger avec équité» ; voilà qui nous plonge au cœur del’événement, nous rappelant la problématique de l’impartialité face à la justice et la force des décisions de justice.

 

Honorables invités, mesdames et messieurs,

S’il est des moments particulièrement heureux et émouvants dans ma vie, celui-ci en est un assurément. Me voici en effet libre aujourd’hui avec vous et devant vous, après deux années et quelques mois de « contrôle judiciaire surveillé », pour reprendre les termes inédits du juge Rachadi Mchangama ; deux années au cours desquelles j’ai été accusé des pires maux et des pires ignominies ; deux années pendant lesquelles des esprits malfaisants ont recouru contre moi aux mensonges les plus éhontés, aux calomnies et aux affabulations les plus grotesques du genre ; ma joie est que, durant tout ce temps, la diaspora comorienne de France n’a ménagé aucun effort pour me soutenir et dénoncer l’injustice dont je faisais l’objet ; de Paris à Marseille en passant par Lyon, Toulon et bien d’autres villes, la diaspora comorienne a parlé et agi.

Vous avez, ici même à Marseille, organisé des manifestations publiques pour dénoncer la parodie de justice qui s’acharnait contre moi ; vous avez conscientisé les autorités de ce pays, dont certains sont ici ce jour avec nous, et je les en remercie très chaleureusement, au sujet des menaces et des tortures morales de toutes sortes auxquelles j’étais soumis et du danger de mort qui planait sur ma tête telle l’épée de Damoclès; en un mot, vous vous êtes mobilisés et vous avez aussi mobilisé diplomates, intellectuels, élus, politiciens, société civile, citoyens ordinaires des Comores et de France en faveur de ma modeste personne. Et dans votre dévouement, qui est en même temps une bonne leçon de civisme, vous m’avez conforté dans l’idée qu’il ne faut jamais désespérer devant l’adversité et le mal, qu’il faut plutôt les affronter. J’ai jugé naturellement indispensable de venir vous dire de vive voix et à vous tous, c'est-à-dire à vous qui êtes là mais aussi à ceux qui n’ont pu venir ici, que vos efforts n’ont pas été vains. Soyez-en véritablement remerciés.

 

Dans ce combat pour la justice, vous, comoriens de Marseille, avez toujours joué un rôle de premier plan ; j’ai en tête, croyez moi, les souvenirs de ces jours où vous avez, à maintes occasions, par des manifestations publiques, bravé la pluie et le froid de Marseille pour me défendre et pour défendre la justice et le droit ; de la même manière, je me souviendrai toujours de vos nombreux écrits, de vos émissions radio et/ou télévisées, de vos dénonciations sur la toile mondiale, de vos nombreuses réunions de concertation ; et je n’oublierai jamais bien sûr les fortunes que vous avez dépensées, non seulement pendant la période de ma détention mais également pour la présente cérémonie ; autant de démarches et d’actions qui n’étaient pas dépourvues de risques et qui vous ont certainement privé de pas mal de votre temps et de votre liberté ; vous avez en effet compris ces mots de Lord Kagan qui disait :« il suffit que les bons hommes ne fassent rien pour que le mal triomphe ». Je n’ai bien sûr, jamais douté de votre bonté ; je dois tout de même souligner que votre engagement est allé au-delà de toute espérance, et pour tout vous dire, demon espérance.

 

Je voudrais que vous sachiez que vos actions multiples et de toutes sortes se sont avérées un bel exemple dans la conscientisation et la mobilisation des autres comoriens de France et je veux vous saluer ici et maintenant.

 

Honorables invités, mesdames et messieurs,

Je tiens à vous dire à quel point je me sens humble devant vous, pour tous vos efforts et sacrifices à mon endroit ; et en même temps je tiens à exprimer la fierté que j’éprouve envers vous, mes chers compatriotes, mes frères et sœurs, jeunes et moins jeunes.

Ma fierté est confortée par l’accueil chaleureux dont vous me gratifiez, depuis mon arrivée à la gare de Saint Charles jusqu’à la cérémonie de ce jour qui en est sans doute le couronnement. Un accueil digne de la cité phocéenne, ville cosmopolite, actuellement capitale européenne de la culture, et qui est en fête pour une année; un accueil marqué aussi par le climat clément de Marseille et la tropicalité envoutantedes iles, de nos iles.

 

Lorsque je fus libéré le 02 Novembre 2012, répondant à la question d’un journaliste, j’ai déclaré :« je me sens l’homme le plus heureux sur cette terre ». Aujourd’hui, je voudrais ajouter en ces instants solennels où je vous parle, qu’avec vous et grâce à vous,je me sens très fier d’été comorien. Je me sens fier d’être citoyen d’un pays où la solidarité et la compassion ne sont pas de vains mots, où l’hospitalité et le sens du partage sont des alliés sûrs, comme l’atteste cette grandiose cérémonie qui nous réunit ici.

Cérémonie que je dédie aussi, si vous me le permettez, à tous ceux qui, dans notre chère patrie, ont souffert de l’injustice et de l’intolérance; cérémonie qui restera à jamais gravée dans ma mémoire, car l’honneur que vous me faites ce jour me donne des raisons de vivre et d’espérer ; Cérémonie qui résume et symbolise des pages entières de notre vie, de notre culture, je devrais dire de notre Histoire ; cérémonie, enfin, à la mesure de la dignité et de la fierté comoriennes. Honorables invités, mesdames et messieurs, La victoire judiciaire que nous avons remportée le 02 Novembre 2012 est celle de tous les comoriens, en l’occurrence ceux épris de paix et de justice ; mais elle n’en est pas moins, vous le savez bien, la victoire des Comoriens de France, et sans doute aussi votre victoire, vous, Comoriens de Marseille.

 

La mobilisation massive des Comoriens autour de ma modeste personne est un acte historique ;elle est une première dans l’Histoire de notre pays et j’en suis infiniment reconnaissant. Quel grand plaisir en effet que celui d’un homme dont on disait qu’il était détruit, fini, et qui, finalement, recouvre sa liberté et sa dignité ! Il y a loin, de la vérité à la manipulation. J’ose dire que quelque chose de décisif a changé le 2 Novembre dans l’Histoire de notre société.

La justice comorienne nous a montré de réels espoirs d’indépendance et d’impartialité, nous devons la soutenir et l’encourager ; le peuple comorien a fait preuve de maturité, d’audace et d’abnégation, nous devons lui en savoir gré. Sachez mes chers compatriotes, mes amis, mes frères et sœurs, queje vous dois la vie grâce à votre mobilisation.

 

Honorables invités, mesdames et messieurs,

Lorsque j’étais chef d’état-major de l’Armée comorienne, j’ai un jour déclaré :« j’ai atteint le sommet de la montagne ; j’en descendrai certainement un jour mais je ne sais pas comment se fera la descente » ; quelques mois après ces mots prémonitoires, arriva ce que vous savez tous.

 

Mais pour moi en vérité, peu m’importe car telle est la vie : elle est faite de hauts et de bas, et les défis constituent le charme de la vie ; peu m’importe dis-je car quoi qu’il m’en coûte, je resterai toujours fidele à mes principes et idéaux, et à avoir cette tension permanente, ce besoin d’ascèse individuelle qui passe par le don de soi ; peu m’importe car j’ai fait miennes ces paroles d’un combattant américain qui disait :« vous ne pouvez jamais réaliser vos rêves ; mais n’est-ce pas déjà assez si vous donnez le meilleur de vous-mêmes et si vous sentez dans votre cœur, que cela a été fait avec noblesse ? ».J’ai donné le meilleur de moi-même pour mon pays et cela me suffit; et je continuerai, où que je me trouverai, à être à son service avec la même abnégation.

 

Il me reste un devoir de remerciements. J’ai eu l’occasion aux Comores de remercier mes avocats, le Comité de soutien aux Comores, ma région, mon village, les notables, Mwanamshe Mgazidja, les internautes, les artistes, et toutes les bonnes volontés, individuelles ou collectives, qui m’ont soutenu.

Je voudrais aujourd’hui m’appesantir sur les Comoriens de France. Je remercie d’abord les autorités de Marseille à tous les niveaux, pour nous avoir accompagnés et aidés pour cette cérémonie.

Je félicite en votre nom à tous le Comité de soutien de France pour son engagement et son exemplarité. Je remercie toute la diaspora comorienne. Quant à vous, comoriens de Marseille, comme dirait l’autre, je vous laisse tout simplement mon cœur.

Je remercie la région de Hambou pour les sacrifices particuliers qu’ils ont faits pour la réussite de cette cérémonie ; mes remerciements vont aussi à ceux de Dzahadjou Hambou, mon village.

Je les salue très fraternellement. J’ai une mention particulière pour ma famille dans son ensemble, pour mes frères, sœurs, beaux-frères, cousins et proches, et bien sûr pour ma femme, Sitina ici présente, qui a dans cette affaire, fait preuve d’un courage et d’un dévouement exemplaires.

Je n’oublie pas bien sûr les volontés françaises, ainsi que les autorités qui nous honorent de leur présence ici : pour Marseille je mentionnerai Madame la Députée Sylvie Andrieux qui n’arrêtait pas de plaider pour la tenue d’un procès rapide et équitable ; Monsieur le Député Henri Jibrayel pour son soutien au comité de soutien de France; Monsieur le Député Zeribi Karim qui appuie l’idée d’un observatoire des droits de l’homme aux Comores.

J’ai certainement oublié des personnes et je leur demande de m’en excuser. Pour le reste, laissons-le au Tout-puissant.

 

En effet, qui parmi nous sait si sa vie est déterminée par des choix ou de la chance, si ce n’est tout simplement par la Providence ?

Honorables invités, mesdames et messieurs,

Dieu seul peut vous récompenser et j’appelle pour vous et de tous mes souhaits, la descente des meilleures bénédictions divines.

Je vous redis mon admiration et ma fierté et je veux vous rendre gloire, pour votre présence ici et maintenant.

Je vous remercie

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