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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Histoire: Les rivalités franco-omanaises sur Mwali!

21 Février 2013 , Rédigé par Aimons les Comores

Les rivalités franco-omanaises sur l’ile de Mwali : Un pan de l’histoire a été ouvert pour découvrir sa richesse cachée


L’ambassadeur Hamidou Karihila a animé hier, mercredi 20 février à la salle de conférence du ministère des Relations extérieures (Mirex), une conférence-débat sur “Les rivalités franco-omanaises sur l’île de Mwali sous le règne de Djumbe Fatima“. L’ancien ambassadeur des Comores auprès du Royaume d’Arabie saoudite a ainsi ouvert tout un pan de l’histoire des Comores que beaucoup, notamment parmi l’assistance, ignorait jusque-là.

 

Karihila



L’auditoire était composé à la fois de représentants d’institutions publiques, d’universitaires, entre autres. L’intervention de Hamidou Karihila s’inscrit bien dans la programmation du Mirex d’organiser, chaque mercredi, des conférences sur des thématiques bien définies, allant de la diplomatie à l’histoire, la législation et autres sujets.

En préliminaire, le conférencier a situé l’île de Mwali avant l’installation de Ramanetaka, père de Djumbe Fatima qui prendra le nom de Abdourahman en accédant au trône de l’île sous la bénédiction de sultan Abdallah II de Ndzuwani. Selon Hamidou Karihila, depuis le 16e siècle, des familles arabes étaient déjà à la tête de la chefferie de Mwali et ce n’est qu’au 19e siècle que le gouverneur de Majunga, en disgrâce dans son pays, s’est réfugié à Ndzuwani puis installé à Mwali en 1832.

Il sera converti à l’Islam et entretiendra de bonnes relations avec les autorités omanaises dont Zanzibar a été la capitale du royaume d’Oman, à l’époque. Le conférencier a beaucoup insisté sur l’immixtion, dans la gestion de l’île, de la France dont l’installation en 1841 à Nosy-Be, l’île côtière de Madagascar, a été aussi contestée par Oman. Le sultan de Zanzibar, Sayed Saïd, s’est opposé et a sollicité à l’Angleterre de faire respecter le traité de 1839 entre Mascate et Londres.

Ainsi, le sultan de Zanzibar protestait, auprès des Anglais, contre les intrigues de la France dans ses territoires et défendait la dépendance de Mwali et Ngazidja à son autorité. Dans son exposé, Hamidou Karihila a également fait état de la régence et du règne de Djumbe Fatima, sous fond de rivalités exacerbées entre Français et Omanais, à la mort de son père. Un moment fort du récit a été quand le conférencier évoquait le choc des dignitaires de l’île lorsque la reine Djumbe Fatima, placée sous l’éducation d’une gouvernante au service de la France, subissait une transformation progressive en commençant par le mode vestimentaire.

Puis vint son mariage avec un prince omanais, Saïd Ben Mohamed Ben Nasser Alboussaidi alias Makadar. Le couple a eu trois fils, dont l’ainé succéda à sa mère quand celle-ci renonça à son trône. La France, qui n’appréciait pas la transformation de la reine en femme orientale musulmane, a multiplié ses intrigues pour chasser le prince. Le conférencier a aussi évoqué le traité d’occupation des terres par le français Lambert, dont la réaction de Zanzibar ne s’est pas faite attendre; l’abdication de Djumbe Fatima et son voyage en France via Zanzibar, mais aussi l’intronisation de Mohamed Ben Saïd, fils de Djumbe Fatima, sous la bénédiction du sultan de Zanzibar.

Mais Lambert profita des circonstances et deviendra le régent de Mwali et remplacera le pavillon rouge omanais par un drapeau mohélien. La reine reviendra aux affaires à la mort de son fils et régnera jusqu’à sa mort en 1878, à l’âge de 42 ans. A l’issu de l’exposé, le débat s’était focalisé sur la richesse cachée de l’histoire des Comores. Hamidou Karihila a prévenu qu’il n’est pas historien mais que c’est le fruit de ses recherches à connaitre les pays avec lesquels il travaillait en tant que diplomate.

Selon le diplomate, ce travail l’a amené à plus d’une fois à Zanzibar et l’ouvrage qu’il a rédigé a été multiplié par le sultanat d’Oman, après voir acquis le droit de l’auteur. Il est à rappeler que l’ambassadeur Hamidou Karihila est aussi un auteur prolixe avec sept ouvrages à son compteur.

Compte rendu de
M. Soilihi Ahmed

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