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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Mayotte, vives tensions entre villageois et clandestins

23 Février 2013 , Rédigé par Aimons les Comores

COMORES : A Mayotte, vives tensions entre villageois et clandestins

COMORES : A Mayotte, vives tensions entre villageois et clandestins
Des villageois du sud de Mayotte, qui accusent les étrangers en situation irrégulière de causer de l'insécurité, ont manifesté à plusieurs reprises cette semaine et ont expulsé de l'école des enfants de migrants, ont confirmé hier à l'AFP la préfecture et des élus.
Mardi, des habitants du village de M'Zouasia ont retiré des écoles 57 enfants de sans-papiers en grand partie originaire des îles des Comores (Anjouan, Mohéli, Grande Comores), selon Mohamed Youssouf, maire de la commune de Bouéni (extrême sud de l'île), et son adjoint Cheik Ahamed Houssene.
"Les écoles ont été ouvertes normalement vendredi pour tous les enfants mais une partie des parents immigrés n'ont pas envoyé leurs enfants en classe", a déclaré à l'AFP Jean-Pierre Frédéric, directeur du cabinet du préfet.
"Il est hors de question d'empêcher la scolarisation des enfants" quel que soit le statut de leurs parents, a martelé M. Frédéric, qui se rendra sur place ce samedi.
Le fonctionnement des écoles du village avait été perturbé par ces actions et les instituteurs avaient utilisé leur droit de retrait mercredi et jeudi.
Les habitants ont multiplié depuis le week-end dernier des manifestations à travers les rues de M'Zouasia pour exprimer leur exaspération devant la recrudescence depuis trois mois de vols, de cambriolages et d'agressions physiques attribués aux clandestins.
"La reconduite à la frontière relève de la compétence exclusive de l'Etat. Il n'est pas question que quiconque aille faire du porte-à-porte pour expulser les gens ou les désigner à la vindicte populaire", a fermement rappelé M. Frédéric.
"Plusieurs personnes ont été agressées, dont un jeune du village qui faisait son jogging et qui a été pris à partie par six personnes", ont raconté les autorités municipales à titre d'exemple.
"Des agresseurs qu'on a attrapés s'avèrent être des clandestins. C'est pourquoi les habitants ont érigé des barrages filtrants pour mobiliser le maximum d'habitants de M'Zouasia et des villages voisins de Majiméouni et Mboanatsa à participer aux manifestations", ont expliqué les autorités municipales.
Le comportement de villageois mahorais a aussi été montré du doigt : certains louent leur banga (habitation traditionnelle en torchis ou en tôle) à des migrants.
Le Réseau Education Sans Frontière à Mayotte a "regretté les nombreux cambriolages" dans la commune mais appelé les villageois à "éviter à tout prix de se faire justice eux-mêmes en stigmatisant une partie de la population"
 
Source (sans la photo) : clicanoo.re/
 
Communiqué du RESFIM
 
Le Réseau d'Education Sans Frontière Ile de Mayotte regrette les nombreux cambriolages qui ont eu lieu ces derniers jours dans la commune de Mzouazia et compatit avec les victimes de ces délits dont les auteurs devront être fermement condamnés par la justice. En attendant, les villageois doivent à tout prix éviter de faire justice eux-mêmes en stigmatisant une partie de la population et en les désignant de manière totalement arbitraire comme coupables. Il est d'autant plus grave de s'en prendre à de simples enfants qui ne peuvent en aucun cas faire les frais de réactions xénophobes punies par la loi.
Nous ne saurions accepter dans notre département que de très jeunes enfants scolarisés se fassent sortir manu militari de leurs salles de classe. Le Resfim, tout en condamnant fortement ce genre d'agissements, tient à rappeler que l'article L131-1 du Code de l'Education fait état de l'obligation de scolarisation pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, âgés de 6 à 16 ans. Il ne semble pas judicieux de lutter contre les délits en se plaçant soi même en infraction. Il est important que chacun reprenne ses esprits, soutienne les forces de l'ordre et la justice dans ses enquêtes et ce afin d'interpeller les véritables responsables.
Si nous voulons que cessent les délits sur notre île, commençons par respecter nous mêmes les lois de notre république.
Le Réseau d'Education Sans Frontières Ile de Mayotte.

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