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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Mohéli aux mains d'un inculte et dictateur sauvage!

4 Février 2013 , Rédigé par Aimons les Comores

Mohéli aux mains d'un inculte et dictateur sauvage!

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Par ARM

Les Mohéliens sont rattrapés par une réalité amère et cruelle, qu’ils ont eux-mêmes créée, en réélisant en 2010, le plus inculte, le plus violent et le plus sauvage de ses Gouverneurs, Mohamed Ali Saïd. La situation est d’autant plus grave à Mohéli, que le Gouverneur, connu pour son penchant pour la trivialité et la corruption, est aujourd’hui accusé, par la classe politique de l’île «de détournement de fonds publics, d’abus de pouvoir, d’abus de confiance, de corruption, de chantage, de favoritisme, d’arrogance, de négligence, d’insouciance, d’incompétence et de comportement antisocial». Soixante-une personnalités de l’île, aussi respectables les unes que les autres, venues de tous les horizons politiques, sociaux et villageois – on ne peut que regretter l’absence de Djoieziens sur la liste – ont adressé à Ikililou Dhoinine une lettre ouverte très sévère, mais très mesurée et objective dans laquelle elles dénoncent les comportements mafieux du tyran de village qui met l’île en coupe réglée.

Il est surtout reproché à Mohamed Ali Saïd sa «logique de gouvernance autocratique et opaque, déjà expérimentée lors de son premier mandat de Président de l’île autonome de Mwali (de 2007 à 2010) et caractérisée par une gestion chaotique et une mainmise généralisée sur l’administration et les finances publiques de Mwali, en dehors du cadre légal et au mépris des procédures idoines, se transformant systématiquement en petit despote qui foule aux pieds les droits et la dignité de ses administrés». Les politiciens mohéliens accusent également le Gouverneur de rémunérer les agents de son entreprise personnelle Modjaco et de ses magasins sur fonds publics, un délit qui aurait dû le conduire en prison dans un pays normal. En plus, en 2012, non seulement le Gouverneur n’a rien fait pour aider les Mohéliens à commercialiser leur girofle, mais en plus, il avait instauré une dîme mafieuse de 200 francs sur chaque kilogramme de ce produit à destination des autres îles, une opération mafieuse qui lui a rapporté 120 millions de francs (243.902,43 euros), une fortune à l’échelle de Mohéli. Aucun pays au monde n’applique une taxe d’«exportation interne».

Le Gouverneur a abusivement licencié 60 enseignants et «s’arroge le droit de manipuler les salaires des agents de l’État en exercice à Mwali, procédant à des ponctions et à des ajustements selon sesdesiderata, en l’absence d’acte administratif justificatif donc de manière arbitraire». Ploutocrate, rapace et kleptomane, le Gouverneur loue à l’Île sa maison et sa voiture, qu’il utilise lui-même. C’est du vol pur. Le Gouverneur est également coupable de «détention sans partage du monopole des marchés d’achat des véhicules administratifs de l’île» et «il est de notoriété publique que M. Mohamed Ali Saïd, par l’entremise de Modjaco, est l’unique fournisseur de l’administration de Mwali en fournitures de bureau, en équipements informatiques et en moyens de transport (véhicules, motos, pièces détachées et toutes sortes d’accessoires). C’est lui qui décide toujours de la commande, l’exécute, en fait la livraison et ordonne le paiement. Ainsi des cartons de papier, des ordinateurs avec accessoires, des motos avec casques, etc. sont parfois livrés à des services qui n’en ont pas besoin, et les fausses factures sont monnaie courante. Les tarifs pratiqués sont souvent fantaisistes car exorbitants lorsque Modjaco est en position de monopole, mais parfois artificiellement trop bas quand rarement il y a de la concurrence, et naturellement personne n’est en mesure de vérifier si les quantités livrées correspondent à celles qui sont facturées».

S’en ajoutent les voyages liés à son commerce personnel effectués à Dubaï, mais financés sur fonds publics et assortis d’indemnités de déplacement à l’étranger, son refus de s’acquitter d’impôts et taxes pour son commerce personnel, les manipulations éhontées des marchés publics, qu’il s’attribue – c’est un secret de Polichinelle –, sa mainmise sur le carburant de l’île, son refus de payer les factures d’électricité relatives à ses activités commerciales, la corruption dans les concours et examens, son rejet de la Commission insulaire de Lutte contre la Corruption, sa dictature malsaine sur les médias insulaires, et le fait que «M. Mohamed Ali Saïd s’emploie à introduire dans l’île une sorte d’apartheid politique en semant la division entre localités et quartiers et au sein de la société en interdisant par exemple à ses partisans de côtoyer des citoyens taxés d’opposants».

Mohamed Ali Saïd est également accusé de s’être approprié illégalement, à Wanani, le terrain de Dominique Laurette, et d’y avoir organisé la cueillette du girofle sous la menace de la soldatesque, sans que son ami Ikililou Dhoinine, chef des Armées, lui aussi grand brasseur d’affaires foncières douteuses, ne pipe mot. Complicité. Plus grave encore, «cent cinquante à deux cent millions de francs seraient attribués à l’exécutif de Mwali par le gouvernement de l’Union, vraisemblablement en tant que quote-part de l’île dans le cadre des recettes à partager, selon le Commissaire aux Finances de l’île. Cet argent destiné, paraît-il, à réaliser des actions de développement, est utilisé avec tellement d’opacité, de cynisme et de fantaisie que les Mohéliens, pourtant bénéficiaires supposés dudit développement, n’y voient qu’une généreuse contribution supplémentaire des autorités nationales à l’enrichissement personnel illicite de M. Mohamed Ali Saïd». En plus, au lieu de travailler pour l’île, le satrape dirige ses entreprises personnelles, pourchassant et malmenant illégalement ses concurrents.

Le Mobutu Sese Seko de Mohéli est également accusé, mais en filigrane, d’être un soudard: «Par pudeur, nous nous abstenons d’évoquer certains reproches largement répandus et attribués au Premier Magistrat de Mwali», reproches en relation directe avec son goût pour les coucheries consenties ou forcées avec les femmes des autres, qui ont forcément mauvais goût en cas de consentement. Et comme si cela ne suffisait pas, on apprend que «dans son comportement au quotidien, M. Mohamed Ali Saïd combat irrégulièrement les commerçants et les entrepreneurs de Mwali, méprise la classe politique, déteste les cadres et les intellectuels et fait tout pour dénigrer les personnes et les familles respectables».

Tout ce qui est écrit dans cette admirable lettre ouverte est vrai. Mais, c’est uniquement par désespoir que la classe politique mohélienne s’adresse à Ikililou Dhoinine, qui couvre son complice, et qui ne peut rien faire contre ce dernier, qui peut se cacher derrière son petit doigt en invoquant l’autonomie des Îles, inscrite sur la Constitution. En même temps, les Mohéliens devront s’interroger sur leur haine, qui les conduit toujours à élire ce qu’il y a de pire au sein de leur société. Mohamed Ali Saïd fait partie de ce pire, et 2010 a été une année horrible.

En 2007, quand Mohamed Ali Saïd et Mohamed Saïd Fazul s’étaient retrouvés au deuxième tour de l’élection du Président de l’Île, les Mohéliens avaient dit devoir choisir entre «le sida et le choléra». Mais, pourquoi les Mohéliens ont-ils réélu le «sida», alors qu’ils auraient pu élire un candidat convenable sur le plan corporel, vestimentaire et en matière de gouvernance? À Mohéli, tout le monde sait que Mohamed Ali Saïd est un homme vulgaire, sauvage, mais il s’est trouvé des politiciens mohéliens – dont son ancien rival, Mohamed Saïd Fazul, signataire de la lettre ouverte – pour soutenir sa candidature. Lors de la campagne électorale de 2010, Ikililou Dhoinine et son équipe n’étaient pas en reste, eux qui soutenaient en même temps Mohamed Ali Saïd et son challenger Saïd-Ali Hilali, ce dernier étant un homme digne, honnête et qui sait s’habiller, qui a été battu aux élections par le plus trivial de ceux qui font le malheur de notre beau pays. Est-ce que les Mohéliens vont tirer les leçons de ce malheur? Rien n’est sûr car la haine du Mohélien envers lui-même et envers son île est légendaire. Voter pour l’inculte au détriment de l’homme d’État instruit, cultivé et expérimenté est une vieille recette politique mohélienne. Les élections de 2010 en disent long sur le sujet.

 

©www.lemohelien.com via Mwendje – Vendredi 1er février 2013.

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soula 24/11/2014 21:46

L'île de Mohéli manque des leadership pour mener la politique car quand on regarde bien les gens qui veulent être élus, ils ont déjà goûté le pouvoir ils n' ont pas montré le bon exemple.sur ce, les mohéliens ont peut-être cru que en votant cet homme commerçant,celui-ci va prendre son argent pour faire fonctionner les affaires de l'île c'est à dire il leur distribuerait son argent comme quand c'est le moment d'être élu et la corruption est flagrante.Ils ne devraient pas choisir Mohamed Ali mais pour élire qui? Alors que Fazul était là c'est du déjà vu. Il faut dire que l'île traverse des moments difficiles, c'est peut-être que Dieu l'éprouve, il faut encore des efforts pour y arriver et ce n'est pas parce que on s'habille bien que'on est quelqu'un de fiable pour mener les affaires d'une île" l'habit ne fait pas le moine".