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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Sommes - nous une opposition tout court ?

28 Mars 2013 , Rédigé par Aimons les Comores

RÉQUISITOIRE: Sommes - nous une opposition tout court ?

 

Sommes-nous devant une opposition politique ou une opposition tout court ?


 

Le bateau a pris l’eau, les passagers crient au secours, et aucune bouée de sauvetage à bord. La panique a gagné tout le monde et c’est le sauve qui peut. Retranchés  dans leur cabine, le commandant (Ikililou)  et deux de ses  capitaines (Mamadou et Nourdine Bourhane) qui sont à l’origine de ce naufrage pour manque de visibilité, sont restés impuissants. Ses matelots (Mouigni Baraka, Anisse Chmsidine, Mohamed Ali Said) se contentent des miettes que Mamadou leur verse et sont restés bouche cousues. Pire, celui de Mohéli  opère dans le silence et conduit le commandant le dos au mur. Heureusement, le troisième capitaine a réussi à défoncer la porte en fer de la cabine du commandement pour déclencher les feux de détresse. Il a mis de côté son égo, et pense à ces milliers de passagers dont leur vie est en danger. Et pendant tout ce temps, l’opposition multiplie les communiqués laconiques, des conférences de presse interposées, mais est-ce cela est-il suffisant ? Oui, ce sont des armes démocratiques visant à interpeller ceux qui sont aux commandes de l’Etat, mais à l’allure où le navire fonce dans l’eau, il faut plus de rigueur et  de détermination. Au-delà de ce que vous voyez en dehors de l’appareil de l’Etat, mais il y a aussi ce cri d’alarme du capitaine Fouad Mohadji, qui vous a interpellé tous après avoir constaté que le bateau est en danger. Et ce, pour l’amour de son peuple. Certes, il a sa part de responsabilité car avant tout fait partie des trois capitaines qui assistent le commandant, mais reconnaissons- le, il a fait preuve de courage et sang froid, et surtout lorsqu’on sait que les conséquences d’un tel courage pourraient lui être ‘’ fatales’’.

 

Nous savons tous que c’est la confusion totale. On cherche à embrouiller tout le monde, en voulant nous faire croire qu’o ne sait pas qui est de l’opposition et qui ne l’est pas. Or, nous avons tous la tête sur les épaules et on sait de quelle opposition s’agit-il ici. Cette question que le peuple se pose (une opposition politique ou une opposition tout court ?), est posée aux formations politiques, qui depuis la première heure ont déclaré la guerre au Relais qui rassure et  à la Continuité. Pas bien sûr ceux qui quittent petit à petit le navire parce qu’on leur refuse d’intégrer l’équipage. Ces gents là ou leurs formations politiques ne sont pas concernés par cette interrogation que le peuple se pose.

 

On vous dit clairement chère opposition que vous avez une lourde responsabilité face au rôle qui est la vôtre. Ces conférences de salon n’arrangent rien,  et sont loin de venir en aide à  ces milliers de passagers en souffrance. On sait très bien que les calculs politiques comptent beaucoup chez l’homme politique devant ce genre de situation, mais de grâce, pensez à ce peuple qui vous tend la main même si ce même peuple est celui dont , hier ,vous a sanctionné dans les urnes, et sachez que cela relève du jeu démocratique. Ce n’est pas par méchanceté mais par dégoût pour de promesses non tenues. N’ayez pas pur de jouer le rôle qui est la vôtre, en se disant nous, aussi on a été là et on n’a pas réussi. Non, vous sachez plus que nous que dans toute vie professionnelle il y a des hauts et des bas. Mais ce qui fait la spécificité du milieu politique,  c’est la violence des coups et quand on n’est pas prêt à cet exercice, il ne faut jamais y songer à la politique.

 

Certes on vous entend lever le doigt pour interpeller ceux qui nous gouvernent aujourd’hui et cela a beaucoup contribué sur certains sujets qui concernent notre destin commun mais vous ne le faites pas assez. On trouve que vous vous êtes tellement  cantonnés  sur ce que vous appelez dans votre jargon ‘’ opposition constructive’’, et des fois on se demande si vous ne faites pas partie de l’équipe dirigeante tellement vous prenez le plaisir d’apprécier et d’encourager ce qui se fait dans le bon sens. C’est salutaire mais laissez-nous vous dire que vous ne sanctionnez pas assez les dérapages auxquels ce pouvoir nous habitue. Les révélations d’Alwatwan Magazine sorti dans les kiosques il y a deux ou trois semaines qui dénoncent les méthodes immoraux dans les passations des marchés publics, ou pas plus qu’hier, ce bateau qui appartient à l’Etat mais géré avec opacité, ou ces licences fantaisistes accordées à des personnes choisies pour leur réciprocité avec les gouvernants, telles que le monopole de l’alcool ou celle du riz, doivent vous marquer et attirer votre attention car la démocratie impose que vous soyez les porte paroles des démunis. On ne vous a pas entendu lorsque un ministre de la république décide de retirer des kiosques Alwatwan Magazine parce qu’il a mis en cause la gestion opaque de la vice-présidence en charge des finances. Oui, vous l’avez critiqué mais on vous dit, vous ne l’avez pas fait assez. Pourquoi ‘’ fermer les yeux’’   devant cette arrogance financière qui détruit notre économie ? Pourquoi laisser passer inaperçu le comportement de la commission anti-corruption qui a failli dans ses missions et qui, aujourd’hui, pour prouver ses rémunérations  et ses largesses pécuniaires s’attaque à un professeur majeur qui a obéi imprudemment à sa libido, et qui a tenté honteusement de séduire une étudiante majeure capable de se défendre elle-même. Et surtout que c’était de la tentation mais il n y a eu pas agression sexuelle ou viol. Pensez-vous chère opposition que cette chose (Commission anti-corruption) a sa raison d’être ?

 

Nous vous tenons responsables chère opposition car on sait que vous avez les compétences requises pour faire bouger les choses. Vous avez démontré de quoi vous êtes capables en mettant vos vies en danger pour imposer la tournante à Mohéli, au moment où on voulait lui  voler dérober ce joli bébé. Oui, ce bébé est le vôtre car vous avez contribué à sa naissance et vous avez droit à demander de comptes à Ikililou sur la manière dont il l’élève. Avec rien vous avez arraché la victoire car vous avez cru à vos convictions celles de lutter pour l’unité du pays. Et le 26 mai 2011, on a tous installé un président issu de l’Île de Mohéli à la magistrature suprême du pays à l’insu des forces obscures qui ont voulu empêcher la lumière brillé à Mohéli pour la première fois de son histoire.

 

Oui, nombreux parmi vous ont  commis des erreurs pendant l’exercice de leurs fonctions dans l’appareil de l’Etat, mais cela ne vous empêche de dénoncer ces hauts responsables de l’Etat qui font de notre pays leur vache à lait. Demain, s’ils seront dans votre cas c’est-à-dire opposants, ils seront appelés à tirer sur vous, ce qui équilibre le jeu démocratique. Certes, dans notre culture, il est difficile lorsqu’on est soupçonné de détournements de fonds publics de démissionner en attendant que la justice fasse son travail, mais si la personne elle-même n’est pas animée par cette éthique républicaine qui exige qu’il rend son tablier, pourquoi l’autorité compétente ne le fasse pas à sa place, c’est-à-dire le limoger et ouvrir une enquête ? C’est ce que nous demandons aujourd’hui au chef de l’Etat, et vous, opposition, avez l’obligation de dénoncer et d’exiger des sanctions de la part du chef. Qu’est ce que nous constatons ? Vous opposition, vous misez trop sur les éloges à l’égard de quelques réalisations  du gouvernement, alors que le malheur qu’il cause aux citoyens atteint son paroxysme. Il nous faut aujourd’hui un langage  de vérité.

 

Nous vous invitons donc à mettre les habits d’une opposition politique car par définition, les hommes politiques que vous êtes, vous demeurez immortels. C’est une règle universelle qui s’applique à celle et celui qui se lance dans cette fabuleuse aventure, et donc, n’ayez pas peur de l’opinion, et jouez votre rôle. Nous avons besoin d’une opposition politique et non une opposition tout court et ce, pour votre bien, le notre entant que citoyens voire même celui de ceux qui sont aux commandes.

Fatima Combo

RIDJA  BLOG

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