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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Son ” excellence ” la première dame des Comores

21 Janvier 2013 , Rédigé par Aimons les Comores

Son " excellence " la première dame des Comores

Son " excellence " la première dame des Comores
 
La carte de vœux de l’année 2013 de la première dame de l’Union des Comores a le même format, la même taille que la carte de vœux du chef de l’Etat. L’emplacement de la photo et de la signature sont identiques avec la mention Excellence. 
Son Excellence est un prédicat honorifique régi par les conventions diplomatiques ou ecclésiastiques. Dans le domaine diplomatique, et il est traditionnellement utilisé, dans la majorité des cas, pour désigner les chefs d’États ou de gouvernements ainsi que les ambassadeurs de manière protocolaire. Aux Comores, on parle de son Excellence, la première dame, son excellence le Vice-président, son excellence, le Gouverneur etc…

En principe, le prédicat honorifique ne devrait pas s’appliquer à la première dame de l’Union des Comores qui ne figure nulle part dans la constitution et encore moins aux Gouverneurs et à leurs femmes. Et pourtant, « son Excellence » la première dame continue de bénéficier de ce prédicat honorifique et d’en abuser dans ses actions quotidiennes. 

Dans une réunion publique tenue au foyer des femmes de Moroni ce 17 janvier 2013, organisée avec l’aide des moyens de l’Etat, la première dame de l’Union des Comores, a affirmé devant des centaines de femmes que « je suis la première dame et je l’assume avec force ». Une façon de répondre a ceux et celles qui critiquent son influence grandissante dans la gestion des affaires publiques de son mari président. En fait, dans son discours militant, elle a mélangé le combat noble de l’émancipation de la femme comorienne et la place de la première dame dans les institutions comoriennes. 

La notion de première dame a pour ses origines les Etats Unies. La Première dame des États-Unis (en anglais la « First lady »), en tant qu’épouse du président américain a très tôt eu un rang protocolaire précis. Par la suite, progressivement, s’inspirant du modèle américain, beaucoup d’États au cours du XXe siècle ont adopté le terme de « Première dame », sans pour autant que celui-ci ait une réalité officielle. En fait, il n’existe pas de définition arrêtée du rôle de la Première dame, cette institution n’étant officielle que dans un nombre réduit de pays. Toutefois, celle-ci bénéficie généralement d’une équipe au sein de l’administration présidentielle, et mène des actions relativement encadrées, ayant trait notamment à l’humanitaire, la santé ou l’éducation. Elles sont également présentes lors des dîners et réceptions officielles et dans la plupart des voyages d’État, étant même associées aux sommets internationaux où des programmes spéciaux sont prévues pour elles. Si officiellement leur statut leur empêche d’avoir quelconque influence politique, certaines Premières dames ont néanmoins participé à prendre des décisions, à faire campagne pour leur mari, à jouer de leur image pour servir celui-ci, voire pour certaines à mener une vie politique indépendante en parallèle ou après le départ du pouvoir de leur conjoint.

Aux Comores, la première dame n’est pas une institution officielle, mais pour la première fois de l’histoire des Comores indépendantes, le Président de l’Union a demandé dans son discours programme du 1er juin 2011 à la première dame, de par sa vocation professionnelle, de jouer un rôle dans la protection de la Femme, de l’Enfance, des indigents et des nécessiteux. Toutefois, cette mission officielle qui devrait bénéficier d’une équipe au sein de l’administration présidentielle, est confondue avec les actions caritatives de la fondation de la « première dame ». 

En voulant laisser ses empreintes, la première dame est entrain de brouiller les pistes avec ses interventions incessantes dans la gestion des affaires publiques. Il n’est plus un secret pour personne qu’elle intervient dans la nomination et le recrutement dans l’administration publique. Alors qu’elle devrait accompagner son mari de chef d’Etat dans uniquement dans les visites d’Etat, elle est présente dans la plupart des visites officielles des chefs d’Etat au mépris des règles diplomatiques.

Personne ne nie les qualités intellectuelles de la première dame, mais elle devra redéfinir ses missions, dissocier ses missions assignées par le chef de l’Etat et ses actions caritatives de sa fondation et ses fonctions de marraine de l’organisation Riyali. Elle a tout intérêt, à jouer de son image pour servir son mari et pourquoi pas à mener une vie politique indépendante s’elle le souhaite tout en évitant l’ingérence dans les décisions des autorités élues du pays. C’est le plus grand service qu’elle pourra rendre à son mari Président.

 
source (sans la photo) : comoresdroit 

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