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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Tournante maoraise : un groupe de sages interpellent le président Ikililou sur la question

12 Mars 2013 , Rédigé par Aimons les Comores

Tournante maoraise : un groupe de sages interpellent le président Ikililou sur la question
C'est une longue communication, datée du 5 mars, dont une copie nous est parvenue hier et qui est adressée au président de la République, Ikililou Dhoinine, consacrée entièrement à la question de la “tournante maoraise”. Ses signataires, d'éminentes personnalités du pays, ont estimé qu'ils ne peuvent pas se taire sur la question de la tournante maoraise qui, malgré l'éloignement de l'échéance présidentielle en Union des Comores, “s'invite déjà au débat”.

“L'implication de l'élite maoraise sur cette question n'est pas le fruit du hasard et ne doit pas être perçue comme une provocation”, souligne la lettre en référence surement aux nombreuses réactions pour ou contre la déclaration de Hakim Ali Said et d'autres cadres de l'île comorienne sous administration française. Pour ces signataires, ce pas des cadres maorais “mérite tout au contraire une attention soutenue”.

“Nous aimerions comme vous, Monsieur le président, faire l'économie d'un tel sujet pour vous permettre de vous consacrer entièrement aux défis du développement économique et aux finances de notre pays. Toutefois, il serait dangereux d'en faire abstraction quand le sujet essentiel de la tournante est traité avec autant de légèreté”, justifient-ils ainsi leur démarche. ''La présidence tournante entre les îles a pour but de répondre à la revendication légitime d'un partage équitable du pouvoir et a permis aux îles de Ngazidja, de Ndzuwani, de Mwali de présider successivement aux destinées du pays”, révèlent les signataires de la lettre avant de préciser que “la présidence tournante et les autonomies des îles ont surtout pour but de favoriser le retour de Maoré dans un ensemble comorien apaisé avec un cadre institutionnel où les îles auront chacune un rôle essentiel à jouer”.

Dans cette lettre, on met aussi en garde l'opinion sur le fait que “ce n'est pas la constitution comorienne qui dresse des obstacles pour la tenue des primaires à Maoré”. Cette mise en garde s'adresse particulièrement à ceux qui font une “lecture en biais” de la loi fondamentale du pays, précisant que c'est “bien la présence française dans cette île qui empêche la souveraineté comorienne de s'exercer pleinement” à Maoré.

Sur cet aspect, les signataires de la lettre affirment tout simplement que “notre constitution n'est pas ambigüe sur la question”, citant l'article 13 de la “constitution révisée”, qui stipule que “la présidence est tournante entre les îles; le président et les vice-présidents sont élus ensemble au suffrage universel direct majoritaire à un tour pour un mandat de cinq ans renouvelable dans le respect de la tournante”, précisent-ils plus encore qu'“une élection primaire est organisée dans cette île et seuls les trois candidats ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages exprimés peuvent se présenter à l'élection présidentielle” et que “dans tous les cas, la primaire ne peut s'organiser deux fois successives dans la même île”.

Pour ces vieux politiciens, qu'on désigne à tort à ou à raison comme étant des “dinosaures” de la scène politique nationale, “en sautant l'île de Maoré, nous risquons de décrédibiliser notre revendication territoriale, sans en rapporter la preuve aux Comoriens et au monde entier, que la tournante maoraise est impossible à s'exercer en 2016”.

Ils citent également l'article 44 qui complète que “les institutions de Maoré seront mises en place dans un délai n'excédant pas six mois à compter du jour où prendra fin la situation qui empêche cette île de rejoindre effectivement l'Union des Comores” et que “la constitution sera révisée afin de tirer les conséquences institutionnelles du retour de Maoré au sein de l'Union”. Les signataires de la lettre rassurent qu'ils n'ignorent pas “la réalité de l'annexion de l'île par la France”.

“Mais nous sommes tenus de respecter notre constitution et d'envisager dès maintenant de prendre toutes les dispositions politiques et juridiques nécessaires à la tenue des primaires de 2016 à Maoré”, rappellent-ils. Et ils soulignent qu'”il appartient à la Cour constitutionnelle et à elle seule, de tirer les conséquences de la présence française à Maoré, de l'impossibilité matérielle de tenir les primaires à date dans cette île, de trouver obligatoirement les voies et moyens devant permettre à Maoré de présider aux destinées du pays à partir de 2016”.

Ils rappellent, enfin, à la communauté internationale, “garant” de l'accord de réconciliation nationale que “Maore est au centre de la problématique de la stabilité politique des Comores”.

Saminya Bounou

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