D'abord, la France a mis tout son poids de puissance planétaire sur la balance en noyautant systématiquement la classe politique comorienne : en effet, il est plus qu'affligeant de constater que des jours après que son président ait fixé la date le jour et l'heure qu'il compte réduire notre pays comme peau de chagrin et ainsi miner définitivement toutes nos chances de nous développer, aucune réaction n'est venue des hommes politiques comoriens qui, pour faire semblant de n'avoir rien entendu, se sont réunis au foyer Aouladil'Comores à Moroni pour ''défendre le sunnisme''. Ensuite, à quelques mois de cette échéance fatidique elle a usé de la ruse. Ceux qui s'étaient enthousiasmés ou, au contraire, s'étaient étonnés de la rapidité avec laquelle le président Nicolas Sarkozy avait reçu notre président, comprennent désormais les raisons profondes de cette invitation ''improvisée'' : commencer à installer le piège Gthn qui aujourd'hui nous prend aux pieds. En effet, pendant que nos diplomates et autres cadres du ministère comorien des Relations extérieures se pavanaient dans les avions de Moroni à Paris en passant par Dzaudzi en première classe et passaient la belle vie dans des hôtels et tout frais payé par la princesse France, les fonctionnaires du Quai d'Orsay ont mené à bout et inexorablement, sans bavure, la mission pour laquelle leur patrie leur a confiée : nous mettre en pièces. Pendant ce temps, mes chers compatriotes diplomates, continuez à recevoir des hôpitaux français les kit pour El-maarouf, à remettre des diplômes aux étudiants de l'Ecole nationale technique et professionnelle formés ''grâce'' à la coopération française, et à procéder à la pose, en présence – quelle insigne honneur ! – de son excellence l'ambassadeur de France, de la première pierre de la construction de l'internat d'une école.
Madjuwani Hassani
madjuwani@gmail.com
source : Al-watwan N° 1218 du 19 décembre 2008
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