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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Le directeur de cabinet chargé de la Défense et de la sûreté écrit au ministre de l'intérieur de Ngazidja

30 Décembre 2008 , Rédigé par aimons les comores

Monsieur le ministre,
Suite à votre courrier dont les références sont reprises en objet, j'ai l'honneur, tout d'abord, de vous marquer mon étonnement, voir mon indignation de voir le contenu de votre courrier repris dans un des derniers numéros du journal La Gazette des Comores. Le procédé est, on ne peut plus, singulier. Je ne peux que le déplorer. Je me réserve le droit de vous répondre par la même voie médiatique.
Vous rapportez un certain nombre d'événements impliquant des éléments de l'Armée nationale de développement (And) au cours desquels des heurts avec la police de l'île se sont produits. Je puis vous assurer que chaque fois que des militaires ont été reconnus coupables d'actes répréhensibles de quelques natures que ce soit, les autorités militaires ont pris les mesures qui s'imposaient. Les présumés coupables ont été systématiquement traduits en conseil d'enquête. Des mesures sévères ont été prises allant jusqu'à la radiation pure et simple. Je ne pense pas que l'Etat-major de l'And puisse être accusé d'une quelconque complaisance, en outre il n'a jamais reçu d'instruction de notre part en vue de protéger un militaire qui se serait rendu coupable d'un quelconque délit.
Par contre, monsieur le ministre, permettez- moi de vous dire qu'il est un peu simple de présenter tous les policiers de l'île comme des victimes innocentes. Vous passez sous silence les exactions que commettent régulièrement certains de ces agents censés faire respecter l'ordre public (Cf. les cas des deux jeunes vendeurs battus à mort par les policiers lors des affrontements du 22 novembre 2008). Il ne me semble pas qu'à l'instar des autorités militaires de l'And votre ministère ait pris des mesures pour punir les coupables de ces monstruosités.
Vos déclarations publiques peuvent être interprétées comme un encouragement. Ce faisant vous manquez à l'essentiel de votre devoir qui est de veiller à l'ordre et la sécurité des personnes et des biens de tous les habitants de la Grande-Comore, notamment de la capitale, sans distinction d'origine. Je comprends, mais je n'approuve pas, que certains militaires soient excédés de voir leur frères spoliés de leurs biens et traités comme des apatrides dans leur propre pays, alors qu'eux mêmes se sont mis au service de l'armée nationale et ont fait vœux du sacrifice suprême pour la sauvegarde de l'union.
Je peux vous assurer, monsieur le ministre, de mon engagement ferme à ne pas laisser l'impunité gagner l'Armée nationale de développement mais aussi à sauvegarder les droits élémentaires de tous les citoyens comoriens, qui sont de pouvoir aller et venir librement et vaquer à leurs occupations sans être inquiétés. Je vous engage pour votre part, monsieur le ministre, à faire en sorte que les agents de la police de l'île méritent le respect de nos concitoyens.
Acceptez, monsieur le ministre, l'expression de mes sentiments distingués”.
Mohamed Bacar Dossar
Source : Al-watwan N° 1224 du 30 décembre 2008
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