L'ex-président de l'île autonome de Mwali M. Mohamed Said Fazul est lui aussi apparu pour la première fois, depuis qu'il a quitté le pouvoir, à la télévision de Mwali, pour exprimer son désarroi sur cette question qui, selon ses propos, met en péril l'unité nationale retrouvée.
« Que Sambi quitte tout simplement le pouvoir à la fin de son mandat sans chercher..., nous ne lui concéderons aucun jour de plus », a-t-il déclaré. Et le futur candidat qui se fait appeler le père de l'autonomie d'ajouter qu'il appartient aux mohéliens, après leur tour de la présidence tournante, de faire le constat des imperfections de l'actuelle constitution et éventuellement proposer des réformes, estimant que Sambi serait mal placé pour le faire.
A l'hôtel Le Moroni ce dimanche où avaient pris part M. Abdou Djabir, le président du parti MSADA et autre candidat potentiel aux prochaines élections présidentielles, le président de l'assemblée Said Dhoifir Bounou, l'ancien vice-président Ben Massoundi Rachid et d'autres cadres mohéliens, « c'était scandaleux ! », nous a confié Bayhaki Kambi, un jeune cadre présent à la rencontre.
Pourtant la réunion avait commencé dit-on dans « une atmosphère très sereine », presque tous les intervenants étaient unanimes pour exiger que Sambi quitte le pouvoir à la fin de son mandat en 2010, chacun proposant la démarche à suivre. Mais tout va basculer lors que le ministre Elarif Oukacha (photo) [membre du gouvernement central] prend la parole.
« Je défends la révision constitutionnelle mais en respectant la tournante » a-t-il souligné. C'est alors que des jeunes qui étaient derrière lui l'ont provoqué, et le ministre perd le contrôle, laissant ainsi éclater sa colère : « tsi toréa [je défie] tous ceux qui sont ici en matière de combat pour Mohéli, les ennemis de cette île sont ceux qui refusent la révision, ils n'ont pas d'électorat, et d'ailleurs je les ai toujours battu », martèle Oukacha.
Continuant ainsi dans avec sa voix qui dominait la salle, le ministre des infrastructures, qui est souvent accusé chez lui à Mohéli d'avoir vendu le poste de président de l'assemblée fédérale qui revenait à l'île de Djoumbé Fatima, à l'époque du régime du président Djohar, a tapé sur les nerfs de ses interlocuteurs lorsqu'il conclue : « je suis le plus intelligent de tous les comoriens des 4 îles ».
Et quand Said Dhoifir Bounou a voulu lui répondre, ce dernier a claqué la porte. Toutefois les participants ont confié à la commission mise en place depuis quelques mois le soin de continuer sa mission dans les 4 îles, afin de dégager une position commune et consensuelle qui sera formalisée dans un mémorandum.
Au centre de Salamani tous les intervenants à cette conférence de presse où avaient pris part de nombreux cadres mohéliens, M. Salim Djabir l'ancien président de l'assemblée fédérale, Mhibaca Baco un grand politicien mohélien et presque tous les ministres de l'île étaient unanimes sur le fait que « ce referendum n'aura pas lieu à Mohéli avant 2010 » (voir ici). A Anjouan et Ngazidja « on ne peut rien garantir », nous confiait hier M. Aboubacar Ahmed, un conseiller pédagogique.
Agence comorienne de presse (HZK-Presse)
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