II m'a été rapporté que vous avez convié des Ministres de mon Gouvernement et des fonctionnaires de diverses administrations de l'ile à participer à une réunion que vous organisez le samedi 3-7 décembre à l'hôtel le Moroni sur « le développement de l'ile de Ngazidja ».
Je suis heureux d'apprendre que vous vous réveillez enfin pour comprendre que dans l'exécutif de l'Union, vous avez à représenter et défendre la personnalité et les intérêts de l'ile de Ngazidja au nom de laquelle vous avez été élu Vice-président, aux côtés du Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Mais,malheureusement, comme dans tout réveil brutal et soudain, vous agissez dans un brouillard qui plombe la lucidité et l'élégance de l'action. Il aurait été convenable et judicieux, je crois, parce que tel est l'esprit de nos Institutions, que dès votre élection, vous établissiez avec l'exécutif de l'ile et le Président de l'Assemblée, des liens suivis et réguliers de collaboration et une concertation dense et multiforme, comme je l'avais suggéré et maintes fois demandé,pour l' épanouissement de l'ile et une meilleure compréhension de ses priorités dans l'exécutif de l'Union. Mais, j'ai constaté avec les Wangazidja, que vous avez été au cœur, parce qu'acteur ou complice, de toutes les décisions qui ont privé l'ile de ses droits ou qui tentent d'étrangler son autonomie, conférée par la Constitution mais, largement et totalement entière à Ndzouani. Je ne citerai en exemple que la vente illégale de l'hôtel le Galawa au mépris de tout principe et de toute éthique.
Il est vrai, je dois m'en convaincre que vous obéissez aux ordres du Président Sambi, qui, dans un discours récent à Anjou an, fidèle à lui-même et à ses dérives anti-constitutionnelles, a exhorté les Vice-présidents à s'accaparer du développement de leur île d'origine ensemble avec le Président de Ndzouani, Moussa Toybou, qui devrait selon le Président Sambi être lui aussi Vice-Président.
Cette obéissance aveugle est indigne parce qu'on ne gouverne pas contre la constitution et contre la population.Mais, qu'importe ! Vous êtes prompt à vous associer à une entreprise de liquidation de l'autonomie de votre Ile, à vous laisser emporter par un acharnement contre son Président alors qu'en d'autres temps, lorsque le système Sambi vous a humilié et longtemps ignoré, vous avez été incapable d'agir. Vous avez préféré entrer en léthargie. Pour apparaître enfin et entrer en considération auprès des autorités de l'Union, vous"acceptez un" rôle minable et sans relief.
Je sais que vous comprenez parfaitement que le développement de l'ile est du ressort de ses élus, de son Président et du Gouvernement. Vous invitez des Ministres de l'ile, comme s'ils étaient sous votre autorité. Décidément, vous avez choisi le mauvais chemin, celui de l'aveuglement et de la confrontation. Je suis au regret de vous dire que nous saurons y faire face. Je vous informe que les Ministres de mon Gouvernement ne s'exposeront pas à cette mascarade qui n'est que de l'affichage et de la provocation, au lieu d'être un moment de réflexion s'il avait été concerté, étudié et mutuellement élaboré.
Je pense qu'au terme de votre mandat, il est des actions plus dignes que vous auriez dû entreprendre que participer à une œuvre de déstabilisation du pays.
Veuillez croire, Monsieur le Vice-président à ma parfaite considération.
Signé Mohamed ABDOULOIHABI
Monsieur Idi NADHOIM
Vice-Président de l'Union des Comores
Moroni
/image%2F0991960%2F20230906%2Fob_a5153a_received-1335959963886456.jpeg)