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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Réactions sur l'avant projet de loi référendaire : Que cache Sambi ?

30 Janvier 2009 , Rédigé par aimons les comores

Réactions sur l'avant projet de loi référendaire : Que cache Sambi ?


Moroni, mercredi 28 janvier 2009 (HZK-Presse) –

Quatre jours après la publication de l'avant-projet de révision constitutionnelle par le président de la république, les réactions de la classe politique se font attendre. A part le parti de la mouvance présidentielle (le MCJP), aucun dirigeant politique ne s'est publiquement exprimé sur le contenu du texte qui sera bientôt soumis au référendum.Si globalement l'opinion n'est pas contre la révision, force est de constater que la démarche du président Sambi est loin de faire l'unanimité, tant dans la forme que dans le fond. A entendre les premières réactions à chaud, les arguments ne manquent dans un camp comme dans l'autre.

Mohamed Fazul ancien chef d'exécutif de l'île autonome de Mohéli
nous confiera que l'on ne doit pas se tromper sur les actions du président Sambi, « il a absolument réussi son dessein : éliminer stratégiquement toute personne pouvant lui barrer le chemin pour s'éterniser au pouvoir ».
Et ce n'est pas une surprise, ajoute-t-il. Au regard de l'article 17 qui stipule que « la présente loi s'applique au président actuellement en fonction.... », l'on comprend que ce n'est pas une ou deux années de plus que Sambi sollicite car il a pris goût au pouvoir, soutient M. Fazul. « Croyez vous que je n'aurais pas voulu aussi rester au pouvoir ? Mais je ne le pouvais pas car les règles régissant les sociétés démocratiques m'obligeaient de me plier au verdit des urnes » [Candidat à sa propre succession, le président Fazul sera battu au second tour par Mohamed Ali Said, actuel chef de l'exécutif].
« Le président Sambi est élu pour un mandat de quatre ans, il a juré devant Dieu et les hommes de respecter la constitution qui l'a porté à la magistrature suprême de l'Union des Comores, qu'il accepte ou pas, il partira en 2010 », martèle M. Fazul. Son prédécesseur, le colonel Azali Assoumani avait tenté en vain de se maintenir au pouvoir en voulant jouer sur le caractère « renouvelable » du mandat. Le président Sambi chercherait-il à ouvrir une brèche qui risquera de conduire encore le pays à l'éclatement ? s'interroge l'ancien président de Mohéli.
Il a été reproché à Mohamed Bacar de ne pas respect la loi et c'est ainsi que Sambi se comporte, accuse-t-il, avant de conclure que ce n'est pas cette constitution qui a empêché le Président Sambi de tenir ses promesses de campagne, et à quelques mois de la fin de son mandat, cela n'est qu'un prétexte. N'ayant pas réfléchi à l'après débarquement, le chef de l'Etat oublie que la présente constitution est le résultat des efforts déployés depuis 1997, à travers l'accord de réconciliation nationale du 17 février 2001.

Pour le député de Mutsamudu Elarif Maarouf,
en soumettant un projet de révision de la loi fondamentale le président Sambi exerce certes une de ses prorogatives. Il est libre de réviser la constitution, concurremment avec l'assemblée de l'Union, avec les 2/3 du parlement, ce qu'il n'a pas fait, ou convoquer une large concertation nationale pouvant réunir toutes les forces vives du pays (partis politiques et société civile) afin de préserver l'unité du pays.
« Tant mieux, dit-il, par contre, compte tenu des enjeux, je pensais qu'un organe de concertation serait mis en place préalablement ». Revenant dans le fond de l'avant projet de loi, le député Maarouf déclare que « de par mes origines d'autonomiste convaincu, je pense que les auteurs de ce projet de loi n'ont retenu de l'autonomie que la forme. Il y a dans l'expression effective de cette autonomie une absence totale et c'est une erreur grave pour l'avenir ».

Quant à son collègue député Mohamed Youssouf Mondoha, il soutient que le président est dans son droit, et qu'il ne faut pas lui faire « un procès d'intention » pour l'instant. Cette initiative de réviser la loi fondamentale n'engage que le président, garant de la constitution. D'ailleurs un secrétariat permanent est institué pour enregistrer les amendements éventuels.
Son collègue Moumini Abdou, estime qu'il est du devoir de tout citoyen comorien d'apporter sa part de contribution par voie d'amendements ou propositions, et surtout faire preuve de patience et attendre le texte définitif qui sera soumis au vote.

Moustoifa Said Cheikh, leader du Front démocratique qui n'avait pas encore lu l'avant projet, considère que « le Président Sambi est mal inspiré en choisissant cette période pour introduire son projet de révision de la constitution », au lieu de mobiliser le pays pour défendre l'intégrité territoriale en organisant la riposte contre le référendum que la France s'apprête à organiser le 29 mars prochain à Mayotte, une partie du territoire national. Faut-t-il rappeler qu'il est le garant de l'intégrité territoriale ? La tenue d'un référendum constitutionnel à la même période « est une erreur monumentale » soutient Moustoifa. Pour le leader du FD, le seul parti comorien qui entretient des relations avec ses militants de Mayotte, y voit une complicité du gouvernement comorien.

Pour l'ancien président de l'Assemblée fédérale Mohamed Said Abdallah Mchagama,
qui vient d'arriver d'un voyage à l'étranger, cet avant projet n'est pas encore clair et rien ne nous garantit au regard de son contenu que la bonne gouvernance sera assurée. « Le moins qu'on puisse dire pour l'instant, c'est que ce projet permettra à son auteur de rester confortablement au pouvoir une fois adopté », déplore-t-il.
Un magistrat du siège qui tient à garder l'anonymat soulignera que ce qui reste dans l'autonomie des îles est l'élection des gouverneurs et des conseillers. Mais en réalité « l'on tend vers la centralisation de l'Etat qu'on avait reproché aux anciennes constitutions, à l'origine de la crise anjouanaise ».

Mohamed Ibrahim, jeune universitaire formé en sciences politiques à Pari
s et proche du cercle politique d'Abdoulhabi, président le l'île de Ngazidja, entrain d'analyser les deux textes (la constitution en vigueur et l'avant projet de loi), accuse les auteurs de l'avant projet de menacer l'unité du pays. Ils ont vidé entièrement le contenu de la loi fondamentale en vigueur. Et pour réinstaller d'autres institutions cela va coûter encore plus cher. Le jeune cadre se prépare à sortir prochainement un dossier à ce sujet.
Rassemblées par A. Nabahane
Agence comorienne de presse (HZK-Presse
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