Le dialogue inter-comorien se poursuit sur fond d'incidents
Le débat sur le fonctionnement des institutions a suscité mercredi de nombreuses réactions parmi l’assistance. Pour Aboubacar Said Salim, expert national, les crises récurrentes entre le
centre (l’Etat fédéral) et la périphérie (entités insulaires) découlent, entre autres, d’une imprécision des compétences exclusives des îles, mais aussi du partage des ressources financières
nationales.
Les travaux de la conférence inter-comorienne sur la reforme constitutionnelle se sont poursuivis encore mercredi. Les séminaristes ont planché hier sur les thématiques de la bonne gouvernance et du fonctionnement des institutions. Comme prévu, après les contributions pertinentes des experts nationaux et internationaux, il s’en est suivi un débat général durant lequel chaque intervenant a pu exprimer son point de vue sur le sujet et enrichir la réflexion des spécialistes. Les travaux se sont ensuite poursuivis en commissions restreintes jusqu’à tard la soirée.
Auparavant, le bureau du dialogue inter-comorien a concédé, après une brève concertation, une séance de rattrapage aux partis politiques et entités insulaires qui, la veille, n’avaient pas présenté leurs contributions, faute de temps. Ainsi, l’opposition nationale et les représentants des exécutifs de Ngazidja et de Mohéli ont-ils pu livrer leurs analyses respectives sur le fonctionnement des institutions comoriennes.
« Tous les pays qui ont choisi d’organiser leur Etat suivant le modèle fédéral, donc en système bipolaire, ont compris l’intérêt de maintenir le dialogue entre les institutions constitutionnelles comme seul moyen efficace permettant, à chaque fois, de trouver dans la concertation les solutions aux problèmes qui les opposent » a dit le délégué de l’île de Ngazidja, M. Said Ahmed Said Toihir.
Au nom de l’opposition nationale, M. Houmed Msaidié estime que « certaines lois organiques et ordinaires participent aux dysfonctionnements des institutions de la République ». Et d’énumérer notamment les lois organiques relatives aux modalités d’application de l’article 9 de la constitution, celles relatives à la sécurité intérieure et à l’organisation judiciaire,….
Le débat sur le fonctionnement des institutions a suscité mercredi de nombreuses réactions parmi l’assistance. Pour l’expert Aboubacar Said Salim, les crises récurrentes entre le centre (l’Etat fédéral) et la périphérie (entités insulaires) découlent, entre autres, d’une imprécision des compétences exclusives des îles, mais aussi du partage des ressources financières nationales.
M. Damir Ben Ali, anthropologue et ancien président de l’université des Comores, considère, lui, la prédominance de la culture orale et le poids des coutumes comme un véritable frein à l’instauration d’un Etat moderne. Il exhorte, à cet effet, ce qu’il appelle « l’élite politico-administrative » des Comores à être à la pointe de cette nécessaire métamorphose de la société comorienne, et ce en vue de favoriser l’émergence d’un Etat ancré dans la modernité.
A partir de l’expérience de son pays, le Niger, l’expert de l’Union Africaine, M. Alhada Alkache, a surtout plaidé en faveur de la mise en place d’un espace de concertation et de dialogue entre pouvoir et opposition sur les questions cruciales du moment. « Il est important dans un pays que les acteurs politiques se parlent pour une démocratie apaisée » a-t-il dit.
Si le directeur de cabinet du chef de l’Etat, M. Mohamed Bacar Dossar, partage cette idée de pourparlers permanents entre responsables politiques, il estime cependant qu’elle n’est pas « possible en l’état actuel des choses parce que les gens ne se respectent pas ».
En attendant la dernière journée de ce dialogue inter-comorien, qui sera consacrée à l’examen de l’avant-projet de constitution du gouvernement, les entités institutionnelles et partis politiques font savoir le modèle de constitution « qui serait idéal pour notre pays ».
Pour les exécutifs de Mohéli et de Ngazidja, ce n’est pas tant la constitution qui pose problème que les lois organiques qui prêtent aujourd’hui à diverses interprétations. Quant à l’assemblée de Ngazidja, elle se dit contre tout renforcement des pouvoirs présidentiels et se demande le rôle précis des vice-présidents. « A l’heure actuelle, ce ne sont que des super-ministres. Ne faudrait-il pas les supprimer ou redéfinir leurs prérogatives » s’interroge un député de Ngazidja.
Il faut dire que la journée d’hier a été émaillée de quelques incidents. Outre la passe d’armes entre le ministre El-Anrif Oukacha et Dr Djabir sur la légitimité de certains délégués, M. Houmed Msaidié a protesté contre « l’empêchement de Ibrahim Halidi, qui a été hier contraint de descendre de l’avion ». L’opposition dénonce une violation de la liberté de circuler tandis que le pouvoir affirme n’y être pour rien. « Si nous devions l’interdire de venir à Moroni, nous l’aurions fait il y a vingt jours lors qu’il devait participer au rassemblement d’Iconi » a dit un proche du gouvernement.
Les travaux de la conférence inter-comorienne sur la reforme constitutionnelle se sont poursuivis encore mercredi. Les séminaristes ont planché hier sur les thématiques de la bonne gouvernance et du fonctionnement des institutions. Comme prévu, après les contributions pertinentes des experts nationaux et internationaux, il s’en est suivi un débat général durant lequel chaque intervenant a pu exprimer son point de vue sur le sujet et enrichir la réflexion des spécialistes. Les travaux se sont ensuite poursuivis en commissions restreintes jusqu’à tard la soirée.
Auparavant, le bureau du dialogue inter-comorien a concédé, après une brève concertation, une séance de rattrapage aux partis politiques et entités insulaires qui, la veille, n’avaient pas présenté leurs contributions, faute de temps. Ainsi, l’opposition nationale et les représentants des exécutifs de Ngazidja et de Mohéli ont-ils pu livrer leurs analyses respectives sur le fonctionnement des institutions comoriennes.
« Tous les pays qui ont choisi d’organiser leur Etat suivant le modèle fédéral, donc en système bipolaire, ont compris l’intérêt de maintenir le dialogue entre les institutions constitutionnelles comme seul moyen efficace permettant, à chaque fois, de trouver dans la concertation les solutions aux problèmes qui les opposent » a dit le délégué de l’île de Ngazidja, M. Said Ahmed Said Toihir.
Au nom de l’opposition nationale, M. Houmed Msaidié estime que « certaines lois organiques et ordinaires participent aux dysfonctionnements des institutions de la République ». Et d’énumérer notamment les lois organiques relatives aux modalités d’application de l’article 9 de la constitution, celles relatives à la sécurité intérieure et à l’organisation judiciaire,….
Le débat sur le fonctionnement des institutions a suscité mercredi de nombreuses réactions parmi l’assistance. Pour l’expert Aboubacar Said Salim, les crises récurrentes entre le centre (l’Etat fédéral) et la périphérie (entités insulaires) découlent, entre autres, d’une imprécision des compétences exclusives des îles, mais aussi du partage des ressources financières nationales.
M. Damir Ben Ali, anthropologue et ancien président de l’université des Comores, considère, lui, la prédominance de la culture orale et le poids des coutumes comme un véritable frein à l’instauration d’un Etat moderne. Il exhorte, à cet effet, ce qu’il appelle « l’élite politico-administrative » des Comores à être à la pointe de cette nécessaire métamorphose de la société comorienne, et ce en vue de favoriser l’émergence d’un Etat ancré dans la modernité.
A partir de l’expérience de son pays, le Niger, l’expert de l’Union Africaine, M. Alhada Alkache, a surtout plaidé en faveur de la mise en place d’un espace de concertation et de dialogue entre pouvoir et opposition sur les questions cruciales du moment. « Il est important dans un pays que les acteurs politiques se parlent pour une démocratie apaisée » a-t-il dit.
Si le directeur de cabinet du chef de l’Etat, M. Mohamed Bacar Dossar, partage cette idée de pourparlers permanents entre responsables politiques, il estime cependant qu’elle n’est pas « possible en l’état actuel des choses parce que les gens ne se respectent pas ».
En attendant la dernière journée de ce dialogue inter-comorien, qui sera consacrée à l’examen de l’avant-projet de constitution du gouvernement, les entités institutionnelles et partis politiques font savoir le modèle de constitution « qui serait idéal pour notre pays ».
Pour les exécutifs de Mohéli et de Ngazidja, ce n’est pas tant la constitution qui pose problème que les lois organiques qui prêtent aujourd’hui à diverses interprétations. Quant à l’assemblée de Ngazidja, elle se dit contre tout renforcement des pouvoirs présidentiels et se demande le rôle précis des vice-présidents. « A l’heure actuelle, ce ne sont que des super-ministres. Ne faudrait-il pas les supprimer ou redéfinir leurs prérogatives » s’interroge un député de Ngazidja.
Il faut dire que la journée d’hier a été émaillée de quelques incidents. Outre la passe d’armes entre le ministre El-Anrif Oukacha et Dr Djabir sur la légitimité de certains délégués, M. Houmed Msaidié a protesté contre « l’empêchement de Ibrahim Halidi, qui a été hier contraint de descendre de l’avion ». L’opposition dénonce une violation de la liberté de circuler tandis que le pouvoir affirme n’y être pour rien. « Si nous devions l’interdire de venir à Moroni, nous l’aurions fait il y a vingt jours lors qu’il devait participer au rassemblement d’Iconi » a dit un proche du gouvernement.
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