Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Conférence inter comorienne : des approches bien divergentes

5 Mars 2009 , Rédigé par aimons les comores

 Conférence inter comorienne : des approches bien divergentes
Abdallah halifa,ancien président de l'Assemblée nationaleet président de la conférence inter comorienne

La conférence inter-comorienne sur la réforme des institutions du Nouvel ensemble comorien a continué ce mercredi, avec, le matin, les exposés des différentes tendances conviées aux débats. Comme attendu, les idées des uns et des autres par rapport à la thématique retenue révèlent toute la difficulté de viser la même cible.

Se rangeant du côté du gouvernement central, l'intervention du groupe des partis de la Mouvance présidentielle a vite fait de “renouveler sa confiance et son soutient au président Sambi et à son gouvernement”. Étant convaincu que la “bonne gouvernance reste parmi les bases à asseoir pour espérer un développement”, la mouvance s'engage donc à “œuvrer pour que l'action et les décisions du gouvernement soient conformes à des objectifs précis et convenus”. Cela dit, elle n'espère pas continuer avec “l'architecture institutionnelle actuelle”, qui “ouvre la voie à toutes les dérives dans la gestion de l'Etat et ne favorise pas la bonne gouvernance, en multipliant à outrance les niveaux de décisions sans prévoir les mécanismes de contrôle et de synergie de l'action publique”.

Cette tendance est visiblement prise à son compte par l'autorité de l'île d'Anjouan, qui a déclaré n'avoir pas hésité à donner son accord de principe pour participer à cette table ronde, lequel dialogue reste selon elle “le seul moyen de dépasser les querelles politiques stériles et de se pencher enfin au développement de notre pays”.

Dialoguer pour construire est un concept intégré aussi par le gouvernement de l'île de Ngazidja. Cependant, là où les positions divergent, c'est “où” doit mener ce dialogue. Sans doute pas vers une révision de l'actuelle Constitution qui est perçue par les représentants de l'exécutif de cette île comme “l'instrument juridique qui scelle le compromis possible et nécessaire à l'existence même de notre pays”. Aussi, “l'essentiel des questions qui nous opposent ne sont pas d'ordre constitutionnel”. Il serait donc “sage et financièrement soutenable de consacrer les débats sur l'examen des lois organiques complétant la constitution”, mais ce débat nécessaire serait, d'après le Mdjidjengo de Ngazidja, compromis par le gouvernement central qui “refuse d'appliquer certaines lois organiques promulguées, dans le but de centraliser le pouvoir aux mains du chef de l'Etat”.

A certains égards, l'exécutif de l'île de Mwali rejoint Ngazidja, mais son point de vue est plus nuancé. D'après les autorités de Mwali, la loi fondamentale comorienne serait “bonne”, mais “pas tout à fait parfaite”. Bonne parce qu'elle “décentralise” et “dépersonnalise” le pouvoir. Ainsi, “il n'y a aucune raison qui doive empêcher la Tournante de tourner, le mercredi 27 mai 1010 avant 17 heures”. Mais, si la “crainte de l'actuel chef de l'Etat se fonde sur un possible délaissement de ses projets par la présidence mohélienne”, alors qu'il soit rassuré, car “son successeur mohélien poursuivra ses investissements au nom de la continuité de l'Etat”.

Une position qui peut normalement être qualifiée de “médiane” est celle d'un parti de l'opposition, en l'occurrence la Crc. La Convention pour le Renouveau des Comores a d'abord “pris acte de la concrétisation de l'engagement pris par le chef de l'Etat sur les tribunes de l'Union africaine et des Nations unies visant à réunir les forces vives du pays autour d'une table”. La Crc impute le dysfonctionnement du Nec en particulier aux lois “relatives aux modalités d'application de l'article 9 de la constitution, l'organisation judiciaire, le statut des magistrats, la sécurité intérieure... “. N'excluant pas la possibilité de “faire des économies d'échelle” en regroupant les élections, elle y relève l'inquiétude de voir le taux d'absentéisme s'accroître si l'on concentre cinq scrutins en une journée, à cause des probables files d'attente. La question de l'argent, justement, ne semble pas trop inquiéter les têtes pensantes de la Crc, qui estiment que “la démocratie à son prix”. Ce qui les préoccupe véritablement, c'est que ce dialogue inter comorien “fasse le distinguo entre un référendum et une réélection”.

Quoi qu'il en soit, un dialogue est toujours contradictoire. Mais le plus important c'est avant tout qu'il ait lieu, afin de dissiper les animosités. C'est probablement dans cet état d'esprit que le gouvernement de l'Union s'est “félicité”, à travers un communiqué, de l'ouverture du cette conférence. Il y a réaffirmé son “ouverture et sa disponibilité, pour parvenir, dans un esprit de concorde et de compromis, à la consolidation des acquis de la réconciliation nationale, de la démocratie et de l'Etat de droit dans notre pays”.
Sardou Moussa
Al-watwan N° 1269 du 05 mars 2009
Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article