Moroni, jeudi 12 mars 2009 (HZK-Presse) – C'est dans un palais du peuple bien rempli que le gouvernement de Ngazidja, soutenu par l'assemblée nationale, a présenté aux notables et à la population les résultats et le déroulement des assises du dialogue national tenu la semaine dernière sous les auspices de la communauté internationale.
Cette manifestation qui a pris les allures d'un réquisitoire contre le président Sambi et son gouvernement s'est terminée par une mise en garde sans équivoque. « Si Sambi et son clan ne change pas d'attitude à vouloir à tout prix s'éterniser au pouvoir, s'il ne revient pas à l'ordre constitutionnel, il y aura des conséquences très graves et tant pis pour lui », martèle le chef de l'exécutif de Ngazidja devant les centaines de personnes qui ont pris d'assaut la salle de spectacle de l'assemblée nationale.
Mohamed Abdouloihabi finit ses propos en déclarant que « Sambi sera responsable de la situation qui va naitre du non respect de la constitution. Il n'y aura pas de référendum dans ce pays ». Le chef de l'exécutif de Ngazidja était accompagné de presque tous les ministres de l'île ainsi que du président de l'assemblée nationale qui représente non seulement son institution mais aussi l'île de Mwali.
Cette mise en garde du président de l'île était précédée par une présentation de la situation. Ces assises qui sont terminées en queue de poisson avec des divergences qui sont loin d'être aplanies étaient exposées au public. Le président de l'assemblée de l'Union, Said Dhoifir Bounou dénonce quant à lui l'absence du chef de l'Etat dans ce dialogue inter-comorien.
« Sambi était absent à l'ouverture. On l'avait annoncé à la fermeture et il n'est pas venu non plus. Pendant qu'on discutait pour trouver un consensus national, le chef de l'Etat prend un décret provocateur pour instituer une commission électorale. Tous ces gestes montrent que Sambi et son gouvernement méprisent le dialogue national », se désole le président de l'assemblée nationale qui continue de croire que le problème de ce pays n'est pas dans la constitution.
Les îles se sont aussi insurgées contre les médias d'Etat « qui les privent de parole alors qu'ils sont tous des contribuables du service public ». Mais ce qui devait être une conférence de presse s'est terminé par un couac. Les journalistes ont refusé de poser des questions parce qu'ils s'estimaient « mal accueillis par les organisateurs ». Et pour cause, les notables ont pris le devant et les journalistes resteront debout dans les allées de la salle, ignorant s'il s'agissait d'un meeting ou d'une conférence de presse.
Ahmed Abdallah
Agence comorienne de Presse (HZK-Presse
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