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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE S'EST ADRESSE A LA NATION CE SAMEDI SOIR

22 Mars 2009 , Rédigé par aimons les comores

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE S'EST ADRESSE A LA NATION CE SAMEDI SOIR


Le Président de l'Union des Comores, Son Excellence Monsieur AHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI s'est adressé à la Nation en langue nationale, samedi soir, 21 mars, 2009.
Après les Louanges à Allah et les salutations à son Prophète Muhammad, le Chef de l'Etat a livré à la Nation, le message suivant :

Comoriennes et Comoriens des quatre îles, de l'intérieur du pays et de la diaspora,
Que Dieu vous protège et vous accorde ses bienfaits ici-bas et dans l'au-delà.J'ai souhaité, une fois encore, m'entretenir aujourd'hui avec vous, comme j'ai pris l'habitude de le faire, à chaque moment important de la vie de la Nation.
Aujourd'hui, je sais que vous attendez avec impatience, la suite que j'entend donner au référendum sur la réforme de nos institutions.
Je suis conscient de votre attente et du doute de certains d'entre vous, à propos de la date de cette consultation.
Je voudrais vous assurer que nous irons inéluctablement vers les changements importants dont dépendent l'évolution et la vie de notre pays pour les années à venir.
Toutefois, je dois vous demander de patienter encore et de m'en laisser le temps nécessaire.
Cette patience, je vous l'ai demandé lorsque j'ai appelé à la libération de l'Ile d'Anjouan alors que certain n'y croyaient pas, que d'autre encore s'impatientaient et que d'autre enfin, les détracteurs et les rebelles eux-mêmes, disaient qu'on tardait à agir, se demandant en raillant, si on y allait à dos de chameau.
La population s'impatientait alors. Mais j'ai pris le temps qu'il fallait pour réussir cette opération. Vous n'avez pas regretté votre patience et votre confiance en moi.
Aujourd'hui, il y a une similitude des situations. Je ne souhaite pas que les changements projetés échouent. C'est pourquoi, je souhaiterais prendre le temps d'examiner les propositions émises concernant l'avant projet que je soumis à tous.
En effet, des propositions pertinentes, que j'ai accepté ont été suggérés pour améliorer cet avant projet.
Ainsi, si les changements sont inéluctables, ils doivent intervenir en en temps et en heure.
Je sais que vous attendez de moi que je vous dise le sort de l'avant projet et que je vous annonce la date du référendum.
Toutefois, compte tenu des responsabilités qui sont les miennes, je souhaite que la réforme de nos institutions intervienne dans un climat apaisé afin et qu'elle apporte de vrais solutions à nos problèmes.
C'est pourquoi, je vous demande de patienter encore. Je vous demande d'autant plus cette patience, que nous allons accueillir, dans les jours qui viennent, une honorable délégation en provenance de la Tanzanie conduite par le Président de ce pays frère.
En effet, je ne souhaite pas que notre politique intérieur interfère avec ce grand événement.
J'invite ainsi les comoriennes et les comoriens à faire honneur à nos hôtes tanzaniens avec qui nous partageons la culture, l'amitié et des valeurs de la paix et de bon voisinage et qui ont permis à notre pays de recouvrer son intégrité.
Je vous demande donc d'accueillir d'abord nos hôtes avec toute la dignité requise et de leur réserver un accueil mérité, un accueil à la comorienne.
Je vous demanderais ensuite, de me donner le temps de finir les consultations que j'ai entamées car le sujet du référendum est d'importance.
Je sais que la majorité des comoriens désire les changements que j'ai proposés et que d'autres encore souhaitent le maintien du statu quo. Mais, comme je l'ai dit, je n'ai pas fini mes consultations.
En effet, j'ai invité les Présidents des Iles à venir me rencontrer lundi afin que je puisse les écouter, une fois encore, et recueillir leur avis.
Mes chers compatriotes,
Je reste convaincu que le référendum reste la meilleure voie pour modifier notre constitution.
Je sais que la constitution me donne le droit d'en prendre l'initiative et je sais également que je le regretterais toute ma vie si je ne le faisais pas, sachant que la réforme de nos institutions est un des remèdes à nos maux.
Je vous demande de m'accordez la même confiance, le même soutien et les mêmes prières que vous m'avez accordés lors du débarquement d'Anjouan car cette fois, comme à l'époque, il s'agit de trouver des remèdes aux maux dont souffre notre pays.
Mais sachez qu'il y ceux qui ne souhaitent que du bien pour ce pays.
Pour ma part, j'ai toujours suivi la voie légale. Si je ne le fais pas et que ceux qui en ont la compétence, me le disent je me suis toujours conformé à la légalité. C'est ainsi que je me suis toujours soumis aux arrêts de la Cour Constitutionnelle.
Certains me dénient le droit de modifier la constitution. Je vous dis que cela n'est pas exact.
Lisez de l'article 3 de la Constitution qui fixe certains de mes prérogatives, je cite : « La souveraineté appartient au peuple qui l'exerce, dans chaque île et dans l'ensemble de l'Union, par ses représentants élus ou par la voie du référendum. Aucun groupement ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice »
Cela signifie que le vrai pouvoir appartient au peuple et que lui seul et personne d'autre, peut trancher sur les changements par voie référendaire.
L'article 37 de la Constitution par ailleurs que : « L'initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de l'Union et au moins un tiers des membres de l'Assemblée de l'Union. Pour être adopté, le projet ou la proposition de révision doit être approuvé par les deux tiers du nombre total des membres de l'Assemblée de l'Union ainsi que par les deux tiers du nombre total des membres des Assemblées des Iles ou par référendum. »
Ainsi, je ne comprends pas ceux qui me disent que je ne respecte pas la constitution
Certes le même article 37 précise qu'« aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu'il est porté atteinte à l'unité du territoire et à l'intangibilité des frontières internationalement reconnues de l'Union ainsi qu'à l'autonomie des îles ».
Toutefois les changements que je propose ne concernent pas ces sujets.
Je voudrais ainsi vous rassurer tous, notamment vous les gens instruits : je ne fais que suivre la légalité pour faire de notre pays un pays de démocratie non régi par la force ou les armes, ni par d'autre voie que celle acceptée par le peuple. Par contre le refus du référendum n'est pas légal.
Citoyens de l'intérieure et de la diaspora,
L'idée de la révision constitutionnelle m'est venue après la libération de l'Ile d'Anjouan.
Cette constitution n'était pas faite dans l'intérêt du pays et porte en elle de nombreux dysfonctionnement dont l'existence de quatre présidents, quatre parlements, quatre gouvernements et quatre constitutions.
La preuve est désormais faite, notamment par les incessants les conflits de compétences entre les gouvernements des îles et celui de l'Union.
Au nom de la Nation, du pays et de l'Islam, devons-nous faire tous les ans, des élections qui nécessitent de l'énergie et des moyens financiers ?
Nous avons voté en 2006 pour les présidentielles de l'Union, 2007 pour les Présidents de Mwali et de Ngazidja, 2008 pour le Président de Ndzouani. En 2009 nous devons élire l'Assemblée de l'Union et, à nouveau, en 2010, le président de l'Union pour revenir à Ngazidja et Mwali en 2012, à Ndzouani en 2013 et renouer avec l'élection du président de l'Union en 2014. Nous ne devons pas ainsi fermer les yeux.
Voilà une des raisons qui justifient la révision de notre constitution. Si quelqu'un a d'autres propositions pour résoudre le problème de la multiplicité de nos institutions et de la fréquence de nos élections, qu'il les fasse.
Lors de la conférence intercomorienne et après, un seul sujet a semblé préoccuper les gens : le mandat de l'actuel Président de l'Union.
Or dans mes propositions, l'harmonisation à cinq ans l'ensemble des mandat nous permettrait de tenir deux élections en 5 ans.
On me prête l'intention de vouloir prolonger mon mandat comme cela se pratique dans d'autres pays du monde. Je vous prends à témoin que telle n'est pas mon intention. Si tel était le cas, pourquoi ne vous aurai-je pas demandé la possibilité du renouvellement du mandat ?
Si l'harmonisation des mandats à cinq me donne une année de plus, je n'en disconviens pas. Mais je suis tout aussi disposé à retenir le mandat de 4 ans pour vous prouver que ce n'est pas la prolongation de mon mandat qui me préoccupe. Otez de vos idées, que je souhaite avoir un an de plus car, sincèrement je ne fais que rechercher des solutions aux problèmes qui se posent à notre pays pour qui je suis prêt à verser mon sang afin qu'il vive mieux.
Dès lors, j'invite les autres à penser d'abord aux intérêts du pays avant les leurs propres.
Mes chers compatriotes,
Je dois prendre des décisions importantes dans les jours qui viennent et choisir la meilleure solution :
► Retirer le projet de révision constitutionnelle ? Ce n'est pas une solution.
► Tenir les élections du Président de l'Union en 2010 en même temps que celle des Présidents des îles et laisser ainsi la présidence tournante aller à Mwali ?
► Ou décider de tenir ces mêmes élections en en 2011, 2012 ou 2013 ?
En tous les cas, il me faudra prendre une décision pour harmoniser les mandats et réduire la fréquence et le coût des élections. Mes consultations des jours à venir, me permettront de prendre la décision adéquate.
Je ne suis pas de ceux considèrent la politique comme l'art du mensonge et de l'hypocrisie. La vie des comoriens dépend de ces réformes.
Mes chers compatriotes,
Un autre défi nous attend : la France souhaite faire du territoire comorien de May une terre française.
C'est une initiative que nous devons condamner. Je sais que vous êtes derrière moi sur ce sujet et que la communauté internationale est avec nous.
Toutefois nous devons revendiquer dans la paix.
L'Union Africaine a condamné le référendum français à Mayotte. D'autres organisations de hautes personnalités prendront position dans les jours qui viennent.
Nous, nous devons parler à la France, le langage qu'elle comprend : celle du droit et de la civilisation.
Je voudrais ainsi dire aux français une chose que je ne leur ai dite : faites d'abord un référendum en France sur le sujet.
En effet, Mayotte est comorienne et l'a toujours été. D'ailleurs, la capitale des Comores s'y trouvait. Les Mahorais ne seront jamais de français à part entière. Ils auront leurs papiers mais resteront toujours des comoriens.
La question « souhaitez vous que Mayotte devienne française » doit être posée au peuple libre de France pas aux Mahorais sous la colonisation et qui, ainsi, ne sont pas libres.
Je le dis pars la voix de la sagesse et de la paix, qui constituent notre bravoure et notre patriotisme.
Mayotte française, cela n'a aucune signification pour nous. Nous connaissons d'avance les résultats du prétendu référendum : ils sont nuls et non avenus.
Mayotte française ? Si ce référendum se tenait en France, je suis certain que le peuple français ne l'accepterait pas.
Comoriens de l'intérieur et de la diaspora,
Je voulu m'entretenir avec vous sur ces défis. Hier, nous avons pu, ensemble, libérer l'île d'Anjouan. Aujourd'hui, nous devons nous unir pour affronter de nouveaux défis : celui de la réforme de nos institutions et celui de la libération totale de notre pays.
J'ai de l'affection pour vous et je sais que c'est réciproque. Je vous demande alors de me faire confiance.
Ce pays a des ennemis puissant à l'extérieur que nous ne devons pas laisser faire si nous voulons nous en sortir, renforcer notre unité et éviter l'éclatement de notre pays.
Pour terminer, je voudrais vous remercier, une fois encore, pour l'accueil et l'hospitalité que vous réservez toujours à nos hôtes étrangers. Vous honorez ainsi notre pays et lui donnez une bonne image dont je suis fier.
Je vous remercie.
Source : Beit-Salam
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