Je m'adresse, d'abord, aux autorités actuelles sans pour autant négliger la part de responsabilité de leurs prédécesseurs sous l'œil attentif de l'histoire qui est une galerie de tableaux où il y a peu d'originaux et beaucoup de copies. A ceux qui doutent de nos capacités de proposer de solutions de sortie de crise, je leur dis ici que des solutions existent bel et bien à condition que l'on prenne en considération les critiques de tout bord et qu'on nous accorde un espace approprié pour faire part de ces solutions. Cette option s'impose car notre pays attend beaucoup de nous après tant d' années de crise.
A l'arrivée du président Sambi au pouvoir, une rupture agressive s'est vite opérée dans tous les sens. Et pour réparer les erreurs commises par les uns et les autres, nous ne devons pas tricher avec l'histoire qui est le produit le plus dangereux que la chimie de l'intellect ait élaboré. Dans les jours qui ont suivi l'investiture du candidat Sambi, en mai 2006, nous avons eu droit à un populisme à la « sud américaine » qui nous a mis hors jeu, malgré les bonnes intentions du nouveau Raïs.
La première victime fut l'Office National Comorien d'importation du riz (ONICOR), plongé dans un coma profond et probablement plus prolongé que celui de l'ancien Premier ministre israélien, Ariel Sharon, par la nouvelle équipe dirigeante. Le président Ahmed Abdallah Sambi qui voulait rassurer à ses électeurs qu'il est le président du peuple d'en bas, et surtout prouver à tout le peuple que le pays a été gouverné par des '' escrocs'' décide de vendre le riz à un prix dérisoire en dessous du prix de revient. C'est un acte courageux qui aura pour conséquence la disparition totale de l'ONICOR.
Un autre spectacle désolant est celui de la rupture sans réfléchir du contrat passé entre l'Etat comorien et Total International, arguant la possibilité de nouer avec un nouveau fournisseur, en l'occurrence, la République Islamique d'Iran pour pouvoir vendre le carburant à un prix très raisonnable en dessous du marché mondial, nerveux et très tendu. Les conséquences sont vécues tous les jours depuis 2007 jusqu'à maintenant. Aujourd'hui, le pays qui se transforme peu à peu en '' Kholanta'' est tombé dans l'obscurité totale.
Sur le plan diplomatique, le président de tous les Comoriens s'est vite débarrassé d'un pays ami et frère qui, pendant les moments difficiles a été toujours aux côtés des Comores et a mis tout son poids pour que notre pays retrouve son unité. Il s'agit de l'Afrique du Sud. Le crime qu'elle a commis selon nos autorités, c'est d'avoir refusé de parrainer le fameux débarquement militaire à Anjouan. Or si le débarquement a eu effectivement lieu, rien n'a changé dans l'île sauf le départ négocié de l'homme fort de l'île et ses proches tout en gardant des pauvres hommes de rangs qui croupissent dans les geôles de '' Guantanamo III.
Selon l'histoire ,le premier des séparatistes ne peut être que le premier pseudo président autoproclamé d'Anjouan indépendante. C'est Abdallah Ibrahim qui est libre de ses mouvements. C'est un sujet qui dérange mais qui ne peut rester dans les tiroirs car il présente un danger dans l'avenir.
Je ne peux m'empêcher ici d'évoquer le '' procès du siècle'', comparé à celui de '' Nuremberg'' par le jeune et insultant procureur de la République à la Grande Comore. Un procès politisé à outrance qui va montrer les limites et l'instrumentalisation de toute une institution et, qui finira par un désaveu aux yeux des spécialistes. Ce procès laissera des cicatrices , des traces indélébiles et des repères dans l'histoire de notre pays. Je crois que l'heure n'est pas à la polémique; et j'y '' adhère'' si cela nous permettra de nous réconcilier avec l'histoire.
Que faut-il faire aujourd'hui ? Une question qui nous interpelle tous et toutes. Est-ce que les bonnes initiatives sont les bienvenues? Nous devons nous remettre en cause ,nous tous, et tendre la main à l'avenir. Des erreurs, il y en a eu mais des efforts aussi. Tout n'est pas négatif.
Que le président Sambi accepte, désormais, d'être le président de tous les Comoriens et de se situer en position de rassembleur. Toute la classe politique comorienne doit afficher une unité pour sauver le pays. Oui, les institutions sont coûteuses mais notre unité est aussi vitale. Je comprends le souci du président Sambi dans son élan mais puisque cela va encore nous diviser, pourquoi jurer sur l'irréparable ? Pourquoi ne pas s'atteler sur les fruits de la Conférence de Maurice de décembre 2005 et s'écarter de ce projet dangereux de '' citoyenneté économique'' qui sème le désordre dans nos institutions ?
Le président Sambi, homme de foi doit se plier devant l'urgence et éviter de rallumer du feu qu'il sera demain dans l'incapacité de l'éteindre. L'unité du pays n'a pas de prix.
Ayant compris que la paix et l'unité du pays sont notre matière première, les accusés du '' procès de Nuremberg'' paient cher, aujourd'hui, leur sensibilité.Ce qui a permis la mise en place effective des institutions qui ont facilité aujourd'hui, l'élection d'un président anjouanais appelé Oustadh Ahmed Abdallah Mohamed Sambi et qui envisagent l'élection d' un Mohélien en 2010 et d'un Mahorais en 2014.Que sais-je? Je crains que l'entêtement du président de la République nous divise à jamais. Je crains que nous ne puissions pas par cet entêtement nous réconcilier avec l'histoire.
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