Les Comores sont parmi les pays les plus affectés par la crise économique et financier bien avant le reste du monde . Dans un pays où tout est importé, même les produits sensés être exportés, où le pouvoir d'achat se limite à une poignée de personnes, où le taux d'inflation ne cesse de grimper en flèche, où les fonctionnaires accusent huit mois d'arriérées de salaires, personne ne peut ressentir, encore et davantage, la crise.
Le pays est bel et bien atteint de plein fouet par la crise et aura plus de peine que les autres pays de la région à s'en sortir. Les effets se sont fait sentir beaucoup plus vite que prévu. Le flux d'investissement ayant fortement diminué et le financement des échanges commerciaux s'étant pratiquement tari, l'on se demande pourquoi les autorités ont préféré le silence au lieu d'opter pour une politique de sensibilisation.
Les produits de rente ( le girofle, la vanille, le café, le coprah ...) souffrent d'une mévente terrible sans que personne au niveau des décideurs s'en soucient. Pourtant, le pays dispose d'une chambre de commerce, d'un ministère en charge de l'Economie et du Commerce extérieur et d'un Commissariat général au Plan. Oui, le pays dispose d'un Commissariat général au Plan. Quel est son rôle et quelles sont ses missions? A part ce département qui peut prévenir cette crise au sommet de l'Etat? A priori c'est l'homme d'affaires en perpétuelle faillite qui avait fait ses premiers pas à la Commission Economique pour l'Afrique. Ce dernier qui n'a pas su gérer ses propres affaires et qui est mis à genoux par la Banque pour l'Industrie et le Commerce des Comores (BIC) serait un mauvais conseiller.
A un autre niveau, l'OPACO semble être traînée dans les illusions fantaisistes de nos gouvernants. C'est normal car la plus part des gens qui siègent au sein du patronat ne sont pas de vrais patrons et sont à la recherche des largesses d'un gouvernement corrompu jusqu'à sa moelle. Comment peut-on attendre de solutions émanant d'un patronat soumis aux lois de la BIC et au bon vouloir de Bikkeret ? Pour échapper au fisc, tous les moyens sont bons. Ahmed Barwane, homme d'affaire en faillite permanente a si vite compris cette règle d'or et s'est positionné aux côtés de l'homme d'affaires et président Sambi comme Salimamoud maintenant, ou les responsables des établissements Kavou Kaivo hier,mon garçon,le Roi fort ou Badrane.
L'alternative qui s'offre, aujourd'hui, est la relance de l'économie. Mais comment?La Banque de Développement des Comores (BDC) devrait être orientée dans ce sens pour soutenir à l'instar des MECK et SANDUK les petites initiatives privées. Cela nécessite toute une politique et un gage au niveau de l'Etat. Dommage! Les milliards octroyés au gouvernement comorien dans le cadre du projet virtuel « Habitat » auraient pu servir maintenant pour soutenir l'action de la BDC et au delà des autres banques de la place.
On aura beau crier la corruption au sommet de l'Etat pour souvent des raisons politiques mais le virus du fléau est ailleurs. C'est au niveau du fisc. L'Etat , depuis l'indépendance, n' a jamais réussi à faire un redressement fiscal. Au niveau des douanes, c'est toujours un deal entre le douanier et le commerçant au détriment de l'Etat. A quand donc une justice fiscale dans notre pays? Le petit juge Azad Mze ne peut pas toujours faire tous les sales boulots de l'Etat pour satisfaire des gens qui ne sont même pas reconnaissants. L'affaire Shamir laissera des séquelles à jamais.
A cela s'ajoute l'intervention des investisseurs étrangers. L'Etat n'offre malheureusement aucune garantie pour rassurer cette catégorie de partenaires. La valse entre COMACO, Almarwane et Spanfreight ou la LAICO ET CGH sous la supervision de Idi Nadhoim est révélateur de tout. L'incompréhension, l'incompétence, les dessous de table ,les marchés occultes gré à gré......et j'en passe.
La campagne menée ces derniers jours en défaveur de Bashar Khiwan n'est pas de bonne augure. Le rôle des médias n'est pas de faire de relais à cette campagne quand bien même l'information concernant l'homme d'affaires syrien est vraie et confirmée. Quand à l'Etat, son rôle était de faire des investigations dans cette affaire pleine de zones d'ombres et non de devenir un simple porte parole de Bashar Khiwan et de Comores Golf Holding.
Dans cet ordre d'idées, il convient de préciser que la concurrence qui est un pilier dans les investissements et les marchés publics n'est plus garantie. De part la loi, le chef de l'Etat ou toute autre personne dans son entourage dont les affaires pourraient remettre sa personnalité en cause n'est pas permise à entreprendre certaines activités. Pourtant ce n'est pas le cas. Mme Hadjira Djoudi, première Dame des Comores est une commerçante qui s'accapare de tous les marchés publics sans appels d'offre. Une première Dame qui n'est jamais aux côtés de son époux dans ses déplacements officiels mais qui passe tout son temps entre Dubaï, Dar Es Salam et Tamatave pour suivre les transbordements de ses conteneurs . Dans ces conditions ,il n'y aura jamais de relance économique aux Comores.
En conséquence, entre ce que dit le régime, ce qu'il veut dire, ce qu'il entend dire, ce qu'il croit, ce que comprend le peuple, ce que croit comprendre le peuple, ce qu'entend le peuple, ce qu'il veut entendre et ce que dissimule sciemment le chef de l'Etat dans son for intérieur, la perception du message de nos dirigeants est improbable ou plutôt impossible.
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