La vie est chère, très chère aux Comores. La réponse de l'Etat ? Union et îles rivalisent d'incompétence en multipliant les taxes, en augmentant les pressions sur les importateurs. Une facture fiscale qui se répercute encore et encore sur les prix à la consommation. Le président Sambi crie au scandale, comme toujours, renvoyant la faute aux autres...Toujours trahis par les siens. Le pyromane qui crie au feu !A se demander par quel organe, les hommes du pouvoir réfléchissent ?
Les ménages comoriens souffrent. Moi, je passe des heures et des heures, pour faire et refaire les calculs, pour pouvoir manger, envoyer mes enfants à l'école, soigner les malades, et payer les factures de l'eau et de l'électricité. Tous les matins ma femme a la migraine et moi la fièvre.
Pourquoi vivons nous mal, très mal aux Comores ? D'abord parce que le salaire est bas, très bas. Un médecin touche 120.000 francs comoriens (240 euros) par mois et le Smig est très officiellement et très sérieusement fixé à 40.000 francs (80 euros).
Le principal employeur des Comores, l'Etat comorien qui a engagé plus de 11.000 agents, fixe des salaires de misère pour ceux qui travaillent, notamment les instituteurs et les infirmières et des gros salaires pour ceux qui ne travaillent pas, les conseillers en tout genre qui se bousculent dans les couloirs des superstructures. Nous sommes le 14 mai 2009 et le fonctionnaire attend toujours le salaire du mois de novembre 2009. Un crime, si nous comptabilisons les arriérés de salaires de plus de 24 mois, accumulés depuis 1994 et classés dans la dette intérieure de l'Etat. C'est-à-dire aux oubliettes.
Le coût de la vie est aussi durement ressenti, par le fait que les services de l'Etat sont partout défaillants. A l'hôpital de référence d'Elmarouf, les kits d'urgence sont épuisés tout comme les produits pour effectuer une simple analyse de paludisme. L'éducation publique ne se relève pas et ne fabrique que des générations d'attardés.
Le comorien, avec ou sans revenu, consulte le médecin dans le privé, sans pouvoir acheter les médicaments, envoie son enfant dans l'école privé, sans pouvoir payer l'écolage après.
D'autres facteurs s'ajoutent à la crise. Les moteurs de la Mamwe, tombent en panne les uns après des autres, et l'électricité n'est délivrée qu'à Moroni. Dans les régions, l'expression ''Biper'' l'éclairage est entré dans le langage populaire. Le téléphone, jadis la fierté de ce pays, est entré dans la danse, et se dégrade de jour en jour, noyé dans le charivari de la campagne référendaire.
Mais il y a encore pire, nous sommes au mois de mai 2009, le budget de l'Etat n'est pas encore voté. Le gouvernement continue à dépenser des sommes astronomiques (imprévues) et à prélever des nouveaux impôts. La loi de la jungle dans un silence presque religieux.
A Ngazidja, les autorités de l'île, financièrement asphyxiés par l'Union, créent tous les matins de nouvelles taxes, pour survire disent-ils, tout en noyant froidement les petites entreprises.
A tire d'exemple, on a crée une taxe sur la structure de prix de 2,5% de la valeur et à chaque visite de magasin, le service phytosanitaire vous fait payer un forfait, même en l'absence d'infraction, pour faire fonctionner le service dit-on.
Au niveau de l'Union, la mode est à la Taxe sur la consommation sur les services liés aux produits....de première nécessité s'il vous plait, consommés par le peuple. Et pourtant le projet de loi de finances en attente d'une nouvelle assemblée pour être voté, stipule dans son article 22 que ''les produits de première nécessité seront exemptés de la taxe de consommation à l'importation .... ''.
Par le simple bon vouloir du ministre des finances de Mohamed Ali Soilihi, l'ami du FMI et de la banque mondiale, on prélève une taxe de 10% sur les services de manutention des produits de première nécessité à l'entrée du pays. Il n'hésite pas non plus à percevoir une Taxe à la Consommation sur les conteneurs vides en partance, entraînant bien évidemment une hausse des prix à la consommation et la mort lente des milliers de pauvres.
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