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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Le Hibou, symbole du OUI. Brrr…j’ai froid

16 Mai 2009 , Rédigé par aimons les comores

Le prince Fahami, l’avocat qui qualifiait jadis Sambi de dangereux Mollah, s’est hissé à la première place de la campagne du OUI. Il a bousculé tout le monde, les proches de la première heure de Sambi y compris et jusqu’à son frère Mourad Said Ibrahim, pourtant fervent défenseur du président de l’Union, mais aujourd’hui en disgrâce. A cause du grand frère.

Il suffit qu’il prenne la parole, pour que Fahami cite les noms d’oiseaux de mauvais augure, ‘‘Boudoukoudjou’’, ‘‘Sopvémanga’’, pour désigner, semble-il, ses adversaires.

Il ressemble à ces prophètes de Rome, ‘‘les augures’’ qui avait comme mission d’observer le ciel et d’en communiquer les présages aux autorités.

A Rome, comme à Beit Salam, je présume, les décisions dépendent uniquement de ces présages et personne n’ose bouger sans le consulter. Fahami s’est arrangé à chaque meeting pour faire une lecture, de ses observations du vol et des chants d’oiseaux, et même des entrailles des volatiles.

‘‘Boudoukoudjou’’ par-ci, ‘‘Sopvémanga’’ par-là, tout en sautillant comme une sauterelle devant le pupitre.

Moroni, la capitale inscrite sur la constitution a eu l’honneur de clôturer les meetings du OUI. Sur la place de l’indépendance, stationnaient plus d’une cinquantaine de bus loués par la République pour remplir la place de Badjadjani. La place, jadis terrain conquis de l’opposition, est redevenu l’espace d’un après-midi la place du Pouvoir. Il fallait assister. On lançait des billets de banque comme dans un Toirab, alors que les fonctionnaires rentrent dans leur 8ème mois de salaires impayés. Un record national de mauvaise gestion.

Mais d’où vient ce revirement de la ville des lumières et de l’intelligence ? C’est tout simplement de ‘‘l’allégeance’’. On aligne sur la première rangée à la tribune, face au public, les Moroniens nommés par Sambi, à des postes de directeurs. Il sont 17, parait-il, me compte un originaire de Nstinimoipanga, assis à ma gauche.

C’est une discrimination de Sambi ! Comment peut-on venir nous chercher dans nos villages pour nous présenter 17 personnes nommés, alors nous croulons sous le chômage, s’interroge le même homme ? Ils l’ont cherché ces cons, murmurai-je.

Le gouvernement de Ngazidja, par contre, n’écoute pas les chants d’oiseaux de Fahami. Son président Abdoulwoihab poursuit la même politique et prépare le boycott des élections. Par des initiatives maladroites les unes des autres, il marche tous les jours sur des cadavres.

Par le biais du ministère de l’éduction de l’île, il exige la restitution des clés de tous les établissements scolaires, retenus par la commission électorale comme bureaux de vote. La note est devenue la risée de tout Ngazidja. Sur les places publiques on en parle et on s’esclaffe.

Parce qu’aucun de ces établissements scolaires ne possède ni porte, ni fenêtre encore moins de clés. Et ils se disent vouloir revendiquer d’autres compétences ! Et depuis ce matin, dans les voitures de transport en commun, on vous pose méchamment la même question : ‘’Tu ne vas pas à l’enterrement’ ?’’. Surpris, on demande : ‘’De QUI ?’’. Et la réponse fuse : Des Midjidjengo’’ (les exécutifs de l’île).

Mais c’est méconnaître Abdoulwoihab que de croire, qu’il va abandonner sa stratégie pour des balivernes de bas quartiers. Il va jusqu’à se plier à une exigence de certains habitants de la vile de Dembeni, lui demandant de fermer le lycée de Ouzioini, (les classes sont répartis entre les deux villages) en lui promettant en échange, de boycotter le meeting du OUI.

Le président n’hésite pas un seul instant d’ordonner la fermeture du lycée de Ouzioini qui compte près de 200 élèves. Résultat : Abdoulwoihab rouvre des blessures cicatrisées entre les deux villages, pour un piètre résultat : le meeting du Oui s’est tenu, avec moins de monde que prévu c’est vrai, mais sans aucun incident majeur.

Pendant que j’y pense… Le Hibou, devenu symbole de la campagne du Oui, est le seul oiseau au monde dont le cri est associé à une mort certaine, à la sorcellerie ou à la magie noire… Peut être bien que parce qu’il n’affronte ni la lumière du jour, symbolise la tristesse, la retraite solitaire et la mélancolie, qu’il ressemble à s’y méprendre, aux partisans du OUI.

Brrr.. J’ai froid.

Fensso

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