L'idée remonte à 2007 quand le chef de l'Etat chuchota à son brouillon vice -président Idi NADHOIM en lui entretenant des réformes constitutionnelles. M. Sambi qui trouve son premier assistant hostile au projet tente de le convaincre en lui rassurant que ce projet leur permettra de trouver une issue« mwa shubaka » pour prolonger leur mandat. Sambi qui, à la veille de son investiture, avait juré sur les ondes de Radio France Internationale, de ne changer aucune virgule de l'actuelle Constitution était entraîné, lui-même , dans cette voie par la première délégation iranienne qui a visité le pays à l'issue de son élection. Cette délégation qui avait tenté aussi de faire rallier la Cour constitutionnelle a essuyé un refus courtois de la part de cette haute juridiction.
Sambi décide de franchir le pas par tous les moyens. Tantôt, il évoque un coût exorbitant des institutions et des scrutins éparpillés, tantôt, il met en branle le risque du séparatisme, tantôt il émet le souhait de pouvoir parachever les projets pharaoniques qu'il a lancés depuis son élection.
La popularité de Sambi qui était au beau fixe en 2006 lui aurait incité à emprunté ce chemin plein d'embûches et d'incertitude. Sambi a été déconseillé par certains à ne pas franchir le pas. En effet, son entourage avait tenté de le dissuader de s'engager dans cette direction que rien n'impose en vain. Sa réponse était catégorique. Il mettra tout son poids dans la balance. Il a tranché par orgueil. Qu'il pleuve, qu'il neige, le scrutin aura lieu. Le pays paraissait interloqué par cette déclaration au sommet. La seule concession de circonstance est de repousser la date du scrutin, du 23 mars au 17 mai 2009. Seuls quelques abroutis comme M. Ahmed Barwane et Me Fahami comprennent le chef de l'Etat et font timidement campagne avec l'argent des contribuables comoriens.
Très vite l'opposition crie au scandale. Elle tergiverse entre la campagne du NON et le boycott. Voilà qu'elle a lancé ,en même temps que la société civile un mot d'ordre pour l'abstention et le boycott du scrutin du 17 mai 2009.
Aujourd'hui, le verdict est tombé. Sur l'ensemble des trois îles concernées ,le taux de participation tourne autour d'un pourcentage qui est en dessous de 10%. Le président est semble-t-il désavoué par son peuple. Les Comores, la région et les partenaires du pays voient tous un suicide politique du président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Saura t-il tirer les leçons de ce scrutin?
En tout état de cause, il a pris son peuple à témoin. Ce soir, le peuple qui constate sa faillite et sa mise en minorité attend de lui une déclaration solennelle annonçant sa démission et laissant, ainsi, la tournante faire le reste. Merci pour les services qu'il rendus au peuple et bonne chance pour le reste de son parcours.
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