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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Interview exclusive du Ministre de l'Intérieur chargé de l'Inforamtion de l'Ile Autonome de Mohéli, Achiraf Ben Cheikh

21 Mai 2009 , Rédigé par aimons les comores

Interview exclusive du Ministre de l'Intérieur chargé de l'Inforamtion de l'Ile Autonome de Mohéli, Achiraf Ben Cheikh
Ianjouanprésid : Monsieur le Ministre de l'intérieur chargé de l'information, quelle serait votre appréciation et celle du gouvernement de Mwali sur le déroulement du scrutin référendaire du dimanche dernier ?

Achiraf : Merci Ianjouanprésid de me donner cette opportunité et si vous le permettez, je voudrais tout d'abord remercier la population de Mwali d'avoir gardé son calme et toute sa sérénité face à la provocation du Président Sambi. Je pense que tout le monde a relevé que le semblant de scrutin s'est déroulé dans le calme à Mwali grâce à la maturité de la population mais surtout aux convictions auxquelles elle est attachée. Je relève simplement qu'aujourd'hui la démocratie aux Comores en général et ici en particulier a pris un sérieux coup. Je le regrette d'autant que les fossoyeurs viennent de recevoir une véritable leçon de témérité auprès des Mwaliens.

Ianjouanprésid : Justement, la Cour Constitutionnelle vient de proclamer les résultats du référendum qui donnent au « OUI » plus de 90%. Dites-nous, combien peut-t-on faire confiance à ses résultats et quelle serait la version de votre ministère ?

Achiraf : Vous savez, le gouvernement de Mwali ainsi que les partis politiques ont appelé au boycott de ce référendum. Je me demande toujours pourquoi le Président Sambi a utilisé des moyens colossaux financiers pour corrompre ceux qui étaient déjà acquis à sa cause ; et puis pourquoi pas 100% puisque tous ceux qui se rendaient pour voter étaient sensés dire « OUI » ? Non, soyons sérieux : Nous savions que Sambi et ses partisans allaient tricher et profiter de notre absence pour frauder. Ainsi nous avons placé partout des indics parmi les membres des bureaux de vote pour vivre la réalité.

Nous savons que seulement 12% des inscrits se sont déplacés et tout le monde le sait ici ; d'ailleurs ils en parlent sans gêne aujourd'hui. Pourquoi tricher alors que nous savons tous que même si une seule personne a voté cela valide son référendum ? La réponse est facile à détecter : Sambi, Oukacha, Ikililou et les autres ne croient pas aux vertus de la démocratie. Ils ont fait campagne pour le « OUI » et nous pour l'abstention. Ils ont perdu sur le terrain de la démocratie car les Mwaliens on rejeté leurs magouilles visant à voler à Mwali sa tournante conformément à la Constitution et à l'éthique politique.

Ianjouanprésid : Il paraît que vous et d'autres autorités étiez interpellés. Est-ce vrai et pourquoi ?


Achiraf : En effet ! En fait, depuis le matin le procureur de la République m'a téléphoné 3 fois pour me signifier que je serai arrêté mais ceci je l'ai gardé avec moi. Ensuite, vers 19h le dimanche du référendum, j'ai moi-même téléphoné au commandant de la gendarmerie nationale Ali Djambaé pour l'avertir de notre intention de manifester le soir notre victoire puisque la population a suivi notre mot d'ordre. Il a accepté tout en expliquant que la gendarmerie ne pourra pas nous sécuriser. Je lui ai dit que la police de l'île fera cela. Lorsque j'ai donné l'information aux jeunes devant manifester et c'est ainsi que leur véhicule a démarré la marche vers Fomboni. Entre temps et quelques minutes après il m'a rappelé pour me dire que nous ne pouvons pas le faire avant la proclamation des résultats. Je lui ai expliqué qu'ici à Mwali vers 20h, nous sommes en mesure de connaître les résultats d'autant que Fouad Mhadji membre du cabinet de Sambi manifeste dehors. Djambaé m'a dit que la gendarmerie n'acceptera pas cela. Me rendant au centre de Fomboni avec Ustadh Abacar Hassane Ali dans mon véhicule de fonction et d'autres véhicules, nous klaxonnions puisque tout le monde était sorti chez soi.

Nous fûmes arrêtés par des militaires armés et j'ai vu le capitaine Abou Issa donner un ordre à un militaire de « tirer » ; au même moment, je fus sorti de mon véhicule par la force et j'ai vu Abou Issa frappé Ustadh Abacar ; un militaire est entré dans le véhicule et l'a ramené quelque part tandis qu'Ustadh est conduit à la brigade. Plus tard dans la soirée je serai effectivement interpellé et relâché quelques heures après mais inviter à la brigade tôt le matin pour une déclaration et être déféré au parquet de Fomboni.

Pour les autres, c'est encore pire. Le Secrétaire général de la Présidence de Mwali Issouf Saïd Moissi fut arrêté dans l'après midi chez lui à Boingoma à un kilomètre de Fomboni ; assis à quelques cent mètres du bureau de vote sous un badamier pour relever le chiffre exact des votants dans son village, il sera arrêté et il passera la nuit à la brigade de Fomboni avant d'être déféré au parquet lui aussi ainsi qu'Ustadh Abacar Hasane Ali. Et enfin le docteur en chirurgie Abdoulanziz Ali Hassanaly ; appelé à l'hôpital de Fomboni pour une urgence, un ami l'a emmené en moto. Arrivé à la hauteur des militaires qui quadrillaient la route menant vers l'hôpital, ordre leur sera donné d'arrêter. Descendu de la moto, il se présenta comme médecin que tout le monde connaît d'ailleurs ici. Le militaire le qualifia d'imbécile. Le docteur a répondu en rappelant que nous ne sommes pas en barbarie ici. C'est toujours Abou Issa qui se chargea de le charger jusqu'à ce qu'il se retrouva par terre et un coup de godasse lui sera infligé. Il s'est conduit lui aussi à la brigade et y passera la nuit avant d'être déféré au parquet.

Voyez-vous, non seulement qu'ils ont triché et « vaincu sans péril », mais en plus ils nous ont tabassés et emprisonnés. Drôle de démocratie n'est-ce pas ? Et si jamais nous participions à ces élections quel aurait été le sort qui nous serait réservé ?

Ianjouanprésid : Maintenant que la Cour constitutionnelle a validé le scrutin, et la suite ? Participerez-vous aux législatives d'août ?


Achiraf
: Cette Cour Constitutionnelle n'est-t-elle pas incompétente ? En tant que Ministre de l'Intérieur de Mwali, je demande solennellement qu'une commission internationale vienne vérifier la véracité de nos résultats. Ce serait très simple à démontrer. A chaque électeur ayant accompli son droit de voter, sa carte électorale est estampillée par la mention suivante : « A VOTE » ! Alors qu'on vienne juste pour un seul bureau de vote et que les électeurs se présentent et elle verrait que tout le monde aurait voté sans s'être présenté au bureau de vote. Il fut ainsi partout dans l'île ! Dans un bureau de Fomboni, le secrétaire de bureau s'est même permis de circuler avec l'urne à travers les quartiers pour demander aux électeurs de voter, ce fut une urne ambulante ! Avez-vous déjà vu cela quelque part ? Je persiste et signe que seulement 12% des Mwaliens se sont déplacé pour voter « OUI » ou « NON ». C'est la vérité sortie des urnes avant qu'elles soient remplies. Face à une dictature il faut la sérénité mais surtout la détermination de la combattre par tous les moyens. La population de Mwali n'acceptera jamais à ce qu'on lui vole ses droits comme par le passé. Et donc le combat continu !

Propos recueillis par AS. MM/MM/I
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