Dans un soleil qui tape au milieu d'une famine qui ravage tout un peuple même si on chante partout que '' tout va bien'', je viens d'avoir le reflexe de me rendre au camp de kandani pour partager le repas de midi avec mes amis militaires car là-bas en principe il y a toujours à manger. Dans les temps d'un autre Ahmed Abdallah, toujours d'origine anjouanaise, on mangeait sans arrêt avec la bénédiction des mercenaires sud africains.
Et aujourd'hui la fête devait continuer avec la bénédiction d'un autre mercenaire, Bachar Kiwan, toujours au service d'un autre Ahmed Abdallah mais cette fois-ci, de Mutsamudu. Mais à ma grande surprise, je les trouve tous courber devant une marmite de riz sans viande ni poisson. Mais comme j'ai passé deux jours sans manger comme les autres comoriens, j'ai pris place dans cette marmite et c'est le sauve qui peut. On dirait '' Nyunyi Za Siha Mdani'' Tsi Habari .
Formés en petits groupes, sur les visages des hommes du Général Salimou, on lit la misère, la colère, le désespoir, en un mot une révolte qui se prépare contre la hiérarchie militaire.
Furieux, cet officier qui n'est pas en bon terme avec Salimou, lâche, je cite '' où va l'argent de l'armée, avant d'ajouter '' or, lors d'une rencontre à l'hôtel Itsandra avec Bachar Kiwan, dans le cadre du référendum dont notre part de responsabilité dans cette mascarade est écrite dans l'histoire du pays, ce dernier nous a rassuré qu'à chaque fin de mois, il sort de sa poche une enveloppe bien garnie, remise au Général Salimou pour qu'il nous distribue et utiliser le reste pour la nourriture''. Un silence croise les regards des militaires présents, et c'est la consternation.
Décidemment sauf pour les abrutis, mais on sait tous que le courant ne passe pas à Kandani entre Salimou et ses ''otages''. A quand l'explosion, je n'en sais rien.
Mais chaque jour qui se lève, Salimou est réconforté dans son fauteuil par Sambi. Cette fois, c'est la cerise sur le gâteau. Avant de s'envoler vers la Lybie, devant les deux vice-présidents impuissants, Sambi confie son intérim à son Général. Ikililou et Idi sont obligés de pointer chaque matin au camp de Kandani devant l'homme fort du référendum du 17 mai, le Général Salimou.
Croyez-moi, les deux mois de salaire payés à l'armée sous le compte de Bachar Kiwan ne suffisent pas pour éteindre le feu qui se propage tout doucement à Kandani. Un soldat de première classe me confie'' il y a deux jours, les militaires anjouanais ont tenté de libérer leurs frères d'armes anjouanais, enfermés ici depuis le débarquement, et ce qui est amusant, ils ont le soutien de Dossar''.
Ici dans le camp Salimou est toujours surveillé par des garde de corps armés jusqu'aux dents avec des gilets anti balle. Voyez-vous comment ça se dégénère.
'' Haya Ye Yali usa Na Lariye''
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