Pour M. Abdouloihabi, la Constitution du 17 mai dernier n'a aucunement modifié l'organisation de l'Etat. « L'île dispose toujours d'une loi, quelle que soit son appellation, et d'un exécutif composé d'un gouverneur et de commissaires. C'est juste un changement de dénominations. Moi, cela m'importe peu que je sois appelé président ou gouverneur, mon nom propre (Mohamed Abdouloihabi) me suffit très largement » a encore ajouté le numéro un de Ngazidja. Et de poursuivre : « Tant que la loi statutaire de Ngazidja ne sera pas élaborée et adoptée par les Wangazidja, je serais toujours président ».
M.Abdouloihabi s'est ensuite attardé sur le conflit qui oppose actuellement l'Union à Ngazidja au sujet du paiement des fonctionnaires de l'île. Alors que l'argentier du gouvernement central exige que les états de salaires de l'administration insulaire lui soient adressés pour enclencher les opérations de paiement, Ngazidja refuse de livrer ces documents. « Il appartient, au contraire, à l'Union de nous verser l'argent. A nous de payer nos fonctionnaires » dit-on dans les rangs du gouvernement de l'île qui y voit une manière de « comprimer les pouvoirs de Ngazidja ».
A l'origine, une lettre que le ministère des Finances de l'Union aurait adressée à l'administration financière de Ngazidja « pour lui intimer l'ordre de fournir les états de salaires de l'île en vue d'une centralisation au Bulding » explique un jeune cadre proche du Mdjidjengo. M. Abdouloihabi dénonce cette démarche qui s'inscrit, dit-il, dans une logique de violation des droits de l'exécutif insulaire. « Puisque le chef de l'Etat s'est octroyé tous les pouvoirs, il aurait pu signer un décret ou une ordonnance ; mais rien de tout cela » a dit le futur gouverneur de Ngazidja.
Abdouloihabi, chemise noire et costume blanc, n'a pas manqué de distraire son public en lançant quelques piques, parfois acerbes, contre le camp d'en face. Il est, patr ailleurs, revenu sur l'organisation du scrutin référendaire du 17 mai dernier en condamnant la non révision des listes électorales et la composition de la commission électorale.
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