Qui voudra devenir Gouverneur !
L’Ordonnance N° 09 - 003/ PR Portant application de certaines dispositions de la loi référendaire, tombe comme un couperet pour couper court comme un hache-viande aux spéculations des président des îles et aux conférences de presse presque quotidiennes du président de Ngazidja.
Le président Sambi s’appuie de toutes ses forces, à la Constitution de l'Union des Comores du 23 décembre 2001, la loi référendaire portant révision de la Constitution de l'Union des Comores du 23 décembre 2001 promulguée par décret N° 09-066/PR du 23 mai 2009, pour rafistoler.
Premier souci des dispositions préliminaires, la reconnaissance à la population de chacune des îles autonomes de l'Union des Comores à la liberté de s'administrer elle-même et de gérer ses propres affaires.
Oui mais quelles affaires ? La voirie ? Parce que je n’envois pas d’autres.
Le président définit l'organisation des îles autonomes comme basée sur le principe de l'autonomie insulaire.
Le terme ‘‘Autonomie insulaire’’ sonne moins solennel que ‘‘îles autonomes’’.
Après les préliminaires, donnant l’impression aux Gouverneurs de respirer donc d’exister, la loi précise le rôle et la place du ‘‘DU GOUVERNEUR’’, en majuscules s’il vous plait.
Spécificité comorienne, lors de l’élection, en cas d'égalité de suffrage, le plus âgé des candidats sera déclaré élu.
Je vois d’ici la course à la candidature des sexagénaires, qui voient leur chance de réussite augmenter avec l’âge en cas d’égalité de suffrage.
A l’ère Sambi, comme du bon vin, les hommes politiques seront mieux côtés à chaque année écoulé. A chaque minute, qui les rapproche de leur tombe.
Poussant le vice jusqu’au bout, le président Sambi, écrit, ‘‘avant d'entrer en fonction, le Gouverneur prête serment sur le coran devant la Cour Suprême ou à défaut devant la Cour d'Appel compétente, ‘‘de remplir fidèlement les devoirs de sa charge, de n'agir que dans l'intérêt général dans le respect de la constitution et de la loi statutaire ainsi que des droits des citoyens.’’
Sambi sait pertinemment que les Gouverneurs refuseront de prêter serment alors qu’ils l’ont déjà fait en tant que président élu.
Il prendra un malin plaisir à les humilier une seconde fois et j’imagine déjà que l’événement s’il a lieu, sera retransmis pour la première fois à la télévision nationale.
Mohamed Abdouloihab, tout rouge, Mohamed Ali Said, tout noir, devront répéter : ‘‘remplir fidèlement les devoirs de sa charge, de n'agir que dans l'intérêt général dans le respect de la constitution et de la loi statutaire ainsi que des droits des citoyens’’.
Sambi provoque et ouvre intentionnellement un nouvel front de combat, pour prendre prétexte de leur entêtement à s’y plier au serment pour leur couper les vivres.
On poursuit.
Le Gouverneur exerce la tutelle des collectivités locales ainsi que des établissements publics à caractère industriel et commercial d'intérêt insulaire.
Comprenne qui pourra, le terme ‘‘les intérêts insulaires’’. Moi je traduis ‘‘à plus question pour les gouverneurs d’avoir un œil sur les sociétés d’Etat, tombées en totale déconfiture’’.
Mais surprise de taille. Ah quand même !
Le président Sambi donne au Gouverneur, sur autorisation du Conseil de l'île et sous réserve des dispositions de l'article 35 de la constitution, le pouvoir de conclure des accords entrant dans le cadre de la gestion des affaires de l'île avec des collectivités locales étrangères ou des organisations non gouvernementales étrangères.
Chiche ! Une fissure dans le système que Sambi aura du mal à colmater.
Après méditation : le président veut préserver les accords conclus par l’île de Ngazidja avec l’Etat de Khartoum. Pas question pour lui de froisser son ami El-Bechir, quitte à se faire HARA-KIRI.
Revers de la médaille ? Pas d’immunités.
‘‘Le Gouverneur et les Commissaires sont poursuivis et jugés, pour le premier devant la Cour d'Appel et pour les autres devant les juridictions inférieures pour toute infraction commise dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de leurs fonctions’’.
Attention ! Pour un Oui ou un Non, un Gouverneur peut être arrêté comme un simple citoyen et traduit comme une personne lambda devant les juridictions inférieures.
Fensso a droit de poser sa question : Qui voudra devenir Gouverneur !
Qui le voudra s’il n’a pas compétence pour contrôler la gestion des sociétés d’Etat, et qu’il peut à tout moment se retrouver en garde à vue pour un feu rouge brûlé ?
Qui ?
Fensso
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