A une date récente, dans le cadre de la décentralisation et de la large autonomie dévolue aux îles, toute île est désormais dotée de sa propre fonction publique. De ce fait, la fonction publique comprend dorénavant, l'ensemble des agents occupant les emplois civils permanents de l'Etat, des administrations relevant des midjidjengwo et collectivités territoriales ou certains établissements publics et sociétés d'Etat.
La fonction publique a été toujours confrontée à de sérieux problèmes car l'Etat a été défaillant en permanence par rapport à ses engagements. Les fonctionnaires ont des obligations, en contrepartie desquelles, ils bénéficient de certains droits fondamentaux. Parmi ces droits on peut citer la liberté d'opinion politique et syndicale; le droit de grève; le droit syndical ; le droit à la formation permanente; le droit de de rémunération après service fait et enfin le droit à la protection.
Parallèlement, les fonctionnaires ont une obligation de réserve, une obligation d'obéissance hiérarchique, une obligation d'effectuer les tâches confiées et une obligation de discrétion professionnelle.
Pourtant, la réalité sur le terrain est tout autre chose. Comment peut-on obéir à l'hiérarchie au moment où cette hiérarchie est incompétence et n'appréhende pas sa mission? Comment peut-on obéir à l'hiérarchie quand on sait que cette même hiérarchie privilégie des considérations politiques au détriment des compétences? Comment peut-on obéir à l' hiérarchie quand on sait que d'un jour au lendemain on peut être propulsé à la place du chef sans transition? Comment peut-on obéir à l'hiérarchie quand on sait qu'aucun des droits fondamentaux des fonctionnaires n'est garanti depuis le recrutement du fonctionnaire jusqu'à sa mise à la retraite?
N'a-t-on pas vu des Ministres et des directeurs de la Fonction publique répudier et radier des fonctionnaires pour le seul motif qu'ils ne soutiennent pas la politique du régime?
Aujourd'hui, beaucoup de questions de fonds se posent .Il est légitime que l'on fasse des états généraux de la fonction publique comorienne pour parvenir à des solutions à la hauteur des enjeux. Il est inadmissible que le chef de l'Etat ,chaque fois qu'il s'adresse à la nation ,s'en prend violemment aux fonctionnaires et les accusent de tous les maux.Le président Sambi par son discours,il veut tout simplement le beurre et l'argent du beurre. Ceci est rendu possible car le chef de l'Etat qui n'a jamais été fonctionnaire ne sait pas réellement le contenu de cette institution. Et si il s'informait avant d'agir! Le problème soulevé par les fonctionnaires de Ngazidja est légitime et pourrait dégénérer si l'Etat ne se l'approprie pas dès maintenant.
Cette mobilisation peut dégénérer si les syndicats s'y associent pour faire prévaloir leurs droits fondamentaux mettant en œuvre leur ultimatum fixé au 29 juin de cette année. L'Etat a intérêt à ne pas créer des fronts inutiles pour ne pas faire exploser une marmite sur un feu en couveuse.
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