Les partis politiques multiplient les réunions restreintes et autres rencontres de réflexion dans la perspective des prochaines législatives. L'heure est au choix des candidats. L'opposition et le pouvoir semblent avoir les mêmes difficultés à désigner leurs têtes de liste. Chaque camp fourbit ses armes et peaufine sa stratégie. Alors que les uns comptent jouer collectif en présentant des candidatures uniques dès le premier tour, les autres misent d'abord sur l'individualité de chacune des formations de la mouvance présidentielle. Dieu seul sait laquelle de ces deux stratégies va se révéler payante.
Dans cette grande bataille des législatives dont l'un des enjeux semble résider dans la prolongation ou non du mandat du président en exercice, les regards sont davantage braqués sur la capitale. Déjà, la qualité des candidats pressentis donne un avant goût de ce que sera le niveau de la compétition.
Dans la plupart des régions, l'on en est au stade des “primaires”. Les partis de la coalition de l'opposition sont appelés à présenter leurs candidats à un comité ad hoc qui, à son tour, “analysera les chances de victoire de chacun avant de se prononcer”.
Dans le Hambu, ce comité doit trancher entre Tadjiri du Chuma, Dr Ibrahim Soeuf de la Crc et Ali Mohamed de Kasiya. “Les partis se sont engagés à soutenir celui qui sera choisi entre nous”, a affirmé Tadjiri. Pour lui, l'un des critères de sélection d'un candidat doit être “la résistance aux tentatives de corruption”.
Du côté du pouvoir, Ousseine Djoubéire, qui s'est imposé comme l'un des tenors du pouvoir dans le Hambu, s'apprête à se jeter dans la mêlée au nom du rassemblement, le parti qui, a soutenu l'ex-président Mohamed Taki Abdoulkarim. De même que le Pec (Parti pour l'entente comorienne) de Me Fahmi Said Ibrahim, aujourd'hui à la recherche de “l'oiseau rare”.
Dans le Hamahamet, le seul candidat aujourd'hui déclaré est l'ancien ambassadeur des Comores en Arabie Saoudite, Hamidou Karihila. L'ancien directeur de cabinet d'Azali, Chatur Mohamed Badaoui, un temps pressenti pour porter les couleurs de la Crc, aurait décliné l'offre.
Dans le Washili-Dimani, on parle de Achirafi Said Hachim, l'un des vieux barons de la région.
A Mohéli, la même asmosphère de précampagne domine le climat politique. A cette différence près que l'opposition y va en rangs dispersés, l'ancien président Fazul réfusant de “s'enfermer dans un jeu dangereux d'alliance” qui pourrait, selon ses proches, lui coûter quelques députés.
Quant à Mohamed Ali Said, il semble avoir versé un peu d'eau dans son vin par rapport à ses déclarations enflammées contre l'Union. Le lundi, contre toute attente, il a fait le déplacement de l'aéroport de Bandarsalama pour accueillir, avec les honneurs, le chef de l'Etat. La paix des braves? Nul ne sait.
A Anjouan, c'est la même union sacrée de l'opposition qu'à Ngazidja. Mais, le pouvoir n'entend pas jouer non plus les figurants. Il faut dire que sur l'île natale du président Sambi, l'opposition se fait peu d'illusions même si le bouillant Mohamed Djaffar reste déterminé à jouer le trouble-fête, d'une manière ou d'une autre.
Al-watwan N° 1343 du 18 juin 2009
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