Ses signes m'interpellent.
Le comorien voit de jour en jour, ses marges de manœuvres réduites, les pesanteurs sociales devenir infranchissables, et sa vision de l'avenir emmurée. Et les questions fusent et le maintiennent dans un profond désespoir. Pourquoi gaspiller de l'énergie ? Pourquoi prendre des risques ? Pourquoi rester au pays ? Pourquoi bouger ? Ce sentiment de repli sur soi-même est visible partout. Le Comorien n'attend plus rien de son voisin, de son frère, de sa famille, de sa communauté, de son gouvernement.
Il se sent seul et il a mal partout, traumatisé par toutes les peurs bleues qui l'assaillent. Et ce n'est pas tout. Le comorien se sent impuissant. De plus en plus, il pense pouvoir s'en tirer en se confondant avec le décor, macabre, puant, planté devant ses yeux, croyant pouvoir en tirer partie pour lui-même. Et personne ne se soucie de lui redonner l'envie de tout bousculer.
Son cousin de la diaspora, épargné jusqu'ici de cet air si pur mais si polluant, débarque avec son punch, ses milles et un projets en tête. Il se laisse à son tour et si rapidement broyer, malaxer par cette fatalité. Le tout nouveau phénomène se traduit plus gravement encore par l'éloignement du comorien des enjeux démocratiques et citoyens. Moins de 15% s'est déplacé aux urnes dernièrement.
Il se désintéresse des élections, de ses institutions, de ses lois. Il ne respecte plus rien parce que plus personne ne s'intéresse à lui. Le comorien n'a pas de choix. Un seul exemple. En deux mois, huit personnes décèdent d'insuffisance rénale parce qu'El-Marouf ne dispose pas de pièce convenable pour installer les nouveaux équipements de dialyse.
Et savez vous ce qu'il attend le comorien ?
Un BOUM. Un grand BOUM. Mais le malheur, le grand malheur, c'est qu'il ne sait pas Quand, Où et par Qui ? De peur bleue.
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