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On aurait pu penser que le discours prononcé par le président de l'Union des Comores moins d'une semaine après la
catastrophe aérienne qui a coûté la vie à 152 personnes tournerait autour de celle-ci, mais il n'en fut rien. Il a principalement été axé sur le contentieux né entre les Comores
et la France lorsque Mayotte a décidé de rester sous administration française en 1975 lors du référendum qui donna l'indépendance aux trois autres îles des Comores.
Le président comorien s'est même dit prêt à « accepter de louer Mayotte à la France pour un bail de 50 ans par exemple », mais que « la présence de la
France à Mayotte ne peut pas être légale sans notre accord ». Il a ajouté qu'il était « fier que le pays soit gouverné par des Comoriens depuis
1975 ».
Il a estimé que sur Mayotte, « l'Etat français était un ami, mais pas un frère (...) Notre amitié avec la France ne nous empêche pas de réclamer Mayotte ».
Depuis le référendum d'indépendance, deux logiques juridiques s'opposent. A Mayotte, les tenants de « Mayotte française », largement majoritaires, invoquent le droit des
peuples à disposer d'eux-même. Aux Comores, on se réfère au droit onusien qui dispose que les pays décolonisés doivent l'être dans le « respect des frontières issues de
la colonisation ».
Une troisième voie, plus pragmatique que légaliste, se fait jour depuis quelques temps. Elle consiste à proposer que Mayotte soit confiée à l'administration française pour une
durée déterminée. Après quoi, elle pourrait rejoindre les autres îles de l'archipel. Ce qui n'est pas très éloigné de la proposition de Sambi qui, lui, préfèrerait cependant une
"location".
A Mayotte, l'idée fait dresser les cheveux sur la tête, mais il y a pourtant des précédents. Hong-Kong est repassée sous administration chinoise en 1997 après un bail de 99 ans
sous administration britannique. La Chine, quant à elle, s'est engagée à garder le régime économique et le mode de vie hongkongais pendant 50 ans. On s'attendait à un raz-de-marée
lors du retour de Hong-Kong à la Chine. Il n'en fut rien. Même si 5.000 britanniques -sur 25.000- avaient quitté le pays. Hong Kong a conservé son système légal, sa monnaie, son
système politique, ses équipes sportives internationales et... ses lois sur l'immigration.
Reste à savoir si un tel accord serait l'occasion d'une sortie de crise immédiate ou s'il ne ferait pas que reporter le problème aux générations futures. Quoi qu'il en soit, à
Mayotte, les esprits ne sont pas du tout disposés à entendre un tel discours.
E.T. avec AFP
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