"Nous espérons qu'avant même le début du ramadan, prévu le 22 août prochain, la fourniture de l'électricité sera régulière", assure Mlanao. Croisons donc les doigts ! Il se pose, toutefois, le problème de l'emplacement de cette centrale, attendue aux Comores la semaine prochaine. Entre Vwadjou, Maluzini et le site de l'aéroport de Moroni-Ikoni, les avis sont partagés.
La Ma-Mwe vient de signer avec le groupe belge Semlex un contrat de location, avec option de vente, d'une centrale électrique de 5 mégawatt pour une durée de deux ans. Cette centrale, qui servait jusqu'ici de “cinquième roue” à l'Edm (Electricité de Mayotte), appartenait à la société Henri Fraise, avant son acquisition par Semlex au début de ce mois de juillet. Selon les termes du contrat, Henri Fraise s'engage à assurer la maintenance des sept générateurs de la centrale, dont quatre sur l'île de Ngazidja. Des techniciens de la société seront ainsi déployés à Anjouan et à Mohéli où la Ma-mwe entend envoyer respectivement un groupe électrogène de 1.550 Kwa et un autre de 1.000 Kwa pour assurer la couverture électrique des deux îles.
“C'est la même société qui va prendre en charge les frais liés au déplacement et au séjour de ces techniciens aux Comores durant les deux ans du contrat”, précise le directeur général, Alphonse Henri Mlanao. Henri Fraise fournira également un moteur d'appoint pour parer aux éventuelles urgences. La Ma-mwe se doit, quant à elle, de verser, chaque mois, la somme de 50.000 Euros, soit près de 25 millions de francs, au groupe Semlex. “Nous sommes capables de mobiliser ce fonds suivant nos calculs”, estime Mlanao, qui confirme, par ailleurs, sa promesse de fournir de l'électricité aux usagers de sa société durant le mois de ramadan, qui commence le 22 août prochain. “Il est possible que l'on renoue avec la stabilité de l'énergie avant même le ramadan”, renchérit-il. L'arrivée de la centrale est prévue la semaine prochaine, entre le 30 juillet et le 4 août.
Aussitôt, les travaux d'installation de la centrale vont débuter.
Il se pose, cependant, le problème de l'emplacement. Entre Vwadju, Maluzini et le site de l'aéroport de Moroni-Ikoni, les avis sont partagés. Le conseil interministériel d'avant hier, samedi 25 juillet, n'a pu trancher la question. A l'aéroport de Moroni, on évoque surtout le risque de pollution de la capitale (émission de gaz,...) et le bruit lié au fonctionnement de la centrale, tandis qu'à Vwadju, la vétusté des installations rend les responsables de la Mamwé de plus en plus réticents. D'ores et déjà, des voix ont commencé à s'élever pour contrecarrer le projet d'emplacement de la centrale à Maluzini.
Jusqu'ici, les discussions se poursuivent entre le gouvernement et la Mamwe sur le sujet.
L'installation de cette centrale électrique permettra de mettre fin à un régime de délestages qui aura duré plus d'une année (pour les régions les plus chanceuses) et porté un coup dur à l'économie locale. De nombreux commerces ont baissé le rideau, voire fait faillite à Moroni, mais aussi dans d'autres régions de l'archipel en raison de ce problème récurrent d'électricité. Le ballet de directeurs auquel l'on a assisté ces dernières années à la Ma-mwe n'a pas, loin s'en faut, donné de résultats probants.
Nommé le 20 mars dernier (voir ici) pour remettre à flot la société, Mlanao semble, selon des milieux proches du pouvoir, donner satisfaction en haut lieu. Le Comorien lambda, lui, toujours enclin à juger sur pièces, attend donc que la lumière jaillisse dans son foyer pour y croire.
Al-watwan N° 1365 du 27 juillet 2009
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