Aide publique au développement : Les priorités géographiques et sectorielles de la France
(Correspondant permanent à Paris) - La France a décidé, depuis juin dernier, lors de la réunion du Comité interministériel pour la coopération internationale et le développement (Cicid), d’abandonner son concept de ‘zone de solidarité prioritaire’ qui lui permettait de définir la zone géographique qui doit bénéficier de son aide publique au développement. C’est la révélation faite par le rapport de Mme Henriette Martinez sur l’aide publique au développement qui reprend le nouveau concept adopté par le Cicid. ‘Conformément aux recommandations du Conseil de modernisation des politiques publiques, le Cicid de juin (2009) a décidé de recentrer les priorités géographiques de l’aide bilatérale et multilatérale de la France, car la dispersion qui résulte d’une Zsp (Zone de solidarité prioritaire) de cinquante-cinq pays est contraire à la volonté d’efficacité’. Selon le rapport, ‘cette décision apporte une réponse satisfaisante à une demande depuis longtemps formulée de resserrement de notre Zsp’. Ainsi, ‘des partenariats différenciés seront mis en œuvre suivant une nouvelle typologie de quatre catégories de pays : les pays pauvres prioritaires, essentiellement en Afrique subsaharienne ; les pays à revenu intermédiaire entretenant des relations privilégiées avec la France ; les pays émergents à enjeux globaux ; les pays en crise ou en sortie de crise’, liste le document d’Henriette Martinez.
Le rapport souligne que ‘la priorité est ainsi reconnue à quatorze pays pauvres situés principalement en Afrique subsaharienne francophone, et entretenant avec la France des liens privilégiés. Ces pays se verront allouer 60 % des ressources budgétaires de l’aide. Il s’agit des pays suivants : Bénin, Burkina Faso, Comores, Ghana, Guinée Conakry, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, République Démocratique du Congo, République Centrafricaine, Sénégal, Tchad et Togo’. Il s’agit de la sphère d’influence de la France héritée de la colonisation, à l’exception du Ghana, c’est-à-dire son pré-carré, s’il existe toujours.
La deuxième catégorie, ce sont les pays intermédiaires entretenant des relations privilégiées avec la France.‘Dans cette catégorie, composée essentiellement des pays à revenu intermédiaire d’Afrique, l’aide française visera au soutien à la croissance économique, à la promotion de la diversité culturelle, à la formation des élites, à l’appui à la gouvernance et à des projets de co-développement. Outre l’assistance technique, elle prendra principalement la forme de prêts concessionnels. S’agissant en particulier de la région méditerranéenne, qui constitue en tant que telle une priorité, l’effort de la France visera plus spécifiquement à promouvoir la convergence économique entre les pays riverains, ainsi qu’à favoriser un développement durable et respectueux de l’environnement, conformément au cadre de l’Union pour la Méditerranée’. Cette zone prioritaire regroupe, même si le document ne les indique pas, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Cameroun, l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, entre autres.
La troisième catégorie concerne les pays émergents à enjeux globaux. Il s’agit des ‘pays en développement dynamique, dont la trajectoire de croissance constitue un enjeu significatif pour la préservation des Biens publics mondiaux, notamment la lutte contre le réchauffement climatique. Les interventions de la France viseront à favoriser l’adoption de solutions de développement durable, tout en limitant le coût budgétaire par des instruments peu ou pas concessionnels et à fort effet de levier’.
Et enfin, il y a les pays en crise ou en sortie de crise ’qui nécessitent des interventions spécifiques et ciblées, (où) la France conservera une enveloppe de subventions et (de) dons permettant d’agir de manière réactive, afin de favoriser le rétablissement des conditions de vie de la population et le rétablissement de l’Etat’.
Moustapha BARRY
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