Les années de prospérité
Les quelques années de pouvoir du Président Sambi se distinguent des autres pouvoirs précédents pour avoir réussi le miracle d'endormir tout un peuple. Le peuple est soulé sur les grands projets de développement économique grâce à des promesses mielleuses, sans lendemain, inscrites dans la logique du populisme.
La maîtrise du verbe à Beit Salam continue à anesthésier une population affamée et meurtrie. Une population qui a beau entendre et écouter avant d'être hypnotisée. Aujourd'hui, le réveil sera brutal et douloureux.
Presque un an sans salaires, sans pensions,sans matières de première nécessité. Le pouvoir d'achat a chuté librement. La corruption au sommet est devenue monnaie courante. Cette situation est aggravée par une presse publique entièrement à la dévotion du régime soutenue par une notabilité conditionnée ici et là. Qui dira non ? Les grandes villes sont verrouillées et dépourvues de leur dignité d'antan et la société civile bâillonnée à tel point que ce qui préoccupe les cadres est la course aux postes politiques.
Ce programme de gouvernance ne fait que dégrader l'image des dirigeants politiques, déformer le rôle des organisations politiques et vider la vie politique de sa substance vivifiante. Le pays est mal gouverné. Plutôt, il n'est pas du tout gouverné. Les vrais enjeux de développement sont relégués au second plan. L'eau et l'électricité sont devenues des denrées rares dans la société comorienne. Les lubrifiants sont disponibles en fonction des rotations de la lune. Comment peut-on prétendre un développement à ce rythme ? Un développement avec un taux de croissance tablé à 0.8% ? Et si Sambi et ses Ministres allaient se recycler !
Durant les années de règne du président Sambi, la situation économique à Anjouan s'est particulièrement effondrée avec la mévente des produits de rente, notamment le girofle et la vanille ; la situation sociale est très préoccupante depuis l'intervention militaire de l'AND et des forces alliées et l'intrusion des chiites dans l'île. A Anjouan, on ne vit que des mises en scènes qui se traduisent par des trahisons,des affrontements entre localités, une violence politique inédite, des emprisonnements et un appel pressant à la haine. C'est le désespoir total .Pourtant, les promesses continuent à pleuvoir et la population perdue espère toujours un miracle malgré elle.
La seule consolation du peuple comorien est que la date du 26 Mai 2010 aura été enfin retenue pour inaugurer les maisons et les appartements construits dans le cadre du projet Habitat, cher au chef de l'Etat.
Mahmoud Salim
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