Yemenia: un avocat des familles dénonce le "silence intolérable" des autorités
BOBIGNY — Fabien Perez, l'un des avocats de l'Association des familles des victimes du vol A310 de la compagnie yéménite Yemenia, qui avait fait 152 morts le 30 juin, a dénoncé jeudi
un "silence intolérable" des autorités et une absence de prise en charge des familles.
Ce vol transportait 153 passagers et membres d'équipage, dont de nombreux Comoriens et Français d'origine comorienne. Une adolescente de 12 ans, Bahia Bakari, est l'unique rescapée.
"Il y a un sentiment de colère chez les familles des victimes, qui se sentent abandonnées. Nous sommes bien conscients qu'il faut du temps pour connaître les circonstances de l'accident. mais là nous sommes face à un silence intolérable", a déclaré à l'AFP Me Perez.
Selon lui, depuis l'accident "il n'y a aucune prise en charge des familles, qui sont dans une situation extrêmement précaire".
Pour l'avocat, la procédure judiciaire est "bloquée". "Les familles ne peuvent pas obtenir d'attestation concernant la présence à bord des victimes. Par conséquent, elles ne peuvent pas effectuer les démarches administratives nécessaires comme un jugement déclaratif de décès; dire +je suis veuf, j'ai perdu un enfant+", affirme-t-il.
Sur l'avancée de l'enquête, "on n'a aucune information: Qu'en est-il des boîtes noires ? des corps retrouvés ?", demande-t-il.
Selon des informations communiquées aux familles, les boîtes noires ont été localisées et se trouvent à 1.200 mètres de profondeur. Des tentatives pour les récupérer doivent être menées aux alentours du 15 août par une entreprise spécialisée en recherches en fonds sous marins disposant de robots adéquats, selon une source judiciaire.
25 corps ont par ailleurs été repêchés au large de la Tanzanie et sont en cours d'identification. Les enquêteurs ont procédé à des prélèvements d'ADN des parents.
Me Perez dénonce par ailleurs "l'indifférence" de Yemenia, "qui n'a donné suite à aucun des courriers et demandes formulés par les familles".
"Il n'y a aucun mea culpa de Yemenia. Ils n'ont rien fait pour améliorer les conditions de voyages. Ils n'ont pris aucune mesure depuis l'accident. C'est intolérable".
D'après l'avocat, qui a publié avec son confrère Michel Pezet une tribune dans le quotidien Le Monde daté du 7 août, "Yemenia n'avait pas respecté et ne respecte toujours pas les normes de sécurité européennes".
"Yemenia avait vendu plusieurs billets pour le même siège à des personnes différentes. Des gens voyageaient debout. Quelques passagers étaient sous une fausse identité, seul moyen pour eux d'avoir des billets moins cher", avance Me Perez, qui dit se baser sur des témoignages recueillis au sein de la communauté comorienne.
Le 14 juillet dernier, l'Union européenne n'avait pas inscrit la compagnie aérienne sur sa liste noire, estimant que "ce n'est pas un accident qui détermine si une compagnie va dans la liste".
Une réunion d'information était prévue jeudi entre les autorités françaises et les familles des victimes résidant en Ile-de-France.
Ce vol transportait 153 passagers et membres d'équipage, dont de nombreux Comoriens et Français d'origine comorienne. Une adolescente de 12 ans, Bahia Bakari, est l'unique rescapée.
"Il y a un sentiment de colère chez les familles des victimes, qui se sentent abandonnées. Nous sommes bien conscients qu'il faut du temps pour connaître les circonstances de l'accident. mais là nous sommes face à un silence intolérable", a déclaré à l'AFP Me Perez.
Selon lui, depuis l'accident "il n'y a aucune prise en charge des familles, qui sont dans une situation extrêmement précaire".
Pour l'avocat, la procédure judiciaire est "bloquée". "Les familles ne peuvent pas obtenir d'attestation concernant la présence à bord des victimes. Par conséquent, elles ne peuvent pas effectuer les démarches administratives nécessaires comme un jugement déclaratif de décès; dire +je suis veuf, j'ai perdu un enfant+", affirme-t-il.
Sur l'avancée de l'enquête, "on n'a aucune information: Qu'en est-il des boîtes noires ? des corps retrouvés ?", demande-t-il.
Selon des informations communiquées aux familles, les boîtes noires ont été localisées et se trouvent à 1.200 mètres de profondeur. Des tentatives pour les récupérer doivent être menées aux alentours du 15 août par une entreprise spécialisée en recherches en fonds sous marins disposant de robots adéquats, selon une source judiciaire.
25 corps ont par ailleurs été repêchés au large de la Tanzanie et sont en cours d'identification. Les enquêteurs ont procédé à des prélèvements d'ADN des parents.
Me Perez dénonce par ailleurs "l'indifférence" de Yemenia, "qui n'a donné suite à aucun des courriers et demandes formulés par les familles".
"Il n'y a aucun mea culpa de Yemenia. Ils n'ont rien fait pour améliorer les conditions de voyages. Ils n'ont pris aucune mesure depuis l'accident. C'est intolérable".
D'après l'avocat, qui a publié avec son confrère Michel Pezet une tribune dans le quotidien Le Monde daté du 7 août, "Yemenia n'avait pas respecté et ne respecte toujours pas les normes de sécurité européennes".
"Yemenia avait vendu plusieurs billets pour le même siège à des personnes différentes. Des gens voyageaient debout. Quelques passagers étaient sous une fausse identité, seul moyen pour eux d'avoir des billets moins cher", avance Me Perez, qui dit se baser sur des témoignages recueillis au sein de la communauté comorienne.
Le 14 juillet dernier, l'Union européenne n'avait pas inscrit la compagnie aérienne sur sa liste noire, estimant que "ce n'est pas un accident qui détermine si une compagnie va dans la liste".
Une réunion d'information était prévue jeudi entre les autorités françaises et les familles des victimes résidant en Ile-de-France.
Source : AFP
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