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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Le procureur a requis huit à douze mois de prison ferme

11 Août 2009 , Rédigé par aimons les comores

Le procès des autorités de Ngazidja (quatre ministres, deux secrétaires généraux et trois officiers), arrêtées vendredi et placées en détention provisoire, s’est tenu hier à Moroni. Chefs d’inculpation retenus : « violence et voies de fait ».

Quelques heures avant l’ouverture du procès, l’armée nationale a été déployée à l’entrée du tribunal pour empêcher la foule d’accéder à la salle d’audience. Me Mahmoud, avocat des prévenus, a demandé la relaxe de ses clients, l’auteur qui a défoncé la porte du bureau du Commissaire central ayant été démasqué. Dans son réquisitoire, le procureur a demandé, quant à lui, une peine de huit à douze mois de prison ferme contre les membres du gouvernement et de six à huit mois contre les officiers de police.

Des ministres brutalisés (selon le chef de l’exécutif de Ngazidja, Mohamed Abdouloihabi) et jetés en prison! On se croirait dans un film de série B. Leurs véhicules ont été aussitôt estampillés Police.

Il faut dire que ce conflit autour du contrôle de la police est survenue une journée après la crise liée à la nomination, par le ministre de l’Intérieur, de cinq nouveaux préfets sur l’île de Ngazidja. Provocation ou simple application de la constitution ? Nombreux sont ceux qui penchent vers la première hypothèse. Et ce d’autant plus que le même ministre, dans sa première conférence de presse, a déclaré que « la nouvelle constitution ne parle de préfets ». Si tel était le cas, pourquoi tant d’empressement ?

Au sujet de la police, la nouvelle constitution stipule clairement que la police urbaine et rurale est sous la tutelle des autorités insulaires. Alors, cette police-là est-elle à créer, auquel cas on serait en droit de s’interroger sur le souci du gouvernement comorien de compresser les dépenses de l’Etat, ou la constitution parle plutôt de celle déjà en place ? Il faut que le législateur tranche. Et vite.
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