Le père de Bahia : « ma fille se porte bien, merci »
De passage à Moroni, trente-sept jours après le crash de l’A-310 de Yémenia au large de Mitsamiouli, le père de Bahia, Bakari Kassim, semble encore sous le choc de l’accident. S’il soutient
que l’adolescente se porte « très bien », il n’en dit pas plus. Et reste peu bavard sur ses retrouvailles avec la jeune miraculée.
Comment se porte la seule rescapée du crash de l’A-310 de Yemenia, Bahia Bacar ? Très bien, à en croire son père, Bakari Kassim, arrivé à Moroni le 8 août pour un bref séjour d’une semaine. « Elle est entrée à l’hôpital sur une civière, elle en est sortie bien portante, les deux pieds sur terre » se réjouit-il. Son hospitalisation aura duré exactement vingt-deux jours. Vingt-deux jours durant lesquels la jeune Bahia a occupé les manchettes de la presse internationale malgré elle ; le domicile familial, sis à Corbeil-Essonnes dans la banlieue parisienne, fut quotidiennement assailli par une meute de journalistes et autres photographes en mal de sensationnel.
A la question de savoir si l’adolescente garde encore des souvenirs du crash, Kassim répond, après un long soupir : « Certainement. Mais, je vous prie d’attendre son retour aux Comores pour lui poser vos questions ». L’homme éprouve une certaine gêne à s’étaler sur le sujet et à regarder dans le rétroviseur. Comme si le silence lui servait de catharsis.
Le père de Bahia sait gré à la France d’avoir évacué, aussitôt après l’accident, sa fille à Paris où elle a pu recevoir les soins nécessaires. Si l’on en croit la presse française, Bahia, qui souffrait de contusions multiples et de brûlures, aurait subi une opération de chirurgie réparatrice maxillo-faciale et cutanée le 9 juillet dernier à hôpital Trousseau, à Paris. « Ses médecins m’ont rassuré ; ils m’ont dit que l’enfant va bien » a encore déclaré son père, avant d’ajouter que Bahia a repris ses habitudes au sein de la famille, joue et s’éclate avec ses soeurs.
Interrogé sur sa réaction après ses retrouvailles avec Bahia, il a dit avoir effectivement éprouvé « un sentiment de joie, mais en même temps de tristesse parce que j’ai aussi perdu sa mère ». A Moroni, Bakari Kassim a brièvement rencontré le Collectif des familles des victimes ; ils se sont promis de se revoir plus tard.
Musulman convaincu, il estime que l’accident de l’A-310 de Yemenia était déjà inscrit dans le destin de sa fille. « Ce n'est pas un miracle, souligne son père. Je suis croyant. Pour moi, tout ce qui doit arriver dans la vie a été écrit quand la personne est dans le ventre de sa mère. Que nous le voulions ou pas, tout est déjà prévu » a-t-il récemment déclaré à l’hebdomadaire français Jdd. Cet éboueur de la société Derichebourg se garde de porter des accusations, même s’il veut que toute la lumière soit faite sur le crash.
Bahia, élève de 5ème au collège Louise-Michel de Corbeil, devra retrouver bientôt ses camarades de classe dont l’un, Badian, lui avait déjà écrit quand elle était encore à l’hôpital. « Salut Bahia, c'est Badian. Tu as eu beaucoup de chance et je t'aime beaucoup ». La réponse de la miraculée de Yemenia est pleine d’amour : « C'est moi, Bahia, je suis allée directement à l'hôpital et je vais y rester quelques semaines. On va m'opérer mais ce n'est pas grave. On se verra bientôt ». Les Comoriens aussi veulent bien te revoir bientôt.
M. Inoussa
Al-watwan, édition di jeudi 13 août 2009
Comment se porte la seule rescapée du crash de l’A-310 de Yemenia, Bahia Bacar ? Très bien, à en croire son père, Bakari Kassim, arrivé à Moroni le 8 août pour un bref séjour d’une semaine. « Elle est entrée à l’hôpital sur une civière, elle en est sortie bien portante, les deux pieds sur terre » se réjouit-il. Son hospitalisation aura duré exactement vingt-deux jours. Vingt-deux jours durant lesquels la jeune Bahia a occupé les manchettes de la presse internationale malgré elle ; le domicile familial, sis à Corbeil-Essonnes dans la banlieue parisienne, fut quotidiennement assailli par une meute de journalistes et autres photographes en mal de sensationnel.
A la question de savoir si l’adolescente garde encore des souvenirs du crash, Kassim répond, après un long soupir : « Certainement. Mais, je vous prie d’attendre son retour aux Comores pour lui poser vos questions ». L’homme éprouve une certaine gêne à s’étaler sur le sujet et à regarder dans le rétroviseur. Comme si le silence lui servait de catharsis.
Le père de Bahia sait gré à la France d’avoir évacué, aussitôt après l’accident, sa fille à Paris où elle a pu recevoir les soins nécessaires. Si l’on en croit la presse française, Bahia, qui souffrait de contusions multiples et de brûlures, aurait subi une opération de chirurgie réparatrice maxillo-faciale et cutanée le 9 juillet dernier à hôpital Trousseau, à Paris. « Ses médecins m’ont rassuré ; ils m’ont dit que l’enfant va bien » a encore déclaré son père, avant d’ajouter que Bahia a repris ses habitudes au sein de la famille, joue et s’éclate avec ses soeurs.
Interrogé sur sa réaction après ses retrouvailles avec Bahia, il a dit avoir effectivement éprouvé « un sentiment de joie, mais en même temps de tristesse parce que j’ai aussi perdu sa mère ». A Moroni, Bakari Kassim a brièvement rencontré le Collectif des familles des victimes ; ils se sont promis de se revoir plus tard.
Musulman convaincu, il estime que l’accident de l’A-310 de Yemenia était déjà inscrit dans le destin de sa fille. « Ce n'est pas un miracle, souligne son père. Je suis croyant. Pour moi, tout ce qui doit arriver dans la vie a été écrit quand la personne est dans le ventre de sa mère. Que nous le voulions ou pas, tout est déjà prévu » a-t-il récemment déclaré à l’hebdomadaire français Jdd. Cet éboueur de la société Derichebourg se garde de porter des accusations, même s’il veut que toute la lumière soit faite sur le crash.
Bahia, élève de 5ème au collège Louise-Michel de Corbeil, devra retrouver bientôt ses camarades de classe dont l’un, Badian, lui avait déjà écrit quand elle était encore à l’hôpital. « Salut Bahia, c'est Badian. Tu as eu beaucoup de chance et je t'aime beaucoup ». La réponse de la miraculée de Yemenia est pleine d’amour : « C'est moi, Bahia, je suis allée directement à l'hôpital et je vais y rester quelques semaines. On va m'opérer mais ce n'est pas grave. On se verra bientôt ». Les Comoriens aussi veulent bien te revoir bientôt.
M. Inoussa
Al-watwan, édition di jeudi 13 août 2009
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