Sambi n'a-t-il pas déjà vendu Mayotte ?
Chaque année, 60 jours avant l'ouverture de l'Assemblée Générale des Nations Unies, le Secrétariat des Nations Unies publie automatiquement la liste préliminaire annotée des questions à inscrire à l'ordre du jour provisoire de la session ordinaire de l'Assemblée générale qui doit s'ouvrir. Conformément aux usages et pratiques de l'Organisation, le secrétariat publie cette liste le 15 juin de chaque année.
Selon le règlement intérieur de l'Assemblée Générale des Nations Unies, notamment, en son article 12, l'ordre du jour provisoire d'une session ordinaire est établi par le Secrétaire général et, est communiqué à tous les pays membres de l'Organisation dans un délai de soixante jours, au moins, avant l'ouverture de la session et en son article 13 qui précise que l' ordre du jour provisoire de l'Assemblée Générale mentionne toutes les questions que l'Assemblée générale, lors d'une session précédente, a décidé d'inscrire à son ordre du jour;
Dans le document des Nations Unies A/63/100 du 15/juin/2008 et A/62/100 du 15/juin/2007 et jusqu'à l'ordre du jour provisoire de l'Assemblée générale de 1976 qui a abouti à la résolution31/4 du 21 octobre 1976, la Question de Mayotte a été, automatiquement, inscrite à l'ordre du jour provisoire de l'Assemblée Générale des Nations Unies sans la demande expresse du gouvernement Comorien ou de la Mission Permanente des Comores auprès des Nations Unies.
Dans le document de l'ONU A/64/100 du 15 juin de cette année, le point intitulé Question de Mayotte ne figure pas à l'ordre du jour provisoire. Le 10 juillet 2009, le Secrétariat des Nations Unies publie un document référencé A/64/143 en référence à la note verbale N138/06/MP/NY-09, en date du 25 juin émanant de la Mission Permanente des Comores auprès des Nations Unies qui demande au Secrétariat général des Nations Unies d'inscrire la question de Mayotte à l'Ordre du jour de la 64ème Session des Nations Unies.
Le 17 juillet 2009, le Secrétariat publie un document référencé A/64/150 dans lequel la Question de Mayotte figure sur le point 19 mais avec la mention pertinente suivante : question proposée par les Comores par document A/64/143 .C'est une nouvelle question de Mayotte qui n'a rien à voir avec celle inscrite en 1976 avec l'appui du groupe africain à l'ONU.
Ainsi, puisque pour la première fois depuis 1976, la Question de Mayotte ne figure pas sur la liste provisoire des points à l'ordre du jour provisoire de l'Assemblée Générale (A/64/100) comme chaque année, cela veut dire que ladite question a été retirée par une instance quelconque concernée. Laquelle ? Comment et pourquoi? Ya-t-il eu manipulation ? Corruption ? Incompétence ? Mauvaise foi ? Trahison ? Au gouvernement de Sambi de donner la réponse. Il est difficile de douter sur la sincérité de l'Ambassadeur Mohamed Toihiri et le Ministre des Relations extérieures, Ahmed Ben Said Djaffar mais ils sont tous les deux responsables de cet imbroglio insolite dans l'histoire de la diplomatie comorienne.
Le document A/64/143 est clair et explicite. Le gouvernement comorien demande l'inscription d'une autre question de Mayotte. Peut être celle liée à la location de l'île aux Français par le gouvernement de Son Excellence M. Sambi. Ou y a-t-il nuance sur l'interprétation du mot inscription ? M.Toihiri et Djaffar, tous les deux professeurs de français ne peuvent pas être trahis par la langue de Molière. En conclusion, la question de Mayotte introduite par l'OAU en 1976 et qui était à l'origine de la Résolution mère de l'Onu sur la question de Mayotte n'est plus d'actualité. A qui la faute? Elle ne peut qu'incomber à celui qui a rédigé la note verbale référence (A/64/143). L'Ambassadeur, Représentant permanent des Comores auprès de l'ONU à New York en connait donc quelque chose. En tout cas, il a en a ajouté la confusion.
Dans son analyse, Me Ali Abdou Elaniou dit que tout n'est pas perdu. Il estime que, le gouvernement comorien dispose encore d'une large marge de manœuvre. Il ne reste plus qu'à demander, instamment, au gouvernement comorien de ne ménager aucune peine pour élaborer un avant projet de résolution, le confirmer au Bureau, réunir autour du projet la majorité requise. Il reconnait qu'à un mois de la session, si l'on s'y met dès maintenant, on y arrivera. Mais, le brillant avocat a omis une petite précision. On y arrivera où ? Apparemment, tout le monde ne s'oriente pas dans la même direction car certains veulent louer Mayotte à des puissances étrangères. S'agit-il d'une location ou d'une location vente ? Quel serait la différence entre cette démarche et celle d'Andriantsouli au 17ème siècle ?
Et comme dit l'avocat, comment le président Sambi pourra-t-il mettre en location une terre sans titre foncier, sans plan croquis et dont on ignore tout? Peut-on effectivement comprendre que l'introduction ou l'inscription de la question de Mayotte concerne, en ce moment, l'hypothèse de la location ou s'agit-il plutôt de la même démarche que celle d'Ali Soilihi, Mouzaoir Abdallah et Salim Himidi en 1976? Si c'est la deuxième hypothèse qui est retenue, on peut dire que le gouvernement a trahi toute la nation par cette petite note verbale qui est introduite au Secrétariat général de l'ONU à contrecœur, sans rapport ni projet de résolution.
En conséquence, cette démarche transgresse et viole l'esprit et la lettre des précédentes résolutions pertinentes de l'ONU sur la question de Mayotte notamment sa résolution 3385 (XXX) du 12 novembre 1975, relative à l'admission des Comores à l'Organisation des Nations Unies, dans laquelle l'Assemblée générale de l'ONU a réaffirmé la nécessité de respecter l'unité et l'intégrité territoriale de l'archipel des Comores, composé des îles d'Anjouan, de la Grande Comore, de Mayotte et de Mohéli . Cette démarche va à contre sens avec les autres résolutions qui stipulent que je cite :
L'Assemblée générale,
-Prie le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies de maintenir un contact permanent avec le Secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine sur ce problème et d'offrir ses bons offices dans la recherche d'une solution pacifique et négociée du problème;
-Prie également le Secrétaire général de lui présenter un rapport à ce sujet à sa cinquantième session;
-Décide d'inscrire à l'ordre du jour provisoire de la prochaine session la question intitulée "Question de l'île comorienne de Mayotte".
L'auteur de la note verbale ne s'est-il pas imprégné des Résolutions 1514 (XV) du 14 décembre 1960, contenant la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, et 2621 (XXV) du 12 octobre 1970, contenant le programme d'action pour l'application intégrale de la Déclaration, et des résolutions 3161 (XXVIII) du 14 décembre 1973, 3291 (XXIX) du 13 décembre 1974 ?
Que va-t-on faire maintenant des résolutions 31/4 du 21 octobre 1976, 32/7 du 1er novembre 1977, 34/69 du 6 décembre 1979, 35/43 du 28 novembre 1980, 36/105 du 10 décembre 1981, 37/65 du 3 décembre 1982, 38/13 du 21 novembre 1983, 39/48 du 11 décembre 1984, 40/62 du 9 décembre 1985, 41/30 du 3 novembre 1986, 42/17 du 11 novembre 1987, 43/14 du 26 octobre 1988, 44/9 du 18 octobre 1989, 45/11 du 1er novembre 1990, 46/9 du 16 octobre 1991, 47/9 du 27 octobre 1992 et 48/56 du 13 décembre 1993, dans lesquelles l'Assemblée générale a, notamment, affirmé l'unité et l'intégrité territoriale des Comores ?
En tout cas, d'aucuns ont droit d'avoir bien peur qu'il y ait un troisième deuil en septembre 2009 quand s'ouvrira la 64ème session de l'Assemblée générale des Nations unies au moment où on se rendra compte que l'examen de la question soit renvoyé une fois de plus et à jamais aux calendes grecques.
Le Comité Maoré ne s'est-il pas précipité dans ses félicitations, à l'endroit du gouvernement comorien ?
Mohamed Chaher Chamsa
Le 15 août2009
Le 15 août2009
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