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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

UNE ÉCONOMIE MALADE LIVRÉE AUX CHAROGNARDS

1 Septembre 2009 , Rédigé par aimons les comores

UNE ÉCONOMIE MALADE LIVRÉE AUX CHAROGNARDS


Depuis son arrivée au pouvoir, Sambi et ses amis ne cessent de nous parler de leur politique de grands travaux et d'investissements. Les différents chantiers devaient générer des milliers d'emplois. Le nouvel hôtel Galawa, un port en eau profonde à Moroni, des villages touristiques à travers le pays, 3 ports secondaires et que sais-je encore ! A les entendre parler, le pays allait devenir un eldorado, à l'image de Dubai ou de nos voisins de Maurice ou des îles Seychelles. Le problème est que nous n'avons rien vu venir. A 8 mois de la fin du mandat de l'Ayatollah et devant le scepticisme qui commence à gagner même les défenseurs les plus acharnés du régime, on nous sort pour nous convaincre, la jolie maquette de la corniche à Moroni sans doute pour nous faire patienter. Des promesses, des promesses et encore des promesses. C'est cela la stratégie du Roi Sambi.

Appelé à la rescousse, l'ami Bachar qui fait office de 3° vice-président, soutient main sur le cœur qu'il s'agit d'un simple retard à l'allumage et que tous les chantiers débuteront très bientôt. Nous ne partageons pas cette optimisme aveugle qui ressemble plus à un mensonge d'Etat. En effet, il y a une donnée importante que certains compatriotes doivent intégrer dans leur jugement. M. Bachar n'est pas le milliardaire que l'on imagine. C'est un simple intermédiaire, un facilitateur qu'on appelle aussi dans le jargon économique, un porteur d'affaires. Son rôle se résume à négocier des contrats juteux et à trouver des investisseurs potentiels. Il n'a donc aucune maîtrise des projets qu'il propose car, pour des raisons indépendantes de sa volonté, ses partenaires peuvent à tout moment se retirer. Pourquoi selon vous, la reconstruction de l'ancien hôtel Galawa a t-elle été interrompue ? Le crash financier qui a ébranlé l'économie mondiale a fait perdre des milliards aux riches princes du golf. Tout laisse à penser qu'ils auront besoin de plusieurs années pour se refaire une santé. Cela on ne le dira jamais au peuple. L'opacité dans laquelle sont gérés les dossiers vise inéluctablement à taire certaines vérités et à maintenir le peuple dans un état parfait d'ignorance. Réduit au rôle de simple figurant ou d'intermittent du spectacle, le gouvernement n'est même pas consulté sur les contrats qui, pourtant, engagent lourdement le pays . Cela est inacceptable.

Nous nous interdisons de faire de la critique systématique de l'action de Sambi. D'ailleurs, nous étions les premiers à applaudir lorsque, par exemple, le projet d'entretenir le réseau routier du pays a été annoncé. Notre joie fut de courte durée. Lorsque nous avons eu connaissance des dessous du dossier et notamment son financement, nous avons émis de vives inquiétudes, lesquelles se sont malheureusement avérées fondées. Pour ceux qui ont oublié, rappelez-vous que l'hôtel Itsandra qui faisait partie du patrimoine public, a définitivement été cédé pour une bouchée de pain par Sambi à son ami Bachar. Le produit de la vente devrait, selon le contrat signé avec l'Etat, servir à payer l'ensemble des travaux routiers dans l'archipel. Vous connaissez la suite. Le chantier est aujourd'hui abandonné faute semble t-il de crédits. Où est donc parti l'argent ? Probablement qu'il a suivi le même circuit que les 2 milliards offerts par l'Arabie Saoudite pour le projet habitat et qui se sont volatilisés.

On nous parle des emplois crées par la sté Comoros Holding. Demander aux employés de l'hôtel Itsandra ou du journal Albaladi quelles sont leurs conditions de travail et combien gagnent-ils par mois ? Ils sont traités comme des chiens pour des salaires de misère. Cela s'appelle de l'exploitation pure.

Un autre exemple qui prouve la malhonnêteté et la voracité de Comoros Holding. En contrepartie de l'attribution de la licence d'exploitation du réseau national des télécommunications, le groupe Comoro Holding s'était engagé à construire 3 ports secondaires à Chindini (Ngazidja), Istamiya (Mwali) et Bimbini (Ndzouwani). A ce jour, rien n'a été fait. Il ne faut pas être dupe, la société ne tiendra jamais ses engagements. L'entreprise de M. Bachar n'ayant pas rempli ses obligations, il était du devoir de l'Etat comorien de considérer caduque le contrat initialement établi. Par ailleurs, il convient de souligner que l'ouverture à la concurrence de ce secteur si stratégique sans aucune étude d'impact sérieuse, va signer l'arrêt de mort de la société Comores Télecom déjà fort mal en-point en raison d'une gestion approximative. Depuis des décennies, l'établissement est devenu la vache à lait, le pourvoyeur de fonds pour les opérations occultes de la présidence. Depuis l'arrivée de Sambi, l'entreprise n'a jamais autant embauché. Lorsque le Président vous parle de son souci de bonne gouvernance et de son intention de réduire les effectifs pléthoriques de la fonction publique et des sociétés d'Etat, sachez qu'il s'agit là encore, d'un mensonge de plus.

Ces quelques exemples suffisent à eux-seuls pour vous prouver que Bachar et sa bande sont uniquement là pour saigner à blanc notre pays et non pour contribuer à son développement économique. A cause de la concurrence sauvage qu'ils ont instaurée avec la complicité des hauts responsables de l'Etat, les quelques entreprises locales, les artisans et autres commerçants disparaitront. Une horde de chômeurs viendra gonfler les effectifs des laissés pour compte déjà nombreux.

Il est vrai que notre pays doit s'ouvrir au monde et accorder aux investisseurs sérieux tous les gages de sécurité. Toutefois, octroyer à une entreprise étrangère une situation de quasi monopole et cela dans tous les domaines stratégiques de notre économie, cela devient dangereux. La cession de l'hôtel Itsandra à un prix dérisoire, prouve que les contrats signés ne préservent pas toujours les intérêts de la nation. Que M. Sambi et ses amis sachent qu'un jour et si naturellement l'alternance a lieu, ces conventions seront réexaminées et éventuellement annulées s'il est établi que l'Etat comorien a été manifestement lésé.

Enfin, nous attirons l'attention de nos compatriotes sur le fait que la stratégie de Sambi pour s'accrocher au pouvoir est toute tracée. Conscient qu'il a échoué dans tous les domaines et qu'il a plongé notre pays dans l'impasse, il cherchera à nous faire croire qu'il lui faudra davantage de temps pour réaliser ses projets. Ne soyons pas dupes ! Sambi doit partir car, à aucun moment, il nous a prouvé qu'il était l'homme de la situation et qu'il avait la carrure pour surmonter les défis du moment. En acceptant l'expulsion de nos compatriotes de l'île comorienne de Maoré, avalisant ainsi la départementalisation de l'île, il s'est rendu coupable d'une forfaiture. Dans le domaine économique, tous les clignotants sont au rouge. Des milliers de nos concitoyens peinent aujourd'hui à joindre les deux bouts. La gabegie, les arrangements entre copains, le clientélisme et la corruption se généralisent. Sambi a perdu à jamais la confiance du peuple. Au terme de son mandat, il ne mérite pas un jour de plus au sommet de l'Etat. Nous osons espérer que les comoriens sauront s'en souvenir lors des prochaines élections qui détermineront leur avenir. Désormais, nous avons le choix entre l'alternance, synonyme d'espoir, de paix et de développement ou la descente aux enfers avec Sambi et sa bande d'apprentis politiciens.


LE 31 AOUT 2009 // MOHAMED ALI
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