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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Crise politique entre l'Union et Ngazidja : Madeira : « Il y a un vrai déficit de dialogue »

3 Septembre 2009 , Rédigé par aimons les comores

Crise politique entre l’Union et Ngazidja : Madeira : « Il y a un vrai déficit de dialogue »

L'ambassadeur José F. Madeira,

L'ambassadeur José F. Madeira, qui vient d'effectuer un séjour épuisant de quatre jours à Moroni, a tenté de désamorcer la crise qui oppose l'Union à l'île de Ngazidja autour de la tutelle de certains services administratifs dont la police et les préfectures. Malgré les fortes réticences des uns et des autres, le diplomate de l'Union africaine (Ua) dit avoir réussi à renouer le fil du dialogue, rompu il y a quelques mois, entre les diverses parties comoriennes. « Dès le retour du président Sambi (Ndlr : actuellement en voyage en Lybie), les discussions vont reprendre entre l'Union, les îles et l'opposition » assure-t-on au siège du Bureau de liaison de l'Ua.

Peu avant son départ en Ethiopie, hier mardi 1er septembre, l'ambassadeur mozambicain, José F. Madeira, a déclaré à Al-watwan que le gouvernement de l'Union était prêt à ouvrir des discussions avec les entités insulaires en vue de dissiper tous les malentendus qui subsistent sur l'interprétation de la nouvelle constitution. « Dès le retour du président Sambi (Ndlr : actuellement en voyage en Lybie), les pourparlers vont reprendre entre l'Union, les îles et l'opposition » assure-t-il.

Selon lui, la crise entre l'Etat central et les exécutifs insulaires durera aussi longtemps qu'il manquera un cadre de discussion et de négociations pour régler les points de litige. « Il faut qu'il y ait une concertation et que toute le monde se parle. Il y a un vrai déficit de dialogue » martèle-t-il. A en croire Madeira, ce dialogue est d'autant plus nécessaire que le président légifère aujourd'hui par ordonnances, en l'absence d'une assemblée nationale. « Les décisions doivent être consensuelles pour éviter encore d'autres crises » estime-t-il.

L'un des résultats de cette énième médiation de Madeira est l'engagement des uns et des autres à aller aux élections. « Les législatives constituent une étape importante du processus de normalisation de la situation politique aux Comores. Et la disponibilité des différentes parties à être présentes à ces élections est une très bonne chose » a dit le diplomate de l'Ua.

Seule ombre au tableau : le financement. Si l'Etat se dit prêt à débloquer sa part de 10% du budget global du scrutin, il reste encore à mobiliser les partenaires internationaux pour qu'ils assurent le reste du financement. Si l'on en croit toujours Madeira, la Ligue arabe, la France et l'Union européenne seraient disposées à mettre la main à la poche, mais elles exigent « un chronogramme et un budget détaillé de ces législatives ».

Il se pose actuellement la question de la représentation de l'opposition et des entités insulaires au sein de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). L'Union s'est engagée à « faire les concessions nécessaires » pour décanter le climat de méfiance qui entoure le scrutin. Et Mohamed Abdouloihabi aurait promis à l'ambassadeur de l'Ua de désigner ses délégués le plus tôt possible.

Au sujet de la sécurisation de ces élections, Addis-Abeba n'entend pas envoyer une énième Amisec. « Vous devez apprendre à travailler avec ce que vous avez, c'est-à-dire la police et l'armée nationale » nous a dit Madeira. Par contre, l'Ua dépêchera des observateurs civils pour veiller à la régularité du scrutin.


Mohamed Inoussa
in Al-watwan du 2 septembre 2009
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